lundi 23 janvier 2012

CESAR FRANCK

CESAR FRANCK

A Donatienne

Les Djinns de César Franck, l’immense soir d’hiver,
Les mots mélancoliques d’un court poème saphique,
Et tout est comme un songe, comme une épure tragique,
Venu de très loin, jailli de l’âme de l’air !

Et plein de somnolence, la main désire toucher,
La douce soie des notes, le chant du feu léger.

Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 23 janvier MMXII

Glose :

César (Auguste-Jean-Guillaume-Hubert) Franck (né à Liège, le 10 décembre 1822 - mort à Paris, le 8 novembre 1890) : Compositeur français, professeur et organiste d'origine belge, l'une des grandes figures de la vie musicale française durant la deuxième moitié du XIXe siècle.

En 1830, son père l'inscrit au conservatoire de Liège où il remporte, rapidement, les grands prix pour le solfège (1832) et le piano (1934). Encouragé par ces succès académiques, son père organise, au printemps de 1835, une série de concerts à Liège, Bruxelles et Aachen. En 1835, la famille déménage à Paris. Cet événement laisse présager, en lui-même, un assaut vers de nouveaux publics mais aussi des leçons de piano avec Zimmermann et un cours d'harmonie et de contrepoint avec Reicha, le professeur de Berlioz, Liszt et Gounod.

Pour subvenir à ses besoins, il enseigne dans différentes écoles publiques et institutions religieuses et obtient le poste d'organiste à la petite église Notre-Dame-de-Lorette. En 1853, il devient organiste à l'église Saint-Jean-Saint-François du Marais qui possède un orgue Cavaillé-Coll.

Une nouvelle ère dans la carrière de Franck débute au commencement de l’année 1858, lorsqu'il devient, suite à un concours où se présentèrent plusieurs compétiteurs, l'organiste de la nouvelle basilique Sainte-Clothilde où il inaugure, le 19 décembre 1859, l'un des plus beaux instruments produits par Cavaillé-Coll. Il en restera le titulaire jusqu'à sa mort.

En 1871, à la surprise générale, il est nommé professeur d'orgue au Conservatoire de Paris. Pour obtenir ce poste, il doit devenir citoyen français. Il prend officiellement possession de sa classe le 1er février 1872. La période allant de 1874 jusqu'à sa mort marque une période intense de créativité: oratorios, oeuvres pour piano, quatuor pour cordes, sonate pour violon, ballet, poèmes et variations symphoniques, pièces pour orgue, etc. En 1885, il reçoit la croix de la Légion d'honneur et un an après, en 1886, il devient président la Société Nationale de Musique. À l'automne 1890, il est victime d'une grippe qui, mal soignée, tourne à la pleurésie. Il meurt le 8 novembre 1890.

Il eut droit à des funérailles modestes. Aucune délégation officielle du Ministère ou de l'Administration des Beaux-Arts ne fut représentée alors que le Conservatoire le fut par Delibes.

Donatienne : prénom féminin. Du latin donata (donatus), « donnée par Dieu ». Dérivé : Donatella. Sainte Donatienne est sœur du saint Donatien, un jeune homme du Ive siècle. Ce garçon de 15 ans, originaire de Nantes et nouvellement converti, fut condamné au martyre en même temps que son ami Rogatien, qui n’était pas encore baptisé. En lieu et place du sacrement, Rogatien demanda que Donatien l’embrassât une dernière fois. Tous deux furent ensuite torturés puis exécutés. On les fête, tout comme Donatienne, le même jour, le 24 mai.

mercredi 18 janvier 2012

BON ANNIVERSAIRE, JUAN

BON ANNIVERSAIRE, JUAN

A Juan Arbelaez

Dis, dis-moi, mon bel enfant de Colombie
Des mots plus purs que l’âme des lumineux pétales,
Déverse dans mes prunelles la lumière astrale
De ton sourire d’iris touché par l’infini.

Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 18 janvier, la Saint Athanase (fête, chez les orthodoxes, de saint Athanase le Grand, Patriarche d’Alexandrie, Père et Docteur universel de l’Eglise)

vendredi 13 janvier 2012

ARMENIE DES SORTILEGES

ARMENIE DES SORTILÈGES

A tous mes Amis arméniens

« Voici soudain qu’un beau poème se présente à mes yeux »

Tch’en Yu-yi

La neige sur les toits, le beau cortège des cimes,
Ô Arménie céleste, plus clair que l’alphabet
Des livres anciens et la rumeur des faits,
Je t’aime comme un poème, comme le cristal des rimes !

Ces blanches dentelles qu’une main éprise de la beauté
A suspendues, légère, à chaque fenêtre bleue,
Les doux géraniums, les rituels heureux,
Et le murmure magique et somptueux du thé !

Comme tout cela m’est cher, comme tout cela m’est proche,
Au milieu du flot flamboyant du temps
Et les chansons antiques qui font trembler le sang

Accompagnées du son délicieux des cloches !
Ô tendre Arménie vêtue de perce-neige,
Mon songe perpétuel, mon âme, mon sortilège !

Athanase Vantchev de Thracy

Paris, ce vendredi 13 janvier, Anno Domini MMXII

Glose :

Tchen Yu-yi (1090-1138) : poète chinois de l’époque de la dynastie des Song (960-1279).

Cortège (n.m.) : de l’italien corteggio, lui-même du verbe corteggiare. Suite de personnes qui en accompagnent une autre pour lui faire honneur dans une cérémonie (escorte, suite). Groupe organisé qui avance (défilé, procession).

Sortilège (n.m.) : du latin sortilegus, « qui lit le sort », « devin ». Artifice de sorcier. Charme, incantation, sort. Action, influence qui semble magique.

samedi 31 décembre 2011

NOËL 2011

NOËL 2011

" Des saints émane toujours une telle force,
une telle lumière, un tel baume "

Athanase Vantchev de Thracy

Inachevé poème, inachevable vie,
C’est de nouveau Noël, et de nouveat le Christ
Embaume l’éternité de son haleine de myste,
Iris de lumière, échelle vers l’infini !

Frayeurs, joies, soucis, la neige silencieuse
Efface de ses caresses le livre des blessures,
Papier de mûrier, retiens les douces épures
Des mots qui font frémir d’extase les mains pieuses !

Seigneur des âmes qui marchent toutes nues dans le froid
Et que l’absurde rend libres et belles comme le ciel,
Que vaut l’extrême Bien sans l’or de la Foi ?

En cette nuit splendide, redis aux coeurs fidèles
Le Verbe essentiel qui fait pousser les blés,
Bénis ton troubadour, ton hymnographe zélé !

Athanase Vantchev de Thracy

Haskovo, le 24 décembre 2011

Glose :

Myste (n.m.) : terme d'antiquité. Initié aux mystères de l’univers.

mardi 20 décembre 2011

STARETS ISIDORE

STARETS ISIDORE

À tous mes amis russes qui vénèrent la mémoire du Père Isidore

« Vers Toi, ô Mère Très Sainte,
J’ose élever ma supplication…

Vers attribué à Gogol

La chambre minuscule, l’icône de la Vierge,
Dans une vieille bouteille, une marguerite dorée,
La bleue veilleuse qui parle avec l’éternité,
Et le visage du saint penché sur le cierge.

Comme tout cela est beau, comme tout ici est pur,
Et si serein qu’on peut entendre les archanges
Verser leur chant céleste, parfait et sans mélange
Sur l’âme du vieillard serré contre le mur.

Ô infinie bonté, tu as orné son cœur
De l’immanente beauté de Dieu et du ciel,
De fleurs du paradis, de mots essentiels,

Cueillis dans les blessures terribles du Seigneur !
Mon Père, souviens-toi dans ton sommeil divin
De ceux qui errent, le coeur, navré par le chagrin.

Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 20 décembre, Anno Domini MMXI

Glose :

Starets (n.m.) : mot russe (en grec « geron »). Père spirituel, moine doué de sagesse et d’une expérience reconnue. Tels étaient saint Jean de l’Echelle (saint Jean Climaque ou Jean le Sinaïtique), saint Eustache Placide, le starets russe Georges le Reclus, etc.

Le starets Isidore (XIXe siècle) habitait un ermitage (skite) non loin du monastère de la Sainte-Trinité, fondé vers 1340 par saint Serge de Radonège (1314-1392). En 1774, le monastère fut élevé au rang de laure. Depuis 1814, la laure héberge dans ses murs l’Académie ecclésiastique de Moscou. Le célèbre philosophe et théologien russe, Paul Florensky (1882-1937) lui a consacré un magnifique livre intitulé « Le sel de la terre ».

dimanche 18 décembre 2011

LA NEIGE CIRCASSIENNE

LA NEIGE CIRCASSIENNE

A Ali

La neige circassienne, plus pure que diamant,
Couvrait de ses caresses nos faces émerveillées,
Et douce comme un soupir, l’immense éternité
Rendait plus transparent le fleuve limpide du sang.

Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 18 décembre 2011

Glose :

Circassien, circassienne (adj.) : de Circassie, une des régions du Caucase où se situent les républiques de Karatchaïévo-Tcherkessie, de Kabardino-Balkarie et d’Adyguée qui font partie de la Fédération de Russie. Beaucoup de Circassiens vivent un peu partout dans le monde.

MAHLER

MAHLER

Au Prince Alessandro Bonetti

L’adagio de Mahler, le haut soir de soie,
Le suave velours de l’air, la mauve splendeur des cimes,
Et votre tête d’archange, comme un cadeau sublime
Au fond de mes prunelles irradiant de foi !

Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 18 décembre 2011

En écoutant l’adagietto de la Symphonie N° 5 de Mahler.

Glose :

Gustav Mahler (1860-1911) : un des plus grands compositeurs, pianistes et chefs d’orchestre du XIXe siècle, né à Kaliste, ville de l’Empire austro-hongrois (aujourd’hui en République chèque).