L’EGLISE SAINT-MINA
« Tu es la Pierre plus précieuse que l'or et l'argent, toi, le Combattant fort, Abba Mina »
Prière copte adressée à saint Mina
I.
Je reviens à toi, ma modeste, ma pauvre église,
Je reviens à toi après trois étés et sept soupirs !
Aujourd’hui, je veux célébrer dans tes murs mes morts,
Prier et perpétrer leur souvenir !
Je veux inscrire leurs noms aimés dans mon sang,
Je veux peindre dans l’oasis de mon cœur leur image,
Comme sur des minces planchettes de bois de figuier,
Les gens de Fayoum peignaient leurs défunts.
Ô mort qui pénètre dans le corps momifié
De bandelette en bandelette !
II.
La robe fine du jour flotte autour de toi
Comme les songes des amoureux au mois de mai,
Comme l’ensorcelant parfum d’un blanc bouquet de muguets.
Tu m’invites, ma pauvre église,
Tu me convies
A l’invisible, au splendide banquet
Des martyrs et des saints
Avec des mots liquides comme les larmes
D’un cœur innocent.
III.
Tu montres ton âme à mon âme
Avec cette indicible nostalgie
Que fait naître dans la poitrine d’un enfant
Le chant soudain d’un clocher solitaire
Oublié au milieu de la campagne.
Pudique, tu me souris, enfin,
Et voici que le temps entier devient
Splendeur,
Eclosion,
Fulgurance,
Déflagration !
Ô ma pauvre église, si chère à ma mémoire,
Ma jeunesse est déjà un pays trop lointain !
Ô mon église abandonnée,
Mon Didascalée adoré,
Mon culte liturgique,
Mon sculpteur d’espérance,
Ma dévotion profonde et intime !
Ô temps de ma parfaite déférence,
Île taciturne de mon urgence morale !
Athanase Vantchev de Thracy
Saint-Germain-en-Laye, ce lundi 16 mars, Anno Domini MMIX
Il y a, dans le minuscule hameau de Vassilissité, situé à quelque 70 km à l’Est de Sofia, en Bulgarie, une toute petite église blanche dédiée au saint thaumaturge Mina. Mes amis d’enfance, Yanko Yanev et son épouse Dora, ont leur modeste résidence d’été juste au-dessous de cette église. Je ne sais pas pourquoi ce modeste lieu de prière est devenu si cher à mon cœur.
Glose :
Saint Mina ou Minas, Ména ou Ménas (IIIe s. ap. J.-C.) : ascète et martyr copte. Son nom est plutôt Mina puisqu’en langue copte Mina signifie Amen.
Saint Mina est l’un des plus célèbres martyrs de l’Eglise orthodoxe. Depuis des siècles, il jouit d’une immense popularité. Du jour où les restes de cet enfant d'Egypte furent ramenés dans sa patrie, son culte prit des proportions extraordinaires. Mina était né dans la seconde moitié du IIIe siècle à Nikiou (aujourd'hui Menouf, en Basse-Egypte) de parents chrétiens. Il s'engagea de bonne heure dans la milice romaine et prit rang dans la Légion Rutilienne. Il conserva au milieu de ses compagnons d'armes toute la splendeur de sa foi et la volonté de sa vertu. Après quelques années de service en Egypte, il suivit à Cotyée, petite ville de la Phrygie (ancien royaume, aujourd’hui région de Turquie), le détachement auquel il appartenait.
Mina ne modifia en rien les pieuses pratiques de sa vie journalière, jusqu'au jour où l'édit des nouveaux maîtres du monde, Dioclétien et Maximien, persécuteurs des chrétiens, reçut lecture publique sur la place de la ville. Mina profita de cette occasion pour exécuter le projet caressé depuis longtemps de se retirer en ermite dans le désert. Après cinq années d'absence, le jeune homme, à l'inspiration de la grâce divine, se décida à frapper un grand coup. Il quitta sa retraite éloignée et entra à Cotyée un jour de grande fête. Alors que tout le peuple était assemblé dans l'amphithéâtre, il s'avança dans l'arène entre deux tournois et se mit à crier ce verset du prophète:
"J'ai été découvert par ceux qui ne me cherchaient pas, et j'ai été manifesté à ceux qui ne me réclamaient nullement ".
Le préfet Pirrus se fit amener l'inconnu et, après un long interrogatoire, mit à la torture le courageux confesseur de la foi. Finalement, il fut décapité. Son corps fut rapporté en Egypte lorsque la légion située à Cotyée reprit le chemin de la mère patrie pour gagner la Cyrénaïque (auj. en Libye) où elle avait été transférée.
Une des plus belles icônes coptes présente saint Mina à côté de Jésus. Le Christ enserre l’épaule du jeune homme de son bras et semble heureux d’avoir pour disciple une telle personne. De nombreux miracles survinrent sur la tombe du saint.
L'empereur de Constantinople vit là l’occasion d’édifier une église autour de laquelle se développa une ville. Le culte de Mina se répandit dans tout le Bassin méditerranéen aux Ve et VIe siècles : des églises lui furent dédiées à Rome, à Arles, à Cologne et dans plusieurs autres villes du monde chrétien. On venait d’Orient et d’Occident se recueillir sur sa tombe, et on emportait de l'eau ou de l'huile bénites dans de petites fioles de terre cuite appelées «ampoules ou eulogies de saint Mina». Au VIIe siècle, la conquête musulmane provoqua la ruine de ce haut lieu de pèlerinage. Ville et église disparurent. Dernièrement, sous l'impulsion du patriarche d'Alexandrie Cyrille VI (1902-1971), furent bâtis sur cet emplacement une nouvelle église et des bâtiments monastiques qui accueillent à nouveau de nombreux pèlerins venus du monde entier.
Ceux-ci aiment à réciter les louanges de Mina :
« Mina le Combattant, le Brave, le Fort, le Thaumaturge, le Béni, le Grand, le Martyr, leJuste, l'Ami de Dieu, le Chaste... »
Cette richesse de titres que déversent sur le saint les hymnes coptes reflète son rayonnement en Egypte et bien au-delà.
Une belle prière est dite par les pèlerins :
« Saint Ménas a entendu la voix divine,il a aussitôt abandonné le monde et ses gloires périssables,il s'est livré à la mort et son corps a été la proie des flammes ;il a accepté de terribles tortures à cause du Fils du Dieu vivant [...]Tu es la Pierre plus précieuse que l'or et l'argent, toi, le Combattant fort, Abba Mina [...]Nombreux sont les miracles que tu as accomplis en réponse à nos invocations.Tu es venu comme un médecin guérir nos maladies.Ton corps qui se trouve en Egypteest une source intarissable de prodiges et de merveilles. »
Coptes (n.m.pl.) : du grec aiguptos, « égyptien ». Chrétiens d’Egypte et d’Ethiopie. Monophysites, les coptes forment une église autonome depuis le concile de Calcédoine (451) et suivent le rite d’Alexandrie (liturgie bilingue arabe-copte). Leur patriarche réside au Caire. On compte aujourd’hui environ 7 millions de coptes égyptiens. Officiellement autonome (1959) par rapport à l’Eglise égyptienne, dont la conquête musulmane l’avait isolée des siècles durant, l’Eglise copte éthiopienne regroupe environ 14 millions de fidèles. On trouve également en Egypte 150 000 coptes catholiques, issus d’un mouvement de ralliement individuel à Rome entamé au XVIIIe siècle et couronné en 1895 par la création d’une hiérarchie. L’art copte, d’inspiration gréco-romaine et byzantine, se caractérise par des proportions originales et par la simplification des détails (églises et monastères ornés de bas-reliefs et de peinture murale, bronze, textile. Voir Fayoum.
Didascalée (n.m.) : célèbre école catéchistique chrétienne d’Alexandrie datant du IIe siècle. Cette école fut fondée par le philosophe stoïcien né en Sicile, saint Pantène. Son successeur et disciple fut saint Clément d’Alexandrie. L’école avait pour but de rendre compatible la philosophie grecque et l’Evangile. Elle forma un grand nombre de théologiens et de Pères de l’Eglise. L’école accueillit saint Grégoire le Thaumaturge, saint Grégoire de Naziance, Athénagore, saint Athanase d’Alexandrie, saint Cyrille d’Alexandrie, l’historien Rufin d’Aquilée, saint Jérôme, l’auteur de la Vulgate, saint Basile de Césarée, etc.
Déférence (n.f.) : respect, considération portée à quelqu’un, estime, égards.
mardi 17 mars 2009
dimanche 15 mars 2009
JAMES BOSCCO ANAMARIA (en anglais)
Merci, cher Norton, mon ami et immense poère, merci d'avoir traduit mon poème "Epigraphe sur la tombe du poète péruvien James Boscco Anamaria";
Inscription on the Tomb of the Peruvian Poet James Oscco Anamaría
'See how great is the mercy he has shown us'
Homily, Second Century
Traveller, this is the last resting place
of the just voice, the virtuous heart of Peru,
the magical songmaker
James Oscco Anamarìa.
Immortal now, he smiles at eternity
with eyes wide open,
his aquiline nose sculpted
by the mountain breezes,
his skin bronzed by the ocean swell.
Finally at peace,
today his soul can listen to
the Andean summer walking barefoot
in the meadows full of anemones!
He is alivein the air breathed by doves,
in the freedom that grows in secret on the lips
of the martyred peoples of the Americas!
Triumphant,
he is the pure poem
that divine Time will never cease to write
on the eyes of children!
And his love?
It endures in every tiny shiver of light
with which morning wraps the words
Freedom and Justice,
in every atom of the universe
that journeys to the heart of human dreams!
Arise, beloved Friend, come tonight
with your soul of snow,
your face covered in cyclamens
and soothe the feverish tenderness
of the immense breast of Peru!
Ah, my friend, a poet
speaks of light and air
and carries the weight of the earth!
I dedicate this poem to my brother, the brilliant poet, the man who loved the people of Peru to the point of death, the apostle of the poor savagely tortured and murdered by a bloodthirsty government! He left traces of his evangelical purity on the face of the times that pass with a firm step through the streets, the squares, the churches, the fields, the ports, the mines of a country he wanted to be innocent of all injustice.
Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges
March 2009
Inscription on the Tomb of the Peruvian Poet James Oscco Anamaría
'See how great is the mercy he has shown us'
Homily, Second Century
Traveller, this is the last resting place
of the just voice, the virtuous heart of Peru,
the magical songmaker
James Oscco Anamarìa.
Immortal now, he smiles at eternity
with eyes wide open,
his aquiline nose sculpted
by the mountain breezes,
his skin bronzed by the ocean swell.
Finally at peace,
today his soul can listen to
the Andean summer walking barefoot
in the meadows full of anemones!
He is alivein the air breathed by doves,
in the freedom that grows in secret on the lips
of the martyred peoples of the Americas!
Triumphant,
he is the pure poem
that divine Time will never cease to write
on the eyes of children!
And his love?
It endures in every tiny shiver of light
with which morning wraps the words
Freedom and Justice,
in every atom of the universe
that journeys to the heart of human dreams!
Arise, beloved Friend, come tonight
with your soul of snow,
your face covered in cyclamens
and soothe the feverish tenderness
of the immense breast of Peru!
Ah, my friend, a poet
speaks of light and air
and carries the weight of the earth!
I dedicate this poem to my brother, the brilliant poet, the man who loved the people of Peru to the point of death, the apostle of the poor savagely tortured and murdered by a bloodthirsty government! He left traces of his evangelical purity on the face of the times that pass with a firm step through the streets, the squares, the churches, the fields, the ports, the mines of a country he wanted to be innocent of all injustice.
Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges
March 2009
vendredi 13 mars 2009
PLUS HAUT QUE LA HAUTEUR
PLUS HAUT QUE LA HAUTEUR
A Jocelyne
« Moi je t'ai vue ; mais cela suffit … »
Sœur Juana Inés de la Cruz
Ô mon amour,
Tu es la colline élancée,
La cime de la montagne rose,
Où fleurit la gracieuse églantine,
La source verdoyante
Où, souriante, l’aurore aux pieds de verveines
Pose l’aimable légèreté de son corps.
Ô mon amour,
Tu es la hauteur plus haute que la hauteur,
Le ciel au-dessus de tous les cieux!
Petite fée blanche,
Dryade duveteuse de neige bleue,
Sylphide de pins sauvage,
Naïade de jeunes perce-neige !
Ô, mon amour,
Tu es le blanc délire des bouleaux,
Le feu félin des maisons rouges
De la lande,
Le poème orange
Qui chante dans la gorge réséda
Des oiseaux.
Tu es, ô mon amour,
La perle rose d’un mot vif que l’on tait,
La note de soleil égarée dans les menthes du soir!
Petite fée blanche,
Dryade duveteuse de neige bleue,
Sylphide de pins sauvage,
Naïade de jeunes perce-neige !
Ô mon enfant,
Rêve doux, songe violent comme la vie,
Temps sonore qui s’enroule dans mes strophes,
Loi éternelle, lumière immuable
Des choses toujours simples et vraies !
Petite fée blanche,
Dryade duveteuse de neige bleue,
Sylphide de pins sauvage,
Naïade de jeunes perce-neige !
Tu es
La clarté immédiate,
Pleine et entière
De ce que je suis!
Toi, enchaînement irréfragable
De la pensée,
Promontoire de la langue
D’où voyelles et consonnes
Se jettent dans la mer
Du poème !
Tu es la vague qui embrasse le rocher,
La respiration haletante du printemps,
L’étroit sentier de l’oreille
Qui mène droit au livre du cœur !
Petite fée blanche,
Dryade duveteuse de neige bleue,
Sylphide de pins sauvage,
Naïade de jeunes perce-neige !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 12 mars 2009
Glose :
Jocelyne : prénom. Féminin du prénom Jocelyn. Du celtique Gos, « « Dieu » et ing, « fils ». Fils de Dieu.
Sœur Juana Inés de la Cruz (1651-1695) : l’une des poétesse les plus renommées de la langue castillane. Juana Inés María del Carmen Martínez de Zaragoza Gaxiola de Asbaje y Ramírez de Santillana Odonoju naquit dans une petite communauté rurale du Mexique, San Miguel Nepantla. Elle était la fille présumée d'un aventurier d'origine basque, Pedro de Asbaje, qui n'a jamais reconnu sa paternité, et d'Isabel Ramírez, propriétaire terrienne qui resta célibataire toute sa vie.
Jeune prodige, Juana Inés affirmera plus tard dans son autobiographie qu'elle aavait appris à lire dès l'âge de trois ans. Lorsque sa mère la prévint que les femmes n'avaient pas le droit d'étudier à l'université, elle fit part de son projet de se déguiser en homme pour accéder au plus haut degré de savoir. Enfant, elle dévorait tous les ouvrages qui tombaient sous sa main et se plaisait à écrire de la poésie. Elle rédigea sa première œuvre littéraire connue vers l'âge de sept ans. En 1660, elle quitta la campagne pour Mexico, où elle fut rapidement introduite dans les cercles des familles importantes de la colonie.
En 1662, Juana de Asbaje devint dame de compagnie de la vice-reine du Mexique, la Marquise de Mancera. Elle composa non seulement de la poésie, mais également des pièces de théâtre et des cantiques destinés à être chantés dans les églises. Juana était jolie, pourtant elle refusa le mariage. Elle espérait trouver dans la solitude d'un monastère le temps et le recul nécessaires pour mener une vie consacrée aux arts et aux sciences. Malgré son retrait du monde, elle continua de susciter l'admiration de ses contemporains. Deux de ses œuvres poétiques ont été traduits en français : Poèmes d'amour et de discrétion, La Délirante, 1987 ; Le Divin Narcisse, Gallimard, 1987.
A Jocelyne
« Moi je t'ai vue ; mais cela suffit … »
Sœur Juana Inés de la Cruz
Ô mon amour,
Tu es la colline élancée,
La cime de la montagne rose,
Où fleurit la gracieuse églantine,
La source verdoyante
Où, souriante, l’aurore aux pieds de verveines
Pose l’aimable légèreté de son corps.
Ô mon amour,
Tu es la hauteur plus haute que la hauteur,
Le ciel au-dessus de tous les cieux!
Petite fée blanche,
Dryade duveteuse de neige bleue,
Sylphide de pins sauvage,
Naïade de jeunes perce-neige !
Ô, mon amour,
Tu es le blanc délire des bouleaux,
Le feu félin des maisons rouges
De la lande,
Le poème orange
Qui chante dans la gorge réséda
Des oiseaux.
Tu es, ô mon amour,
La perle rose d’un mot vif que l’on tait,
La note de soleil égarée dans les menthes du soir!
Petite fée blanche,
Dryade duveteuse de neige bleue,
Sylphide de pins sauvage,
Naïade de jeunes perce-neige !
Ô mon enfant,
Rêve doux, songe violent comme la vie,
Temps sonore qui s’enroule dans mes strophes,
Loi éternelle, lumière immuable
Des choses toujours simples et vraies !
Petite fée blanche,
Dryade duveteuse de neige bleue,
Sylphide de pins sauvage,
Naïade de jeunes perce-neige !
Tu es
La clarté immédiate,
Pleine et entière
De ce que je suis!
Toi, enchaînement irréfragable
De la pensée,
Promontoire de la langue
D’où voyelles et consonnes
Se jettent dans la mer
Du poème !
Tu es la vague qui embrasse le rocher,
La respiration haletante du printemps,
L’étroit sentier de l’oreille
Qui mène droit au livre du cœur !
Petite fée blanche,
Dryade duveteuse de neige bleue,
Sylphide de pins sauvage,
Naïade de jeunes perce-neige !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 12 mars 2009
Glose :
Jocelyne : prénom. Féminin du prénom Jocelyn. Du celtique Gos, « « Dieu » et ing, « fils ». Fils de Dieu.
Sœur Juana Inés de la Cruz (1651-1695) : l’une des poétesse les plus renommées de la langue castillane. Juana Inés María del Carmen Martínez de Zaragoza Gaxiola de Asbaje y Ramírez de Santillana Odonoju naquit dans une petite communauté rurale du Mexique, San Miguel Nepantla. Elle était la fille présumée d'un aventurier d'origine basque, Pedro de Asbaje, qui n'a jamais reconnu sa paternité, et d'Isabel Ramírez, propriétaire terrienne qui resta célibataire toute sa vie.
Jeune prodige, Juana Inés affirmera plus tard dans son autobiographie qu'elle aavait appris à lire dès l'âge de trois ans. Lorsque sa mère la prévint que les femmes n'avaient pas le droit d'étudier à l'université, elle fit part de son projet de se déguiser en homme pour accéder au plus haut degré de savoir. Enfant, elle dévorait tous les ouvrages qui tombaient sous sa main et se plaisait à écrire de la poésie. Elle rédigea sa première œuvre littéraire connue vers l'âge de sept ans. En 1660, elle quitta la campagne pour Mexico, où elle fut rapidement introduite dans les cercles des familles importantes de la colonie.
En 1662, Juana de Asbaje devint dame de compagnie de la vice-reine du Mexique, la Marquise de Mancera. Elle composa non seulement de la poésie, mais également des pièces de théâtre et des cantiques destinés à être chantés dans les églises. Juana était jolie, pourtant elle refusa le mariage. Elle espérait trouver dans la solitude d'un monastère le temps et le recul nécessaires pour mener une vie consacrée aux arts et aux sciences. Malgré son retrait du monde, elle continua de susciter l'admiration de ses contemporains. Deux de ses œuvres poétiques ont été traduits en français : Poèmes d'amour et de discrétion, La Délirante, 1987 ; Le Divin Narcisse, Gallimard, 1987.
mercredi 11 mars 2009
JAMES OSCCO ANAMARIA
Le grand poète péruvien Feliciano Mejia a eu la gentillesse de traduire mon poème "Epigraphe sur la tombe du poète péruvien James Oscco Anamarua" en espagnol. Je le remercie de tout mon coeur.
EPÍGRAFE SOBRE LA TUMBA DEL POETA PERUANO
JAMES OSCCO ANAMARÍA
« Eh aquí, qué grande misericordia hubo para nosotros »
Homilía del 2do. Siglo
Viajante,
acá reposa
la justa voz, el corazón enhiesto del Perú,
el chantre mágico
James Oscco Anamaría.
Inmortal, sonríe ahora en la eternidad,
abiertos sus ojos grandes,
esculpida su nariz aquilinapor las brisas de las montañas,
empalidecida su piel por las olas del océano.
Imperturbable:
su alma escucha en este momento
al verano andino caminar con los pies desnudos
en las praderas repletadas de anémonas !
Viviviente:
él es el aire que respiran las palomas,
es la libertad que nace en secreto en los labios
de los pueblos mártires de América!
Victorioso:
él es el poema puro
que los tiempos divinos no cesarán de escribir
en las pupilas de los niños !
¿Su amor ?:
Él está en cada tiritar de la luz de la madrugadaque
envuelve las palabras
Libertad y Justicia,
en cada átomo del universo
que viaja en el corazón de los sueños del Hombre !
Levánte, amado Amigo, ven este atardecer
y posa tu alma de nieve,
tu rostro recubierto de corolas púrpura
en la ternura afiebrada
del imenso pecho del Perú !
Oh, mi amigo,
cuán pesado es decirte
las cosas ligeras !
Traducción: Feliciano Mejía
Lima, 11 de marzo de 2009.
EPÍGRAFE SOBRE LA TUMBA DEL POETA PERUANO
JAMES OSCCO ANAMARÍA
« Eh aquí, qué grande misericordia hubo para nosotros »
Homilía del 2do. Siglo
Viajante,
acá reposa
la justa voz, el corazón enhiesto del Perú,
el chantre mágico
James Oscco Anamaría.
Inmortal, sonríe ahora en la eternidad,
abiertos sus ojos grandes,
esculpida su nariz aquilinapor las brisas de las montañas,
empalidecida su piel por las olas del océano.
Imperturbable:
su alma escucha en este momento
al verano andino caminar con los pies desnudos
en las praderas repletadas de anémonas !
Viviviente:
él es el aire que respiran las palomas,
es la libertad que nace en secreto en los labios
de los pueblos mártires de América!
Victorioso:
él es el poema puro
que los tiempos divinos no cesarán de escribir
en las pupilas de los niños !
¿Su amor ?:
Él está en cada tiritar de la luz de la madrugadaque
envuelve las palabras
Libertad y Justicia,
en cada átomo del universo
que viaja en el corazón de los sueños del Hombre !
Levánte, amado Amigo, ven este atardecer
y posa tu alma de nieve,
tu rostro recubierto de corolas púrpura
en la ternura afiebrada
del imenso pecho del Perú !
Oh, mi amigo,
cuán pesado es decirte
las cosas ligeras !
Traducción: Feliciano Mejía
Lima, 11 de marzo de 2009.
mardi 10 mars 2009
JAMES OSCCO ANAMARIA
ÉPIGRAPHE SUR LA TOMBE DU POÈTE PÉRUVIEN
JAMES OSCCO ANAMARÍA
« Voici quelle grande miséricorde il a eue envers nous »
Homélie du IIe siècle
Voyageur,
Ici repose
La voix juste, le cœur droit du Pérou,
Le chantre magique
James Oscco Anamaría.
Immortel, il sourit à présent à l’éternité,
Ses yeux grand ouverts,
Son nez aquilin sculpté
Par les brises des montagnes,
Sa peau hâlée par les houles de l’océan.
Apaisée,
Son âme écoute aujourd’hui
L’été andin marcher pieds nus
Dans les prairies pleines d’anémones !
Vivant,
Il est l’air que respirent les colombes,
La liberté qui pousse en secret sur les lèvres
Des peuples martyrs d’Amérique !
Victorieux,
Il est le poème pur
Que le temps divin ne cessera d’écrire
Sur les prunelles des enfants !
Son amour ?
Il est dans chaque petit frisson de lumière
Dont le matin enveloppe les mots
Liberté et Justice,
Dans chaque atome de l’univers
Qui voyage au cœur des rêves humains !
Lève-toi, Ami aimé, viens ce soir
Poser ton âme de neige,
Ta face recouvertes de cyclamens
Sur la fiévreuse tendresse
De l’immense poitrine du Pérou!
Ah, mon ami,
Si lourdes sont à dire
Les choses légères !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 10 mars 2009
Je dédie ce poème à mon frère, au brillant poète, à l’homme qui a aimé jusqu’à mourir le peuple fier du Pérou, à l’apôtre des pauvres sauvagement torturé et assassiné par un gouvernement sanguinaire! Il a laissé des traces de sa pureté évangélique sur le visage du temps qui passe d’un pas ferme dans les rues, les places, les églises, les champs, les ports, les mines d’un pays qu’il a voulu vierge de toute injustice.
Glose :
James Oscco Anamaría (1970 - 2005) : poète et universitaire péruvien né à Calcauso, district de Mollebamba, province d’Antebamba, département d’Apurímac. James fit de brillantes études de lettres à l’Université Technologiques des Andes. Arrêté, il fut assassiné après d’abominables tortures. Les autorités péruviennes essayèrent de présenter sa mort comme un suicide. La disparition de cette grande voix de la Justice fut pleurée par tout le peuple péruvien et par des milliers d’hommes justes du monde entier.
Homélie (nf.) : du latin ecclésiastique homilia, lui-même du grec ‘ομιλία, commentaire prononcé par le prêtre ou le diacre lors de la messe. L'homélie consiste, en suivant le développement de l'année liturgique, à expliquer à partir du texte sacré les mystères de la foi et les normes de la vie chrétienne. Elle est fortement recommandée comme faisant partie de la liturgie elle-même ; bien plus, aux messes célébrées avec le concours du peuple les dimanches et jours de fête, on ne l'omettra que pour un motif grave.
Anémone (n.f.) : du grec ’ανεμώνη. Plante herbacée (Renonculacées) à fleurs sans corolles de couleurs vives.
Cyclamen (n.m.) : du grec κυκλάινος. Plante de la famille des Primulacées à fleurs roses, pourpres, blanches ou mauves très décoratives.
JAMES OSCCO ANAMARÍA
« Voici quelle grande miséricorde il a eue envers nous »
Homélie du IIe siècle
Voyageur,
Ici repose
La voix juste, le cœur droit du Pérou,
Le chantre magique
James Oscco Anamaría.
Immortel, il sourit à présent à l’éternité,
Ses yeux grand ouverts,
Son nez aquilin sculpté
Par les brises des montagnes,
Sa peau hâlée par les houles de l’océan.
Apaisée,
Son âme écoute aujourd’hui
L’été andin marcher pieds nus
Dans les prairies pleines d’anémones !
Vivant,
Il est l’air que respirent les colombes,
La liberté qui pousse en secret sur les lèvres
Des peuples martyrs d’Amérique !
Victorieux,
Il est le poème pur
Que le temps divin ne cessera d’écrire
Sur les prunelles des enfants !
Son amour ?
Il est dans chaque petit frisson de lumière
Dont le matin enveloppe les mots
Liberté et Justice,
Dans chaque atome de l’univers
Qui voyage au cœur des rêves humains !
Lève-toi, Ami aimé, viens ce soir
Poser ton âme de neige,
Ta face recouvertes de cyclamens
Sur la fiévreuse tendresse
De l’immense poitrine du Pérou!
Ah, mon ami,
Si lourdes sont à dire
Les choses légères !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 10 mars 2009
Je dédie ce poème à mon frère, au brillant poète, à l’homme qui a aimé jusqu’à mourir le peuple fier du Pérou, à l’apôtre des pauvres sauvagement torturé et assassiné par un gouvernement sanguinaire! Il a laissé des traces de sa pureté évangélique sur le visage du temps qui passe d’un pas ferme dans les rues, les places, les églises, les champs, les ports, les mines d’un pays qu’il a voulu vierge de toute injustice.
Glose :
James Oscco Anamaría (1970 - 2005) : poète et universitaire péruvien né à Calcauso, district de Mollebamba, province d’Antebamba, département d’Apurímac. James fit de brillantes études de lettres à l’Université Technologiques des Andes. Arrêté, il fut assassiné après d’abominables tortures. Les autorités péruviennes essayèrent de présenter sa mort comme un suicide. La disparition de cette grande voix de la Justice fut pleurée par tout le peuple péruvien et par des milliers d’hommes justes du monde entier.
Homélie (nf.) : du latin ecclésiastique homilia, lui-même du grec ‘ομιλία, commentaire prononcé par le prêtre ou le diacre lors de la messe. L'homélie consiste, en suivant le développement de l'année liturgique, à expliquer à partir du texte sacré les mystères de la foi et les normes de la vie chrétienne. Elle est fortement recommandée comme faisant partie de la liturgie elle-même ; bien plus, aux messes célébrées avec le concours du peuple les dimanches et jours de fête, on ne l'omettra que pour un motif grave.
Anémone (n.f.) : du grec ’ανεμώνη. Plante herbacée (Renonculacées) à fleurs sans corolles de couleurs vives.
Cyclamen (n.m.) : du grec κυκλάινος. Plante de la famille des Primulacées à fleurs roses, pourpres, blanches ou mauves très décoratives.
jeudi 5 mars 2009
Trois petits poèmes d'amour
TROIS PETITS POEMES D’AMOUR
« Le monde est né de l'amour, il est soutenu par l'amour,
il va vers l'amour et il entre dans l'amour. »
Saint François de Sales
I.
OUVRE-MOI TA PORTE
- Ouvre-moi ta porte, mon amour,
Je te prie !
- Que veux-tu, étranger ?
- Rien, mon amour,
Je viens t’offrir, mon cœur,
Un poème,
Et des fleurs,
Des petites fleurs bleues
Des champs !
- Je ne comprends pas, étranger !
- C’est ce que nous ne comprenons pas,
Mon amour,
Qui est le plus beau !
- Comment ça, étranger ?
- Toutes ces choses qui bougent, vibrent
Et rient dans l’air,
Mon amour,
Et que nous ne voyons pas !
II.
Mon amour,
Les rêves de bonheur
Sont inaccessibles
A ceux qui,
Fuyant le doux fleuve de l’innocence,
Ont cessé d’être enfants !
Mon amour,
Toi qui vis toujours
Au bord de l’eau transparente,
Tu peux entendre la voix du matin
Et serrer contre ton cœur
Le visage naissant de l’aube !
III.
En toi, mon amour,
Et à travers toi,
J’aime le jour qui se lève
Et la tendresse qui déborde
De chaque corolle !
En toi, mon amour
Et à travers toi,
J’aime tout ce qui
Sur cette Terre
Vit et respire !
Athanase Vantchev de Thracy
Saint-Germain-en-Laye, le 5 mars 2009
Glose :
Saint François de Sales (1567-1622) : saint et docteur de l’Eglise catholique. Il naquit au château de Sales près de Thorens-Glières, ville du duché de Savoie, aujourd’hui commune du département de Haute-Savoie. Issu d’une famille aristocratique, il choisit le chemin de la foi et devint l'un des théologiens les plus considérés au sein du christianisme. Ce grand prêcheur accéda au siège d’évêque de Genève. Il fonda l’ordre religieux de la Visitation.
Il exerça une influence marquante au sein de la religion mais également sur les détenteurs du pouvoir temporel que furent, entre autres, le roi de France ou le duc de Savoie. Consacrant sa vie à Dieu, il renonça à tous ses titres de noblesse. Homme d’écriture, il laissa une somme importante d’ouvrages, témoignage de sa vision de la vie. Il est considéré par l’Église catholique comme étant le saint patron des journalistes et des écrivains, et cela en raison de son usage précoce du progrès que constituait l’avènement de l'imprimerie. Ses publications imprimées comptent parmi les tout premiers journaux catholiques au monde.
« Le monde est né de l'amour, il est soutenu par l'amour,
il va vers l'amour et il entre dans l'amour. »
Saint François de Sales
I.
OUVRE-MOI TA PORTE
- Ouvre-moi ta porte, mon amour,
Je te prie !
- Que veux-tu, étranger ?
- Rien, mon amour,
Je viens t’offrir, mon cœur,
Un poème,
Et des fleurs,
Des petites fleurs bleues
Des champs !
- Je ne comprends pas, étranger !
- C’est ce que nous ne comprenons pas,
Mon amour,
Qui est le plus beau !
- Comment ça, étranger ?
- Toutes ces choses qui bougent, vibrent
Et rient dans l’air,
Mon amour,
Et que nous ne voyons pas !
II.
Mon amour,
Les rêves de bonheur
Sont inaccessibles
A ceux qui,
Fuyant le doux fleuve de l’innocence,
Ont cessé d’être enfants !
Mon amour,
Toi qui vis toujours
Au bord de l’eau transparente,
Tu peux entendre la voix du matin
Et serrer contre ton cœur
Le visage naissant de l’aube !
III.
En toi, mon amour,
Et à travers toi,
J’aime le jour qui se lève
Et la tendresse qui déborde
De chaque corolle !
En toi, mon amour
Et à travers toi,
J’aime tout ce qui
Sur cette Terre
Vit et respire !
Athanase Vantchev de Thracy
Saint-Germain-en-Laye, le 5 mars 2009
Glose :
Saint François de Sales (1567-1622) : saint et docteur de l’Eglise catholique. Il naquit au château de Sales près de Thorens-Glières, ville du duché de Savoie, aujourd’hui commune du département de Haute-Savoie. Issu d’une famille aristocratique, il choisit le chemin de la foi et devint l'un des théologiens les plus considérés au sein du christianisme. Ce grand prêcheur accéda au siège d’évêque de Genève. Il fonda l’ordre religieux de la Visitation.
Il exerça une influence marquante au sein de la religion mais également sur les détenteurs du pouvoir temporel que furent, entre autres, le roi de France ou le duc de Savoie. Consacrant sa vie à Dieu, il renonça à tous ses titres de noblesse. Homme d’écriture, il laissa une somme importante d’ouvrages, témoignage de sa vision de la vie. Il est considéré par l’Église catholique comme étant le saint patron des journalistes et des écrivains, et cela en raison de son usage précoce du progrès que constituait l’avènement de l'imprimerie. Ses publications imprimées comptent parmi les tout premiers journaux catholiques au monde.
dimanche 1 mars 2009
What we need - Jo McDougall
J'ai traduit le charmant poème du poète américain Jo McDougall. J'ai le plaisir de le publier sur ce site.
I translated the beautiful poem of American poet Jo McDougall. I have the pleasure to publish it in this bolg.
What We Need
It is just as well we do not see,
in the shadows behind the hasty tent
of the Allen Brothers Greatest Show,
Lola the Lion Tamer and the Great Valdini
in Nikes and jeans
sharing a tired cigarette
before she girds her wrists with glistening amulets
and snaps the tigers into rage,
before he adjusts the glimmering cummerbund
and makes from air
the white and trembling doves, the pair.
Jo McDougall
CE DE QUOI NOUS AVONS BESOIN
C’est exactement comme si nous ne voyons pas
Dans l’ombre derrière la tente
Du Grand Spectacle d'Allen Brothers dressée à la hâte
Lola la dompteuse de lions et le grand Valdini
En baskets et jeans
Partageant une cigarette triturée
Avant qu’elle n’entoure ses poignets
D’amulettes scintillantes
Et ne mette les tigres en rage,
Avant que lui n’ajuste sa ceinture miroitante
Et ne fasse jaillir de l’air
Une paire de colombes toute blanches
Et toutes frémissantes !
Jo McDougall
Traduit en français par Athanase Vantchev de Thracy
Translated into French by Athanase Vantchev de Thracy
www.poetrypoem.com/athanase
I translated the beautiful poem of American poet Jo McDougall. I have the pleasure to publish it in this bolg.
What We Need
It is just as well we do not see,
in the shadows behind the hasty tent
of the Allen Brothers Greatest Show,
Lola the Lion Tamer and the Great Valdini
in Nikes and jeans
sharing a tired cigarette
before she girds her wrists with glistening amulets
and snaps the tigers into rage,
before he adjusts the glimmering cummerbund
and makes from air
the white and trembling doves, the pair.
Jo McDougall
CE DE QUOI NOUS AVONS BESOIN
C’est exactement comme si nous ne voyons pas
Dans l’ombre derrière la tente
Du Grand Spectacle d'Allen Brothers dressée à la hâte
Lola la dompteuse de lions et le grand Valdini
En baskets et jeans
Partageant une cigarette triturée
Avant qu’elle n’entoure ses poignets
D’amulettes scintillantes
Et ne mette les tigres en rage,
Avant que lui n’ajuste sa ceinture miroitante
Et ne fasse jaillir de l’air
Une paire de colombes toute blanches
Et toutes frémissantes !
Jo McDougall
Traduit en français par Athanase Vantchev de Thracy
Translated into French by Athanase Vantchev de Thracy
www.poetrypoem.com/athanase
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