AMBIGUAE MARIS VIAE
A Jaime Siles
Entre nous,
Ces choses de toujours, sombres, lourdes, tapies :
Plaies, amertumes,
Solitudes, poussières, nostalgies !
Je veux fermer
Les rideaux déchirés des disputes,
Je veux
Des affections qui cachent de grands besoins
D’illumination, de présence !
Non,
Je ne veux pas
De cette tristesse en basse
Dans le gémissement
Des premières feuilles
Qui habillent les corps élancés des peupliers,
Ni
De ce sourd enfermement de soi en soi !
Moi qui connais si profondément
L’indispensable pesanteur de l’amitié !
Je veux
Des mots vrais, taillés dans le vif de la chair,
Des aubes irrésistibles dans chaque syllabe
Fleurie sur nos lèvres !
Non,
Je ne veux pas
De ces petites taches de finitude
Que font les larmes sur le papier jaune
Des lettres très anciennes !
Âme, âme,
Je ne veux pas d’hivers froids dans mon sang
Ni de draps mortuaires étalés sur les vieux miroirs!
Je ne veux pas de ces accents d’angoisse dans la langue
Ni de traces rouges sur les dalles
Dans l’humble église de cette journée virginale !
Le printemps est entré dans mes blessures,
Il a posé sur mon cœur un parfum de joie,
Un dévorant désir de perfection et de chant !
Athanase Vantchev de Thracy
Saint-Germain-en-Laye, le 4 mai 2009
Glose :
Ambiguae maris viae : vers d’Ovide qui signifie « les routes périlleuses de la mer ».
Jaime Siles (né à Valence, 1951) : un des plus grands poètes contemporains espagnols, essayiste, traducteur. Diplômé de l’Université de Salamanque, il enseigne actuellement les lettres classiques à l’Université de Valence.
lundi 4 mai 2009
vendredi 1 mai 2009
VERUM BONUM
VERUM BONUM
A Marco Antonio Campos
Soudain, tout est devenu silencieux,
Le jour est entré
Dans le cœur
Palpitant, dans le sang flottant
Des arbres du minuscule jardin !
Ah, qu’elle est douce à ma pensée
La réplication
Illimitée du savoir,
La substance absolument,
Infiniment infinie de Dieu.
Tu poses ta tête transparente,
La lumière de tes cheveux de soie
Sentant le muguet,
Sur mon épaule !
Oui, je sais, mon amour,
Je ne suis pas le premier
A marcher parmi les ombres
Frêles des années !
Je sais, mon amour,
Que tout est violent et tendre
Comme nos vies !
Je sais
Qu’il est impossible à l’ange
De ne pas vibrer
Et aimer !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, ce Premier mai, Anno Gratiae MMIX
Glose :
Verum bonum : expression latine qui signifie « le vrai bien ».
Marco Antonio Campos (né en 1949) : poète, narrateur, essayiste et traducteur mexicain. Il a publié plusieurs recueils de poésie dont Muertos y disfraces, Una seña en la sepultura, Los adioses del forastero et Viernes en Jerusalén. Il a traduit des recueils de poésie de grands poètes tels que Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud et Emile Nelligan. Il a obtenu plusieurs prix dont le prix Nezahualcólt, le prix Casa de América ainsi que la médaille d’honneur présidentielle internationale Pablo Neruda.
A Marco Antonio Campos
Soudain, tout est devenu silencieux,
Le jour est entré
Dans le cœur
Palpitant, dans le sang flottant
Des arbres du minuscule jardin !
Ah, qu’elle est douce à ma pensée
La réplication
Illimitée du savoir,
La substance absolument,
Infiniment infinie de Dieu.
Tu poses ta tête transparente,
La lumière de tes cheveux de soie
Sentant le muguet,
Sur mon épaule !
Oui, je sais, mon amour,
Je ne suis pas le premier
A marcher parmi les ombres
Frêles des années !
Je sais, mon amour,
Que tout est violent et tendre
Comme nos vies !
Je sais
Qu’il est impossible à l’ange
De ne pas vibrer
Et aimer !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, ce Premier mai, Anno Gratiae MMIX
Glose :
Verum bonum : expression latine qui signifie « le vrai bien ».
Marco Antonio Campos (né en 1949) : poète, narrateur, essayiste et traducteur mexicain. Il a publié plusieurs recueils de poésie dont Muertos y disfraces, Una seña en la sepultura, Los adioses del forastero et Viernes en Jerusalén. Il a traduit des recueils de poésie de grands poètes tels que Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud et Emile Nelligan. Il a obtenu plusieurs prix dont le prix Nezahualcólt, le prix Casa de América ainsi que la médaille d’honneur présidentielle internationale Pablo Neruda.
lundi 27 avril 2009
BAISERS ET ACCOLEMENTS
BAISERS ET ACCOLEMENTS
A Abdeljalil Boukrâa
« Alors mon amant me renversera »
Nafzaoui,
La Prairie enchantée
Nafzaoui, mon Prince, le Maître vénéré,
A exalté l’ardeur du cœur et de la chair,
L’effervescence du sang, leurs fulgurants éclairs,
L’intense conjonction des corps entrelacés !
Athanase Vantchev de Thracy
Saint-Germain-en-Laye, le 27 avril 2009
Je dédie ce quatrain à mon fidèle ami tunisien Abdeljalil Boukrâa.
Glose :
Abou-Abdallah Mouhammad Al-Nafzawi ou Nafzaoui (XVe siècle) : Amazighe (Berbère) de la tribu des Nafzâwa qui vivait dans le sud de la Tunisie. On ne sait pas grand-chose de la vie de cet illustre auteur, sinon qu’il vivait vers 1420 et que ses œuvres connurent un immense succès. C’est sur la demande du vizir du sultan Abd al-‘Aziz Abou-Fâris qui régna de 1394 à 1434 qu’il composa sa fameuse Prairie parfumée où s’ébattent les plaisirs. Le sultan appartenait à la dynastie berbère Masmouda des Hafsides qui commença par être alliée aux Almohades qui ont régné sur le Maghreb et l’Espagne musulmane de 1147 à 1269. Devenue la dynastie régnante de l'Ifriqiya (1230-1574), elle étendit son pouvoir sur le nord-est de l'Algérie (Bougie, l'actuelle Béjaïa), la Tunisie (Tunis) et une petite partie du nord-ouest de la Libye. La Prairie parfumée, écrite en langue arabe, est une étude magistrale sur les choses de l’amour. Nafzaoui estimait avoir été en son temps « le seul qui parle avec compétence sur ce sujet ». Le vizir, Mouhammad, fils de ‘Awâna, al-Zawâwî était également d’origine berbère.
A Abdeljalil Boukrâa
« Alors mon amant me renversera »
Nafzaoui,
La Prairie enchantée
Nafzaoui, mon Prince, le Maître vénéré,
A exalté l’ardeur du cœur et de la chair,
L’effervescence du sang, leurs fulgurants éclairs,
L’intense conjonction des corps entrelacés !
Athanase Vantchev de Thracy
Saint-Germain-en-Laye, le 27 avril 2009
Je dédie ce quatrain à mon fidèle ami tunisien Abdeljalil Boukrâa.
Glose :
Abou-Abdallah Mouhammad Al-Nafzawi ou Nafzaoui (XVe siècle) : Amazighe (Berbère) de la tribu des Nafzâwa qui vivait dans le sud de la Tunisie. On ne sait pas grand-chose de la vie de cet illustre auteur, sinon qu’il vivait vers 1420 et que ses œuvres connurent un immense succès. C’est sur la demande du vizir du sultan Abd al-‘Aziz Abou-Fâris qui régna de 1394 à 1434 qu’il composa sa fameuse Prairie parfumée où s’ébattent les plaisirs. Le sultan appartenait à la dynastie berbère Masmouda des Hafsides qui commença par être alliée aux Almohades qui ont régné sur le Maghreb et l’Espagne musulmane de 1147 à 1269. Devenue la dynastie régnante de l'Ifriqiya (1230-1574), elle étendit son pouvoir sur le nord-est de l'Algérie (Bougie, l'actuelle Béjaïa), la Tunisie (Tunis) et une petite partie du nord-ouest de la Libye. La Prairie parfumée, écrite en langue arabe, est une étude magistrale sur les choses de l’amour. Nafzaoui estimait avoir été en son temps « le seul qui parle avec compétence sur ce sujet ». Le vizir, Mouhammad, fils de ‘Awâna, al-Zawâwî était également d’origine berbère.
dimanche 26 avril 2009
NUIT MYSTIQUE (en espagnol)
Mon ami, le grand poète Pedro Vianna, a eu la gentillesse d'aimer et de traduire ce poème. Je lui suis infiniment reconnaissant.
NOCHE MÍSTICA
« Sustentadme con frascos, corroboradme con manzanas, porque estoy enfermo de amor »
Cántico de los cánticos, II, 5
Pienso claramente
Y todo es obscuro en derredor, ¡oh alma mía!
Esta noche de inteligencia
Este ver lo que no se puede ver,
El abrazo espiritual tan esperado
Las bodas patéticas de los amantes.
Altos muros de esmeralda
Se alzan quitando el aliento
En torno al corazón exaltado
Y la piedra que recibió la luz
Que nunca tiene ocaso
Abruma mi memoria amorosa.
Arrebato, tensión, impulso
Dichosa infusión de la eternidad
En las pupilas.
Noche de los sentidos, noche del espíritu,
Tinieblas deslumbrantes,
Luz de luz,
¡Luz!
¡Oh! theia nux
¡Oh! noche divina
Tal como la conoció
San Narciso de Jerusalén,
Noche en que amar y conocer
Ya no son más que una sola
Y misma cosa
Sola y misma cosa,
¡Oh Dios mío!
Athanase Vantchev de Thracy
Saint-Germain-en-Laye, en este Domingo 1° de abril, Anno Domini MMVII
¡Oh! theia nux: expresión griega que significa “divina noche”
Glose:
San Narciso o Narcisco de Jerusalén (siglo II después de J.-C.): al parecer, Narciso, de origen desconocido, sucedió al obispo Dolichianus, hacia el año 185. Ya sería un anciano, octogenario según la tradición. Se le ve, en el último decenio del siglo, junto con Teófilo de Cesárea, reuniendo un sínodo de obispos palestinos para reafirmar su apego a la tradición cuartodecimana frente a las pretensiones del papa Víctor, quien hubiera querido imponer a toda la cristiandad la celebración dominical de la Pascua. Un texto corto citado por Eusebio, donde se trata de un acuerdo permanente entre Palestinos y Alejandrinos sobre aquel tema, tal vez sea un fragmento de la respuesta de Narciso y sus colegas a Víctor.
Por lo demás, su vida está atestada de leyendas.
El milagro del aceite:
Narciso fue sin duda un obispo popular. Se le atribuyó numerosos milagros. Cierto año, con gran desespero de los fieles, llegó a faltar el aceite para iluminar el santuario para la vigilia de la Pascua. Narciso encargó a los diáconos que fueran a sacar agua, se puso en oración, y después, « con sincera fe en el Señor », dijo que vertieran el agua en las lámparas. En seguida se cambió ésta en aceite. En tiempos de Eusebio, todavía se conservaba en Jerusalén un poco de este aceite milagroso para atestiguar las virtudes del santo obispo.
Es muy probable que la leyenda tenga un origen local, puesto que la costumbre de quemar el aceite consagrado en las lámparas parece ser, por lo menos en aquella época, propia de las Iglesias palestinas.
En las Iglesias orientales, a Narciso se le honra como santo. A su vez, el martirologio romano, le acogió en la fecha del 29 de octubre.
Traducido del francés, en colaboración estrecha, por
Pedro Vianna y Denise Peyroche
NOCHE MÍSTICA
« Sustentadme con frascos, corroboradme con manzanas, porque estoy enfermo de amor »
Cántico de los cánticos, II, 5
Pienso claramente
Y todo es obscuro en derredor, ¡oh alma mía!
Esta noche de inteligencia
Este ver lo que no se puede ver,
El abrazo espiritual tan esperado
Las bodas patéticas de los amantes.
Altos muros de esmeralda
Se alzan quitando el aliento
En torno al corazón exaltado
Y la piedra que recibió la luz
Que nunca tiene ocaso
Abruma mi memoria amorosa.
Arrebato, tensión, impulso
Dichosa infusión de la eternidad
En las pupilas.
Noche de los sentidos, noche del espíritu,
Tinieblas deslumbrantes,
Luz de luz,
¡Luz!
¡Oh! theia nux
¡Oh! noche divina
Tal como la conoció
San Narciso de Jerusalén,
Noche en que amar y conocer
Ya no son más que una sola
Y misma cosa
Sola y misma cosa,
¡Oh Dios mío!
Athanase Vantchev de Thracy
Saint-Germain-en-Laye, en este Domingo 1° de abril, Anno Domini MMVII
¡Oh! theia nux: expresión griega que significa “divina noche”
Glose:
San Narciso o Narcisco de Jerusalén (siglo II después de J.-C.): al parecer, Narciso, de origen desconocido, sucedió al obispo Dolichianus, hacia el año 185. Ya sería un anciano, octogenario según la tradición. Se le ve, en el último decenio del siglo, junto con Teófilo de Cesárea, reuniendo un sínodo de obispos palestinos para reafirmar su apego a la tradición cuartodecimana frente a las pretensiones del papa Víctor, quien hubiera querido imponer a toda la cristiandad la celebración dominical de la Pascua. Un texto corto citado por Eusebio, donde se trata de un acuerdo permanente entre Palestinos y Alejandrinos sobre aquel tema, tal vez sea un fragmento de la respuesta de Narciso y sus colegas a Víctor.
Por lo demás, su vida está atestada de leyendas.
El milagro del aceite:
Narciso fue sin duda un obispo popular. Se le atribuyó numerosos milagros. Cierto año, con gran desespero de los fieles, llegó a faltar el aceite para iluminar el santuario para la vigilia de la Pascua. Narciso encargó a los diáconos que fueran a sacar agua, se puso en oración, y después, « con sincera fe en el Señor », dijo que vertieran el agua en las lámparas. En seguida se cambió ésta en aceite. En tiempos de Eusebio, todavía se conservaba en Jerusalén un poco de este aceite milagroso para atestiguar las virtudes del santo obispo.
Es muy probable que la leyenda tenga un origen local, puesto que la costumbre de quemar el aceite consagrado en las lámparas parece ser, por lo menos en aquella época, propia de las Iglesias palestinas.
En las Iglesias orientales, a Narciso se le honra como santo. A su vez, el martirologio romano, le acogió en la fecha del 29 de octubre.
Traducido del francés, en colaboración estrecha, por
Pedro Vianna y Denise Peyroche
samedi 25 avril 2009
REMINISCENCE
REMINISCENCE
A Kevin
“Avant de nous promener sur les routes,… il faut nous envelopper d’éternel”
Andeé Dhôtel
En vain aux hypogées je cherche votre image,
Travée après travée, sculpture après sculpture,
Le temps a effacé vos traits sur les moulures
De ses baisers impurs, de sa fureur sauvage !
Athanase Vantchev de Thracy
Saint-Germain-en-Laye, ce samedi 25 avril, Anno Domini MMIX
Glose :
Hypogée (n.m.) : du grec hupo , « sous » et gê, « terre ». Il s'agit de sépultures souterrainescreusées dans la roche, sans éléments visibles à la surface en dehors des escaliers d'accès. Ils sont composés d'une galerie principale et de deux courtes travées latérales donnant au plan de construction la forme de T renversé. Les murs sont percés de loculi (compartiments ou cellules funéraires) individuels réservés aux différents défunts de la famille. Les personnages importants sont inhumés dans des sarcophages monumentaux surmontés de leurs statues, placés dans des grandes niches creusées dans la roche et souvent situés au fond des travées latérales.
A Palmyre (Syrie), après 128 ap. J.-C., la construction des tours-cimetières cessa de façon inexpliquée. Celles-ci furent remplacées par les hypogées déjà connus dès l'an 80 ap. J.-C. André
Dhôtel (1900-1991) : poète et écrivain français, auteur d’une œuvre particulièrement abondante. Après une licence en philosophie, il devint enseignant et connut plusieurs affectations dont, entre 1924 et 1928, un poste de professeur à L’Institut supérieur d’études françaises d’Athènes qui lui permit de découvrir la Grèce. De retour en France, il publia ses premiers textes poétiques et ses premiers récits en 1928. En 1932, il épousa Suzanne Laurent et vit naître son fils François en 1933. En 1943, nommé à Coulommiers où il restera jusqu'à la fin de sa carrière, il débuta sa vraie carrière littéraire avec les publications de "Le Village Pathétique" et "Nulle Part". En 1955, le prix Femina couronna "Le Pays où l'on n'arrive jamais". Il reçoit aussi le Prix de Littérature pour la jeunesse en 1961, année où il quitte définitivement l'enseignement. En 1974, il reçoit le Grand Prix de Littérature de l’Académie Française et, en 1975, le Prix National des Lettres.
A Kevin
“Avant de nous promener sur les routes,… il faut nous envelopper d’éternel”
Andeé Dhôtel
En vain aux hypogées je cherche votre image,
Travée après travée, sculpture après sculpture,
Le temps a effacé vos traits sur les moulures
De ses baisers impurs, de sa fureur sauvage !
Athanase Vantchev de Thracy
Saint-Germain-en-Laye, ce samedi 25 avril, Anno Domini MMIX
Glose :
Hypogée (n.m.) : du grec hupo , « sous » et gê, « terre ». Il s'agit de sépultures souterrainescreusées dans la roche, sans éléments visibles à la surface en dehors des escaliers d'accès. Ils sont composés d'une galerie principale et de deux courtes travées latérales donnant au plan de construction la forme de T renversé. Les murs sont percés de loculi (compartiments ou cellules funéraires) individuels réservés aux différents défunts de la famille. Les personnages importants sont inhumés dans des sarcophages monumentaux surmontés de leurs statues, placés dans des grandes niches creusées dans la roche et souvent situés au fond des travées latérales.
A Palmyre (Syrie), après 128 ap. J.-C., la construction des tours-cimetières cessa de façon inexpliquée. Celles-ci furent remplacées par les hypogées déjà connus dès l'an 80 ap. J.-C. André
Dhôtel (1900-1991) : poète et écrivain français, auteur d’une œuvre particulièrement abondante. Après une licence en philosophie, il devint enseignant et connut plusieurs affectations dont, entre 1924 et 1928, un poste de professeur à L’Institut supérieur d’études françaises d’Athènes qui lui permit de découvrir la Grèce. De retour en France, il publia ses premiers textes poétiques et ses premiers récits en 1928. En 1932, il épousa Suzanne Laurent et vit naître son fils François en 1933. En 1943, nommé à Coulommiers où il restera jusqu'à la fin de sa carrière, il débuta sa vraie carrière littéraire avec les publications de "Le Village Pathétique" et "Nulle Part". En 1955, le prix Femina couronna "Le Pays où l'on n'arrive jamais". Il reçoit aussi le Prix de Littérature pour la jeunesse en 1961, année où il quitte définitivement l'enseignement. En 1974, il reçoit le Grand Prix de Littérature de l’Académie Française et, en 1975, le Prix National des Lettres.
mardi 21 avril 2009
HELIOTROPES
HELIOTROPES
A José Gorostiza
“Grains de Cristal, pures Rosées”
Le père Martial de Brives
Le jour est beau qui porte des camélias blancs
Sur son cœur !
Des tourterelles luisantes
Passent et repassent,
Telles des pages de bonheur,
Dans mon esprit !
J’entends le soyeux bruit de leurs ailes !
Ah, comme j’aime la douce rondeur
De mots du matin,
Les gouttes de sang
Des héliotropes !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 20 avril 2009
Glose :
Héliotrope (n.m.) : du grec héliotropion / ‘ηλιοτρόπιον, « tournesol », « sorte de pierre précieuse ». Quartz microcristallin. Synonyme : jaspe sanguin, pierre des martyrs, jaspe vert, pierre de sang. L’héliotrope est une pierre d’un vert sombre uniforme contenant des taches rouges d’oxyde de fer ressemblant à des gouttes de sang. Des pouvoirs magiques lui furent attribués au Moyen Âge car ses taches rouges faisaient penser à des gouttes de sang du Christ.
José Gorostiza (1901-1973) : poète mexicain. Maître de la perfection formelle. Il a appartenu au fameux groupe des Contemporains (1928-1931). Gorostiza fut professeur de littérature mexicaine à la Faculté de Philosophie et de Lettres modernes à l'Université du Mexique (1929) ; de l'Histoire moderne à l'École Normale Supérieure (1932) ; chef du département des Beaux Arts au Ministère de l’Education Nationale.
Le père Martial de Brives (vers 1600 – avant 1653) : moine capucin et poète religieux. Son Parnasse séraphique (1660) contient de très beaux poèmes baroques.
A José Gorostiza
“Grains de Cristal, pures Rosées”
Le père Martial de Brives
Le jour est beau qui porte des camélias blancs
Sur son cœur !
Des tourterelles luisantes
Passent et repassent,
Telles des pages de bonheur,
Dans mon esprit !
J’entends le soyeux bruit de leurs ailes !
Ah, comme j’aime la douce rondeur
De mots du matin,
Les gouttes de sang
Des héliotropes !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 20 avril 2009
Glose :
Héliotrope (n.m.) : du grec héliotropion / ‘ηλιοτρόπιον, « tournesol », « sorte de pierre précieuse ». Quartz microcristallin. Synonyme : jaspe sanguin, pierre des martyrs, jaspe vert, pierre de sang. L’héliotrope est une pierre d’un vert sombre uniforme contenant des taches rouges d’oxyde de fer ressemblant à des gouttes de sang. Des pouvoirs magiques lui furent attribués au Moyen Âge car ses taches rouges faisaient penser à des gouttes de sang du Christ.
José Gorostiza (1901-1973) : poète mexicain. Maître de la perfection formelle. Il a appartenu au fameux groupe des Contemporains (1928-1931). Gorostiza fut professeur de littérature mexicaine à la Faculté de Philosophie et de Lettres modernes à l'Université du Mexique (1929) ; de l'Histoire moderne à l'École Normale Supérieure (1932) ; chef du département des Beaux Arts au Ministère de l’Education Nationale.
Le père Martial de Brives (vers 1600 – avant 1653) : moine capucin et poète religieux. Son Parnasse séraphique (1660) contient de très beaux poèmes baroques.
LA TISSANDERIE DE L'AUBE - le bon texte
LA TISSANDERIE DE L’AUBE
(fantaisie)
A José Hierro
« Mother, mother, mother, what am I ?”
("Mère, mère, mère, que suis-je?”)
Ted Hughes
De nouveau les tomates poussent dans la cour
Et la menthe odorante et le doux persil.
Ah, chère Annette, viens danser !
Ma pensée court, se remplit de miel,
Envolées bleues des mots somptueux
Posées sur le lac de ma langue.
Ah, chère Annette, viens danser !
L’air sent le chèvrefeuille et l’anis frais,
Dans la grande tissanderie de l’aube amoureuse !
Ah, chère Annette, viens danser !
Hâte-toi, cœur, cours vers moi
Par l’allée d’hibiscus et de hauts perseas.
Ah, chère Annette, viens danser !
Le rire de ta gorge dans l’herbe insoumise
Roule comme les grains rouges des grenades.
Ah, chère Annette, viens danser !
Fais-moi, fée, boire ta voix
Dans l’ordre lacté du printemps
A l’heure sonore des pinsons !
Ah, chère Annette, viens danser !
Je veux caresser le vent endormi
Sur la prairie de ton corps joyeux,
Je veux embrasser les vertes ancolies
De tes poignets couverts de rosée !
Ah, Annette, viens danser!
Non, non, il n’y a pas
De sombres fêlures dans nos âmes !
Non, non !... Nous sommes plus vifs
Et plus entiers que la roue des rayons !
Ah, Annette, viens danser!
Comme les corbeaux sacrés d’Amérique,
Comme les corbeaux devins du Japon
Nos baisers volent vers le soleil,
Dans le comté des romarins drus,
Au marquisat des étoiles blanches !
Ah, Annette, viens danser!
Athanase Vantchev de Thracy
Paris le 17 avril 2009
Glose :
Tissanderie (n.f.) : du verbe tisser, lui-même du latin texere, « fabriquer par tissage ». Atelier, usine de tissage.
José Hierro del Real, alias José Hierro (1922-2002) : poète qui appartient à la littérature espagnole de l'après franquisme.
Ted Hughes de son vrai nom Edward James Hughes (1930-1998) : unanimement considéré comme l'un des plus grands poètes anglais du XXe siècle. Il a été Poet Laureate, c'est-à-dire poète officiel de la Reine, de 1984 jusqu’à sa mort. Il est aussi connu par son mariage (1956-1963) avec la poétesse américaine Sylvia Plath (1932-1963) au sens où il a souvent été accusé, par les critiques, d'être à l'origine du suicide de son épouse en 1963 ainsi que du suicide de sa maîtresse Assia Wevill (1927-1969) en 1969.
Hibiscus (n.m.) : du grec ἱϐίσκος / hibískos, « guimauve ». Plante à fleurs annuelles ou vivaces qui comporte plus de 30 000 variétés. L’hibiscus fait partie de la famille des Malvacées. Ce sont des plantes connues depuis la plus haute antiquité : elles étaient cultivées en Égypte et en Asie du Sud-Est pour leur caractère ornemental, mais aussi pour leurs fruits comestibles. Importées en Europe au XIIe siècle par les Maures d'Espagne, certaines espèces furent ensuite introduites en Amérique au XVIIe siècle par les esclaves.
Persea (n.m.) : arbre appartenant à la famille des Lauracées représentée par plus de 150 espèces à feuillage persistant. L'espèce la plus connue est l’avocatier.
Corbeau (n.m.) : du bas latin corvus, lui-même du grec κόραξ / korax. Dans les tribus amérindiennes, le corbeau est un être primordial dont la mission est d’organiser et civiliser le monde. Le corbeau au Japon est le symbole de l’amour familial. Il est également considéré comme un oiseau de bonne augure. Hugin et Munin, deux grands corbeaux, étaient, dans les mythologies nordiques, les messagers des dieux.
(fantaisie)
A José Hierro
« Mother, mother, mother, what am I ?”
("Mère, mère, mère, que suis-je?”)
Ted Hughes
De nouveau les tomates poussent dans la cour
Et la menthe odorante et le doux persil.
Ah, chère Annette, viens danser !
Ma pensée court, se remplit de miel,
Envolées bleues des mots somptueux
Posées sur le lac de ma langue.
Ah, chère Annette, viens danser !
L’air sent le chèvrefeuille et l’anis frais,
Dans la grande tissanderie de l’aube amoureuse !
Ah, chère Annette, viens danser !
Hâte-toi, cœur, cours vers moi
Par l’allée d’hibiscus et de hauts perseas.
Ah, chère Annette, viens danser !
Le rire de ta gorge dans l’herbe insoumise
Roule comme les grains rouges des grenades.
Ah, chère Annette, viens danser !
Fais-moi, fée, boire ta voix
Dans l’ordre lacté du printemps
A l’heure sonore des pinsons !
Ah, chère Annette, viens danser !
Je veux caresser le vent endormi
Sur la prairie de ton corps joyeux,
Je veux embrasser les vertes ancolies
De tes poignets couverts de rosée !
Ah, Annette, viens danser!
Non, non, il n’y a pas
De sombres fêlures dans nos âmes !
Non, non !... Nous sommes plus vifs
Et plus entiers que la roue des rayons !
Ah, Annette, viens danser!
Comme les corbeaux sacrés d’Amérique,
Comme les corbeaux devins du Japon
Nos baisers volent vers le soleil,
Dans le comté des romarins drus,
Au marquisat des étoiles blanches !
Ah, Annette, viens danser!
Athanase Vantchev de Thracy
Paris le 17 avril 2009
Glose :
Tissanderie (n.f.) : du verbe tisser, lui-même du latin texere, « fabriquer par tissage ». Atelier, usine de tissage.
José Hierro del Real, alias José Hierro (1922-2002) : poète qui appartient à la littérature espagnole de l'après franquisme.
Ted Hughes de son vrai nom Edward James Hughes (1930-1998) : unanimement considéré comme l'un des plus grands poètes anglais du XXe siècle. Il a été Poet Laureate, c'est-à-dire poète officiel de la Reine, de 1984 jusqu’à sa mort. Il est aussi connu par son mariage (1956-1963) avec la poétesse américaine Sylvia Plath (1932-1963) au sens où il a souvent été accusé, par les critiques, d'être à l'origine du suicide de son épouse en 1963 ainsi que du suicide de sa maîtresse Assia Wevill (1927-1969) en 1969.
Hibiscus (n.m.) : du grec ἱϐίσκος / hibískos, « guimauve ». Plante à fleurs annuelles ou vivaces qui comporte plus de 30 000 variétés. L’hibiscus fait partie de la famille des Malvacées. Ce sont des plantes connues depuis la plus haute antiquité : elles étaient cultivées en Égypte et en Asie du Sud-Est pour leur caractère ornemental, mais aussi pour leurs fruits comestibles. Importées en Europe au XIIe siècle par les Maures d'Espagne, certaines espèces furent ensuite introduites en Amérique au XVIIe siècle par les esclaves.
Persea (n.m.) : arbre appartenant à la famille des Lauracées représentée par plus de 150 espèces à feuillage persistant. L'espèce la plus connue est l’avocatier.
Corbeau (n.m.) : du bas latin corvus, lui-même du grec κόραξ / korax. Dans les tribus amérindiennes, le corbeau est un être primordial dont la mission est d’organiser et civiliser le monde. Le corbeau au Japon est le symbole de l’amour familial. Il est également considéré comme un oiseau de bonne augure. Hugin et Munin, deux grands corbeaux, étaient, dans les mythologies nordiques, les messagers des dieux.
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