lundi 13 septembre 2010

GERBERA

GERBERA

J’entre dans l’âme scintillante
Du parfum de la gerbera
Comme dans un palais
Où tout est surnaturellement sobre !

Et je pense à vous,
Gardiens des aromates sacrés :
Anges, apôtres, saints,
Orateurs, martyrs, confesseurs,
Poète, toto coelo, tota terra dévoués
A la Parole Divine !

Vivre à jamais, c’est notre sort à nous,
Les Âmes infusées de tendresse,
Vêtues de la clarté des arcs-en-ciel,
Couronnées de la lumière
De l’Amour !

Ô pure magnificence
De ce qui reste
Eternellement simple !

Parfum de gerbera,
Parole dans laquelle repose
Toute la mystique
De l’être
De l’homme eucharistique
Et le pacte inviolable du temps
Avec l’éternité !

Athanase Vantchev de Thracy

Marrakech, le 13 septembre 2010

Glose :

Gerbera (n.f.) : la gerbera est une grosse marguerite aux couleurs chaudes allant du jaune au rouge en passant par le rose appartenant à la famille des Astéracées. .
La gerbera est bien souvent cultivée comme une annuelle alors qu'il s'agit d'une vivace dans son pays d'origine. Avec un peu d'attention, on peut garder cette plante plusieurs années.

Ce genre a été nommé en hommage au naturaliste allemand Traugott Gerber, ami de Carl von Linné.

Il existe environ 30 espèces de Gerbera, originaires d'Amérique du Sud, d'Afrique et d'Asie.

Utilisation

Certaines espèces de Gerbera sont très populaires. Elles peuvent être utilisées en pot dans les jardins aussi bien qu'en fleurs coupées. Les cultivars (les espèces cultivées) les plus répandus sont des croisements de Gerbera jamesonii et de Gerbera viridifolia, tous deux originaires d'Afrique du Sud.

D'un point de vue commercial, les espèces de Gerbera constituent un groupe important. C'est le cinquième groupe de fleurs coupées au monde (après les roses, les œillets, les chrysanthèmes, et les tulipes).

Certains Gerbera contiennent naturellement des dérivés de coumarine.

Coumarine (n.f.) : substance naturelle organique aromatique. Son odeur de foin fraîchement coupé a attiré l'attention sur elle des parfumeurs dès le XIXe siècle.
La coumarine tire son nom de kumarú, le nom dans une langue amérindienne, tupi de Guyane, de l’arbre poussant en Amérique du Sud, le gaiac de Cayenne (Dipteryx odorata) de la famille des Fabacées, donnant la fève tonka d’où cette molécule fut isolée en 1820 par Vogel. Le nom de tonka vient aussi du tupi et d’une langue caraïbe de Guyane, le kali’na (ou galibi).

La coumarine fut l'une des premières synthèses aromatiques réalisées vers la fin du XIXe siècle (1868) par le chimiste anglais William H. Perkin. Quelques années plus tard, en 1882, Paul Parquet employa cette molécule de synthèse pour créer « Fougère Royale », un parfum de Houbigant (devenu H pour homme), puis Aimé Guerlain l'utilisa pour "Jicky de Guerlain", en 1889. Ces usages marquèrent un tournant dans l’histoire des parfums et arômes de synthèses.

Toto coelo, tota terra : expression latine qui signifie littéralement « de tout l’espace du ciel à la terre », c’est-à-dire « entièrement », « totalement ».

dimanche 12 septembre 2010

LES AZALEES

LES AZALEES

I.

Fleurs de l’amour,
Fleurs de la persévérance,
Fleurs du bonheur !

Âme, le merveilleux
Est-il toujours sans fin ?
L’émoi s’élance-t-il
Chaque jour vers la perfection
Du ciel printanier
Avec autant d’aisance ?

II.

La mémoire des êtres aimés
Flotte vaporeuse et iridescente
Parmi les buissons
Des rhododendrons !

Le coeur vibre au fond des miroirs
Qui ont bu tant de visages
Resplendissant de grâce !

III.

Âme, comme j’aime
Le luxe immodéré de la langue
Des oiseaux !

Dentelles de futilité,
Félicité fugitive des ailes enflammées
Par le désir exaltant
De liberté et d’espace !

La bague du soleil
Au doigt de mai,
Les bracelets de baisers
Dans les feuilles grasses
Des azalées !

Et puis, puis, âme,
Le languide brocart des nuits
Sur la fureurs
Des jeunes corps hâlés.

Athanase Vantchev de Thracy

Marrakech, ce dimanche, 12 septembre 2010


Glose :

Azalée (n.f.) : arbuste vivace à fleurs appartenant à la famille des Ericacées, originaire d’Asie, haut de 2 à 3 m. Fleurs : jaunes, roses, rouges, blanches, rose lilacé, mouchetées de pourpre, rose saumoné, carmin. Période de floraison : le printemps.

Les azalées sont des rhododendrons. Rhododendron (n.m.) : du grec ancien rhodon, « rose », et dendron, « arbre », littéralement arbre à roses. Les rhododendrons sont essentiellement rustiques. On les rencontre dans les régions montagneuses telles que les Alpes, les Pyrénées, le Caucase, les Carpates et l'Himalaya. Beaucoup viennent de Chine et du Japon, et beaucoup se sont répandus en Laponie et en Sibérie.

La majorité des rhododendrons et azalées ne dégage aucun parfum. Cependant, quelques-uns sont parfumés : Rhododendron auriculatum, bullatum, crassum, decorum, fortunei, grifithianum, polyandrum, luteum, etc.

Le genre Rhododendron est très diversifié. Il regroupe près de 1000 espèces, dont certaines sont communément appelées rhododendrons (arbustes à grandes fleurs) et d'autres azalées (plantes, fleurs et feuillage plus petits). Les deux font cependant partie du même genre, et de nombreuses espèces et variétés présentent des formes intermédiaires.

Histoire

À l'époque médiévale, le rhododendron était appelé « Rosage », terme qui a été conservé jusqu'au XVIIIe siècle, puisque Joseph Pitton de Tournefort introduisit en 1702 le « Rosage de la mer Noire », à la suite d'un voyage en Asie Mineure. C'est au naturaliste Carl von Linné que l'on doit la dénomination de Rhododendron.
Le rhododendron a commencé par être réellement cultivé comme espèce horticole par John Tradescant en 1656, lequel rapporta un Rhododendron hirsutum des Alpes. Cependant, le véritable succès du rhododendron a commencé au milieu du XIX siècle avec les espèces d'origines himalayenne et chinoise : Rhododendron auriculatum et seroticum.

L’azalée est le symbole de l’amour joyeux et du bonheur.

samedi 11 septembre 2010

LA FLEUR DE LUNE

LA FLEUR DE LUNE

La belle fleur de lune
Se plaît à ma fenêtre.

Elle écoute
Les battements de mon sang
Et boit mes joies.

Elle se nourrit
De mes tristesses de tous les jours.

La nuit,
Ma fleur de lune
Ecoute attentivement
Les paroles de Joachim de Flore
Que je lis à haute voix :

Oui, je sais, Ami italien,
L’homme est une tâche à accomplir,
Il appelle Dieu et Dieu l’appelle,
Il l’aime et Dieu l’aime !

Ô fleur qui m’a appris mon vrai nom,
Fleur qui m’a fait embrasser
La face resplendissante
De toute solitude !

Athanase Vantchev de Thracy

Marrakech, 11 septembre 2010


Glose :

Fleur de lune - Spathiphyllum hybride – (n.m.) : appellation commune : Fleur de lune, nommé au Canada « Lis de la paix » et par les anglophones « Peace lily » ou « Spath flower » : du grec spathê qui désigne le genre ainsi qu'un morceau de bois aplati et phullon qui désigne la feuille. Plante vivace herbacée rhizomateuse de la famille des Aracées.

Port : touffe compacte et dense, évasée.

Feuillage : persistant, coriace d'un vert lustré, revers mat. Longues feuilles elliptiques, ovales à lancéolé à marge ondulée et aux nervures parallèles, long pétiole à base engainante.

Floraison : fin printemps à été, voire toute l'année durant au moins 6 semaines, si les conditions lui conviennent, pouvant être légèrement parfumé. Au centre et au-dessus du feuillage, inflorescence formée d'une large bractée ovale appelée spath en forme de cornet avec un spadice crème formé de fleurs hermaphrodites.

Couleur : blanc pur ou blanc verdâtre.

Fruits : petites baies ovoïdes contenant une graine.

Le Spathiphyllum comprend 36 espèces originaires de Malaisie, des Philippines et quelques unes des Amériques dont la Colombie, le Guatemala, la Guyane, le Mexique, la Nouvelle Grenade, le Salvador, etc.

Parmi les cultivars (variété de plante obtenue en culture) on peut citer :

Spathiphyllum « Aztec » environ 30 cm de haut, port compact et dense à grandes spathes ovales d'un blanc pur, spadice crème.

Spathiphyllum « Magic » à spathe filiforme et spadice très court ovoïde très renflé.

Spathiphyllum « Mauna Loa » parfumé, environ 30 cm de haut à larges feuilles et grandes spathes larges ovales d'un blanc pur, spadice ovoïde renflé blanc crème virant au vert à maturité.

Spathiphyllum « Sensation » au feuillage d'un vert sombre, nervures profondément marquées, grandes spathes lancéolées effilées en pointe d'un blanc pur virant au vert à maturité, spadice crème virant au vert jaune à maturité.

Spathiphyllum « Sweet Benito » au feuillage étroit lancéolé, longue spathe effilée.

Spathiphyllum « Sweet Lauretta » au feuillage très large.

Spathiphyllum floribundum « Domino » au feuillage panaché de crème.

Propriétés et utilisations :

Attention : le feuillage contient des substances qui peuvent provoquer chez certaines personnes des irritations dermiques ou des irritations au niveau des muqueuses.

Les savants ont démontré que certaines plantes absorbent les polluants et le spathiphyllum est réputé absorber l'ammoniac, l'acétone, le dioxyde de carbone et l'oxyde de carbone qui sont présents dans les pièces, ainsi que le benzène et le formaldéhyde contenus dans la fumée des cigarettes, formaldéhyde contenu dans les vernis et peintures, le trichloréthylène, un solvant contenu dans les peintures, les vernis et autres produits détachants. Il absorbe également le toluène et le xylène diffusés par les équipements informatiques.

A savoir : contrairement aux idées reçues les plantes produisent une quantité nettement plus important d'oxygène qu'elles ne rejettent de gaz carbonique, donc on peut en mettre dans les chambres.

Le feuillage et les spadices de certaines espèces du genre sont consommés comme légumes et certaines d'entre elles auraient des propriétés médicinales.

vendredi 10 septembre 2010

ORCHIDEES

ORCHIDDÉES
Gracieuses, raffinées,
Lumineuses, aériennes
Les orchidées du grand parc !

Elles rendent plus léger, plus fluide
L’air du matin
Et plus fascinant
Que les visions surnaturelles
De Paolo Uccello.

Elles semblent aimer
Le chant de mon âme
Et les poèmes que je leur récite !

Ainsi jadis le grand Cicéron
Récitait ses discours pénétrants
Aux fleurs
De son jardin d’Antium,
Lui qui exaltait
Le vertige vital
De l’amère solitude !

Athanase Vantchev de Thracy

Marrakech, le 10 septembre 2010
Glose :
Orchidée (n.f.) : du grec orchis, qui signifie « testicule », en référence à la forme des tubercules souterrains de certaines orchidées terrestres des régions tempérées. Plante herbacée de la famille des Orchidacées ou Orchidée appartenant à une des plus grandes familles de plantes monocotylédones. Les plantes monocotylédones doivent leur nom au fait que leurs plantules ne possèdent qu'un seul cotylédon (le cotylédon est un organe de l'embryon de la plante, contenu dans la graine et qui constituera la première feuille de la plantule).

C'est la famille végétale la plus diversifiée, comptant plus de vingt-cinq mille espèces réparties en huit cent cinquante genres. Les orchidées vivent souvent sur les arbres (épiphytes) ou sur les rochers (épilithes).

L'étude de la morphologie particulière des fleurs d'orchidées, des relations que ces plantes entretiennent avec les insectes, a d'ailleurs nourri au XIXe siècle les réflexions de Charles Darwin et lui a permis, en partie, d'établir son modèle théorique de l’évolution.
Peu d'orchidées sont utilisées dans l'alimentation. On relève toutefois le genre Vanilla, dont la gousse est la vanille. La vanille est cultivée dans les régions tropicales, et son besoin en ombre rend possible son exploitation en agroforesterie.
L’orchidée Faham (Jumellea fragrans) entre dans la confection du rhum, lui procurant son goût caramélisé.
Les orchidées des régions tempérées et méditerranéennes aux tubercules très suggestifs ont inspiré aux adeptes de la théorie des signatures un éventuel caractère aphrodisiaque: on sait aujourd'hui qu'il n'en est rien. Mais dans les régions du Maghreb, les racines de ces orchidées sont encore déterrées pour préparer le très populaire salep. En Turquie notamment, 36 espèces parmi 10 genres sont en conséquence menacées d'extinction, et on estime à 42 le nombre d'espèces ayant déjà disparu au cours de la dernière décennie. Théorie des signatures : méthode empirique d'observation du monde des plantes médicinales et sa libre association par analogie avec une partie du corps humain que l'on souhaite soigner. Elle repose sur le principe similia similibus curantur « les semblables soignent les semblables ».
Salep (n.m.) : substance alimentaire ou drogue (si on considère le salep du point de vue pharmacologique) constituée par les tubercules de diverses espèces d'orchidées (récoltées au moment de la floraison, quand elles sont bien gonflées et pleines d'éléments nutritifs) qu'on fait bouillir pendant quelque temps et qu'on met sécher après les avoir enfilées sur un fil comme les perles d'un rosaire.

On réduit les tubercules en poudre et on recueille une sorte de fécule composée d'environ pour moitié d'une substance mucilagineuse, pour un tiers d'amidon et pour le reste de protéines, de sucre et de traces de coumarine (substance naturelle organique aromatique) qui lui donnent une légère odeur. L'usage du salep à des fins alimentaires est très ancien.

Les Turcs et les Perses en consommaient (et en consomment toujours) beaucoup. Ce n'est qu'au XVe siècle que l'Europe découvre cette poudre, mais comme les habitudes alimentaires sont très différentes dans nos pays européens, c'est surtout dans le domaine médical que l'usage du salep s'est répandu.

Le fort pourcentage de mucilage contenu dans le salep en fait une très bonne base pour la préparation de décoctions émollientes efficaces pour soigner les inflammations de la muqueuse gastro-intestinale, que ce soit par voie orale ou par voie rectale. Jadis, beaucoup plus rarement aujourd'hui, l'emploi du salep était conseillé dans les cas les plus graves de diarrhée des enfants à cause non seulement de ses propriétés sédatives, mais surtout pour sa valeur nutritive, bien qu'en réalité on accordât souvent à cette dernière une importance excessive.

L'emploi commercial à grande échelle était, et est encore, une prérogative de certaines populations de l'Asie Mineure et des pays voisins. C'est donc exclusivement pour ses propriétés médicinales que le salep était importé en Europe jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que, dans nos pays aussi, certaines orchidées de notre flore produisaient des tubercules dont il était possible de recueillir le salep.

Ainsi Orchis morio, Orchis militaris, Orchis purpurea, des plantes appartenant au genre Ophrys ou Aceras anthropophora qui poussent dans nos pays, donnent un bon salep.

Paolo di Dono di Paolo, dit Paolo Uccello (Florence, 1397 - Florence, 1475) : peintre italien de la première Renaissance. Il était le fils de Dono di Paolo, chirurgien et barbier, et d'Antonia di Giovanni del Beccuto.

Antium était, dans l'Antiquité, une ville et un port du Latium (aujourd'hui Anzio). Elle était la capitale des Volsques jusqu'à sa conquête par les Romains en 468 av. J.-C.

Le patricien Coriolan fut exilé à Antium (où Shakespeare situe plusieurs scènes de sa tragédie Coriolan), et c'est de là qu'il prit la tête des forces volsciennes. Après la dernière révolte malheureuse, la ville fut rasée et devint une colonie romaine en 338 av. J.-C. (Tite-Live, livre VIII, chap.14) ; les rostres des navires d'Antium décorèrent la tribune du forum romain qui devint célèbre grâce à cette tribuna rostrata. Pendant la guerre civile, Antium prit le parti de Lucius Cornelius Sulla, et fut pillée par les troupes de Marius, en 87 av. J.-C.
Plus tard, à la fin de la république romaine, Antium devint un lieu de villégiature balnéaire couru pour les patriciens romains, à seulement une journée de voyage, juste assez loin pour se tenir à distance des émeutes et de l'agitation de Rome. Quand Cicéron revint de son exil, c'est à Antium qu'il rassembla les restes de ses bibliothèques ravagées, là où ses rouleaux restèrent en sécurité. Les puissants Romains se faisaient construire de magnifiques villas en bord de mer. Mécène possédait une villa à Antium ; les empereurs Caligula et Néron sont nés à Antium.

Parmi ces villas, la plus célèbre était la Villa de Néron. Elle s'étendait le long de la côte du cap d'Antium, sur 800 mètres de front de mer. Néron rasa l'ancienne villa, où Auguste avait reçu une délégation de Rome venue l'acclamer Pater patriae (Père de la patrie) pour reconstruire sur ses fondations une villa d'une dimension plus impériale. La villa de Néron a été utilisée par tous ses successeurs, jusqu'aux Sévères.

On voyait à Antium deux temples célèbres, l'un d'Esculape, l'autre de la Fortune. Un peu à l'est se dressait temple de Neptune.

LES CYCLAMENS

LES CYCLAMENS

Infatigables, laborieux,
Fleurissent à nos vieilles fenêtres,
Rouges, roses, blancs, panachés,
Les féeriques cyclamens !

Parfum discret, l’âme des fleurs
Emplit la maison
De mes parents morts !

Comme ils illuminent,
Les somptueux cyclamens,
Les bourgeons de ténèbres
Qui hantent les chambres !

Comme ils éclairent
Mon cœur
Et le triste visage
Du ciel hivernal !

Eux ,qui savent changer,
Calmement,
Doucement,
Imperceptiblement
La longue nuit en aurore !

Seigneur !
Je ne suis plus qu’un vieux poète
Qui chante
En souriant aux ombres
Les pas de jacinthes
Des années !

Athanase Vantchev de Thracy

Marrakech, le 10 septembre 2010

Glose :

Cyclamen (n.m.) : du grec kuklaminos / κυκλάμινος, lui-même de kuklos / κυκλος , « cercle ou couronne ». Plante vivace rhizomateuse (qui possède un rhizome, une tige souterraine vivace) de la famille des Primulacées. On appelle aussi le cyclamen coquette, pain de pourceau.

La taxonomie reconnaît actuellement 23 espèces de cyclamens. Les cyclamens poussent en plein air dans de nombreux pays méditerranéens, où ils croissent surtout dans les régions fraîches et montagneuses. La plus grande concentration d’espèces se trouve en Asie Mineure. Le Cyclamen purpurascens remonte jusqu'en Europe centrale. Cyclamen somalense pousse dans le Nord-Est de la Somalie.

Les cyclamens sont des géophytes (possédant des organes lui permettant de passer la mauvaise saison enfouis dans le sol), à gros tubercules arrondis et aplatis, en forme de petits pains. Dans certaines régions la croyance populaire veut que les cochons les déterrent : d’où leur nom vernaculaire « pain de pourceau » (Sow bread en anglais, Pan porcino en italien, varkensbrood en néerlandais.

Les feuilles se développent en rosette basilaire (qui se trouve à la base) de laquelle émergent les fleurs gracieuses portées par une tige mince. Leur face supérieure est souvent marbrée de blanc avec, dans sa partie centrale, un motif en « sapin de Noël ». La face inférieure des feuilles de plusieurs espèces est pourprée. On suppose que cette couleur, servant de calorifère, capte la lumière qui traverse la feuille et la transforme en chaleur. Les feuilles disparaissent en été, sauf chez Cyclamen purpurascens et Cyclamen colchicum.
Le genre Cyclamen est remarquable par le fait que pratiquement chaque mois de l'année, il y a des espèces en fleurs. Celles-ci sont rouges, roses, blanches ou panachées, et sont abondantes. Celles de certaines espèces, dont le cyclamen des Alpes, Cyclamen purpurascens, répandent un parfum agréable.
Après la fécondation, le pédoncule floral se tord en tire-bouchon à partir de son sommet, sauf chez le Cyclamen de Perse et le Cyclamen de Somalie. Font exception le Cyclamen graecum, qui le fait à partir du milieu du pédoncule, et le Cyclamen rohlfsianum, qui le fait à partir de la base du pédoncule.

La capsule fructifère, qui mûrit sur le sol, libère de grosses graines recouvertes d'un mucilage sucré, qui sont dispersées par les fourmis. Mucilage (n.m.) : substance constituée de polysaccharides qui gonfle au contact de l'eau et produit une substance visqueuse semblable à la gélatine.

Histoire

Pendant l’Antiquité, le cyclamen était surtout connu pour ses vertus thérapeutiques : il contient un puissant toxique purgatif.
Les Romains appréciaient le cyclamen pour sa floraison, son parfum et sa discrétion. La présence du cyclamen de Perse sur les îles grecques de Rhodes, Karpathos et Crète, et dans le Nord de l’Afrique, en Algérie et en Tunisie, semble être l'ouvrage de moines : en effet, on le rencontre le plus souvent à proximité des monastères et des cimetières.

Le cyclamen fut introduit en Europe au XVIe siècle, et fut cultivé dans les jardins botaniques de la reine Élisabeth Ire d'Angleterre. L’Église catholique y voyait le symbole du cœur de Marie saignant sur la Terre, et cette symbolique a été reprise par les peintres flamands.

Délaissé au XVIIIe siècle, durant lequel il fut plutôt considéré comme une plante de collection, le cyclamen est revenu en vogue à partir du XIXe siècle, dans le cadre du courant romantique.

Plante médicinale :

Propriété : émétiques (vomitives), emménagogues (qui stimule le flux sanguin), purgatives, vermifuges.

jeudi 9 septembre 2010

EDELWEISS

EDELWEISS

L’étoile des neiges,
Docile, duveteuse, silencieuse
Entre deux pages
D’un livre du vieux Bernanos.

Âme,
Qui a déposé là
La fleur vierge des montagnes ?

Où sont les baisers
Qui cautérisaient mes cicatrices,
L’agile horizon des aubes rouges,
Les pommettes cramoisies du temps
Contre mon cœur ?

La vitre du silence reste muette
Et les oiseaux blessés
Jettent doucement leur sortilège
Sur les ifs fatigués du jardin !


Athanase Vantchev de Thracy

Marrakech, le 8 septembre, Fête de la Nativité de la Vierge, 2010

Glose :

Edelweiss - Leontopodium alpinum – (n.m.) : du l’allemand edel, « noble » et weiss, « blanc ». Plante de montagne de la famille des Astéracées protégée, ce qui rend difficile la commercialisation de médicaments à base d'edelweiss. Toutefois certaines entreprises en Suisse où l’edelweiss est souvent utilisé comme un véritable emblème national, essaient de cultiver avec succès de façon plus importante et régulière l'edelweiss.

On appelle aussi l’edelweiss : pied-de-lion, Gnaphale à pied de lion, étoile d'argent, patte-de-lion, cotonnière étoilée, reine-des-glaciers, immortelle des neiges, étoile des glaciers.

L'edelweiss pousse à des altitudes de 2 000 à 3 000 m. Il fleurit en général de juillet à septembre.

Originaire de Sibérie, cette plante a immigré en Europe au cours des périodes glaciaires. On la retrouve maintenant au sommet des hautes montagnes : Alpes, Pyrénées, Carpates, les chaînes de la péninsule Balkanique.

Plante médicinale :

L’edelweiss est employé dans la préparation de plusieurs médicaments :

Usage interne (tisane - dans certaines régions du monde où l'edelweiss est fréquent) : astringent, antidiarrhéique

Usage externe (pommades, crèmes, gel, etc.) : anti-oxydant, anti-vieillissement, capteur de radicaux libres. Sous forme d'extraits alcooliques, il est souvent utilisé en cosmétique.

L'HUILE D'ONAGRE

L’HUILE D’ONAGRE

Devant le magnifique
Miroir de Chine,
Ma femme applique sur son visage
De la plus fine porcelaine
De l’huile de primevère vespérale !

J’admire ses gestes harmonieux
Comme les mouvements
Fiers et majestueux des cygnes
Sur notre petit lac.

Et il fait beau et calme
Dans les jardins fleuris
De mon cœur.

Un souffle des jours lointains
De mon adolescence
M’envahit.
Il traverse la flambée de mon âme !

Je tremble de tout mon corps !

Athanase Vantchev de Thracy

Marrakech, le 9 septembre 2010


Glose :

Onagre – Oenothera biennis – (n.f.) : plante de la famille des Onagraceae. C'est le genre des œnothères, herbes aux ânes ou onagres. On l’appelle aussi primevère du soir. L’onagre produit une belle fleur jaune. Cette fleur donne à son tour une graine qui est particulièrement riche en acide gras essentiel, lequel agit dans l'organisme à la façon des vitamines (on qualifiait, il y a quelques temps encore, de vitamine F les acides gras essentiels). On appelle un acide gras essentiel une substance dont l'organisme a absolument besoin et qu'il ne peut pas synthétiser. L'huile d'onagre est une excellente source d'acide linolénique qui est un acide gras essentiel important.

Acide linolénique désigne l'un des deux acides gras isomères suivants :

• l’acide α-linolénique : un oméga -3 que l'on trouve principalement dans les huiles végétales ; c'est cet acide gras que l'on appelle généralement acide linolénique.
• l'acide γ-linolénique : un oméga-6.

L’onagre - plante médicinale :

Système nerveux : favorise la transmission des messages nerveux, agit sur l'influx nerveux et sur l'action des nerfs.

Système cardiovasculaire : régularise le cholestérol sanguin, la tension artérielle et prévient l'agrégation des plaquettes sanguines.

Système reproducteur : équilibre la production d'oestrogènes et de la progestérone dont les taux fluctuent constamment pendant la deuxième moitié du cycle menstruel.

Système immunitaire : stimule la production des lymphocytes T, cellules actives de l'immunité.

Peau, ongles et cheveux : améliore la qualité du tissu cutané, des cheveux et des ongles.

Pancréas : l'huile d'onagre, grâce à l'acide gamma-linolénique et aux prostaglandines de type E1, agit comme l'insuline et renforce l'action de cette dernière au niveau cellulaire.

L'huile d'onagre est aussi appelée huile de primerose ou huile de primevère vespérale.

Posologie de l’huile d’onagre:

L'huile d'onagre du commerce est habituellement normalisée entre 8 % et 10 % d'acide gamma-linolénique et se présente le plus souvent sous forme de capsules de 500 mg, 1 000 mg ou 1 300 mg. On recommande généralement de la prendre deux ou trois fois par jour, aux repas. Les effets bénéfiques de l’huile d’onagre peuvent prendre de trois à six mois avant de se faire sentir.

Historique de l’huile d’onagre:

Les Amérindiens consommaient la racine et les graines de l’onagre pour se nourrir. En usage externe, la plante servait à soigner les contusions, les hémorroïdes et les maladies de peau. Ils l’employaient aussi par voie orale pour soulager les troubles respiratoires et l’arthrite. Aujourd’hui, c’est l'huile tirée des graines qu'on emploie.