mercredi 20 mai 2009

ET TOUTE UNE VIE ECRITE SUR LES VISAGES

ET TOUTE UNE VIE ECRITE SUR LES VISAGES

A Dimitar Dimitrov

« De tous les ridicules de ce monde,
le plus grand est d’être affairé,
d’être un homme pressé d’agir »

Kierkegaard


Marcher pieds nus dans l’herbe printanière
De la Thrace !
Mon lieu est ici,
Parmi le chœurs joyeux des oiseaux :

Linottes à bec jaune,
Bouvreuils pivoine,
Pinsons du Nord,
Moineaux friquets, sitelles, grimpereaux, mésanges,
Grives, merles, rouges-queues !

J’aime ces jours qui portent
Des iris pâles dans leurs cheveux !
Ces nuits de jade où ma main
Devient soudainement la maison
Des étoiles
Et des nids.
Ce monde
Au mouvement calme et perpétuel !

Ma vie ? Ô mon Ami,
Je l’ai tissée de musique et de rêves,
Je l’ai ouverte à l’univers
Et offerte à l’absolu !

Oui, mon Ami,
Mon lieu est ici !

Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 20 mai 2009

Je dédie ce poème à l’ami cher à mon cœur, Dimitar Dimitrov, que j’ai connu lors de mon service militaire à Harmanli, petite ville située non loin de Haskovo, ma ville natale. Notre sereine amitié dure plus de 50 ans.

Glose :

Søren Aabye Kierkegaard (1813-1855) : écrivain et philosophe danois. Il naquit dans une famille de 7 enfants, d’un père ayant fait fortune dans le commerce de bonnetier et appartenant à une communauté piétiste très fervente qui lui vaut, selon ses propres dires, « une éducation chrétienne stricte et austère qui fut, à vues humaines, une folie ».

En 1821, il entre à la Borgerdydsskole (en danois, « l’école de la vertu civique »), une école privée très élitiste où il se fait remarquer par son intelligence hors du commun et, en 1831, l’année de la mort de Hegel, il commence ses études de théologie à l’Université de Copenhague. De 1819 à 1834, la tragédie du destin fait que sa mère, puis ses trois sœurs aînées et deux de ses frères meurent tour à tour, soit de maladie soit accidentellement, sans jamais dépasser l’âge de 33 ans, ce qui l’amène à croire qu’il ne dépassera pas lui non plus l’âge du Christ. Plongé dans la mélancolie, qui est accentuée par la mort de son père en 1838, il est à 25 ans, avec son frère Peter, le seul survivant de la famille. Lors d’un dîner chez des amis communs, un soir du mois de mai 1837, il rencontre la jeune Régine Olsen, dont il s’éprend. En 1840, il la demande même en mariage, ce qu’elle accepte, mais il rompt brutalement avec elle un an plus tard, après lui avoir renvoyé son anneau de fiançailles. La même année, il soutient sa thèse de doctorat sur Le concept d’ironie constamment rapporté à Socrate et, le cœur brisé, s’exile à Berlin où il suit les cours de Schelling, dont il revient déçu.

Vivant de la fortune de son père et affirmant n’avoir « pas le temps de [se] marier », il publie en 1843 son premier grand livre, Ou bien... Ou bien..., sous le pseudonyme de Victor Eremita et,[] renonçant à être pasteur, s’engage dans une intense production philosophique, dont les titres les plus remarquables, tous signés d’un pseudonyme différent, sont Le concept d’angoisse (1844), Stades sur le chemin de la vie (1845) ou Post-scriptum définitif et non scientifique aux Miettes philosophiques (1846).

Après avoir atteint l’âge inattendu de 34 ans, il donne à son œuvre d’écrivain un tour nettement plus religieux, soucieux de défendre le christianisme véritable contre l’Église officielle, avec des ouvrages comme la longue série des Discours édifiants, La maladie à la mort, parfois traduit sous le titre Traité du désespoir, (1849) et L’École du christianisme (1850).

lundi 11 mai 2009

La main qui tremble à peine

LA MAIN QUI TEMBLE A PEINE

« Cras vives ? hodie iam vivere, Postume, serum est :
Ille sapit quisquis, Postume, vixit heri. »

(« Tu veux vivre demain ? mais c’est déjà trop tard !
Avoir vécu hier, voilà la vraie sagesse. »)

Martial

I.

La vigne fleurit, ô mon âme,
Et l’herbe argentée recouvre
Les élégants talus des champs verdoyants,
L’or de l’aube coule sur les grêles sentiers.

Le temps se promène,
Souple et vaporeux,
Parmi les sourires des glycines.

L’amicale fenêtre
Referme et ouvre le monde
Sur le ruissellement de la vie,
Sur l’inépuisable,
L’éternelle genèse
Des heures et des mots !

II.

Voici venue la nuit !
Toi seul
A côté de la lampe accueillante,
Ton ombre fleurant le cinnamome
Bouge et fait chanter
L’innocente blancheur
Du mur taciturne !

III.

Doucement, comme dans un conte féerique,
De la clarté vacillante du silence
Surgit le corps du poème
Là,
Juste à côté
Du vase orné
De tulipes !

Et,
De nouveau,
Tu es seul avec toi-même,
Toi, fait pour toi-même !

Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 9 mai 2009

Glose :

Marcus Valerius Martialis ou Martial (40 – 104) : poète latin originaire d’Hispanie, réputé pour ses Epigrammes. Martial naît le 1er mars 40 dans une petite ville de Tarraconaise, au nord de l’Hispanie, à Bilbilis, dans un milieu plutôt aisé. En 64, lorsqu'il quitte sa région pour Rome, où il espère trouver la fortune par le biais d'une activité d'écrivain. Il s'installe dans le Subure, un quartier populaire et de mauvaise réputation, situé au nord des Forums. Il cherche d'abord à s'adresser à la communauté ibérique, parmi laquelle il trouve Sénèque et Lucain, dont il devient client. C'est le début d'une vie de bohème, reposant entièrement sur le soutien de ses patrons, pratique assez courante à l'époque.

L'année suivante, en 65, la conspiration menée contre Néron, dont Pison est la principale figure, est découverte et échoue. S'ensuit une longue période de répression, dont Sénèque et Lucain seront les victimes. Durant cette période, Martial se montre discret et trouve refuge notamment auprès de Quintilien et de Pline le Jeune. Grâce à son talent littéraire, il compose des poèmes pour ses « patrons », que ces derniers font passer pour les leurs, ce qui va d'ailleurs pousser Martial à s'attaquer à eux dans son œuvre.

Domitien fait de lui un tribun militaire et un chevalier : il acquiert alors une certaine aisance et publie, en 84, les Xenia et les Apophoreta. Il devient ensuite propriétaire de deux villas, l'une à Nomentum et l'autre sur le Quirinal. Aidé par Pline le Jeune qui lui paie le voyage, il retourne en Tarraconaise, dans sa ville natale, en 98, dans une maison offerte par une admiratrice, Marcella. Martial meurt en 104, dans le regret de sa vie à Rome.

Cinnamome – Cinnamomum zeylanicum - (n.m.) : arbre de la famille des lauriers, à laquelle appartiennent le cassier et le camphrier. Il abonde à Sri Lanka et à Java. Le cinnamome atteint une hauteur maximale d’environ 9 m, son écorce est lisse et cendrée, et ses branches s’étalent largement. Ses feuilles persistantes en forme de fer de lance, vertes au-dessus, mais blanches en dessous, mesurent entre 20 et 23 cm de long et quelque 5 cm de large. Ses petites fleurs blanches ou tirant sur le jaune poussent en bouquets. L’écorce extérieure est presque inodore et n’a que peu de valeur. Le cinnamome commercialisé vient de l’écorce intérieure, plus sombre. On extrait aussi une huile aromatique de l’écorce.

Le cinnamome faisait partie des meilleurs parfums qui entraient dans la préparation de l’huile d’onction sainte (Ex, XXX, 23). On en aspergeait les lits (Pr, VII, 17).

samedi 9 mai 2009

HEDONIE (French)

HÉDONIE

(‘ηδονή)

« Κότερα ’αληθηϊη χρήσομαι ’ή ‘ηδονή »

(Parlerai-je franchement ou en vue de te plaire »)

Hérodote, VII, 101

Oui, mes Amis,
Le vin a affiné mon intimité,
Il a fait vibrer de plaisir
Ma tête à son point extrême,
Il a étanché l’incendie de ma soif
Avec son eau de soleil,
Allumé mes ardeurs,
Ravi mon sang
Avec douceur et souplesse !

J’ai rompu pour mon déjeuner
Un petit pain d’orge et de miel,
Et ma cruche de vin lampée…

Muse vêtue de fines feuilles de vignes,
Muse couronnée du suave serpolet,
Laisse couler le filet de joie fraîche
Dans ma chair palpitante,
Porte en haut et en bas,
A droite et à gauche
La flamme ondoyante du désir.

Plie le corps devenu
Mélodie du tarin des aulnes,
Cantabile du sizerin flammé,
Récitatifs du cochevis huppé,
Mélopée du coucou des bois !

J’ai rompu pour mon déjeuner
Un petit pain d’orge et de miel,
Et ma cruche de vin lampée…

Rythme, assonance, balancement,
Danse buissonnante et cadence folle !

Ô beauté insurclassée
Des splendides, des divins
Vignobles de France !

Or, émeraude, rubis, topaze,
Feux liquides des racines,
Ventre prodigue, veines vertigineuses
De ma terre !

Ton secret scellé à l’esprit,
Apparaît dans sa belle évidence
Quand toi, ô flamme ambrosiaque,
Embrase les palais de la chair !

J’ai rompu pour mon déjeuner
Un petit pain d’orge et de miel,
Et ma cruche de vin lampée…

Toi, vin de France,
Exaltation chevaleresque,
Bienveillance magnanime,
Intrépidité munificente,
Âme aumônieuse !

Vin réconfortant,
Roboratif, tonique, fortifiant
Qui rafraîchis
La prairie des cellules !
Fils chéri de Dionysos,
Fais frémir les parties chaudes
De mon corps !

J’ai rompu pour mon déjeuner
Un petit pain d’orge et de miel,
Et ma cruche de vin lampée…

Coulées savoureuses des liqueurs
Blanches, roses, rouges, flamboyantes,
Recouvrez de roses éclatantes
Les sinueux sentiers des soucis,
Noyez les noueuses afflictions
Dans le lumineux bouillonnement
Du ciel !

Vin de France,
Comme j’aime ta perfection accomplie,
Ton regard sémillant, ton sourire malicieux !

Comme j’écoute, envoûté, tes délires
De Maître suprême de l’amour !
Immerge-moi dans les flots des chansons,
Roule-moi dans la bleue clarté des mots purs,
Jette dans l’incendie des délices
Hommes et femmes,
Nymphes, ondines, dieux et déesses !

J’ai rompu pour mon déjeuner
Un petit pain d’orge et de miel,
Et ma cruche de vin lampée…

Heures gravées de lettres d’or
Sur les collines soyeuses de ma France !
Emotions et tremblements,
Ebranlements des membres,
Râles, secousses, séismes,
Assaisonnements des étreintes
De paroles excitantes,
Harmonie et mouvement voluptueux,
Eclats et concupiscence,
Accomplissements !

Ô vins de ma France,
Abondance, volubilité, profusion,
Vins luxuriants,
Et vous, vins discrets, vins taciturnes,
Poèmes des poèmes,
Lumières des lumières,
Saveurs des saveurs !

J’ai rompu pour mon déjeuner
Un petit pain d’orge et de miel,
Et ma cruche de vin lampée…

C’est toi que j’exalte
Douce et noble famille des mistelles
Où le soleil devient sang
Et le sang - rosée et soleil
Aubes rustiques et ondes agitées :

Pineau des Charentes,
Floc de Gascogne,
Ratafia de Champagne,
Macvin du Jura,
Pommeau de Normandie,
Carthagène de Languedoc,
Cataroise de Béziers,
Pinot d’Alsace…

A force de dire vos noms sacerdotaux
Ma langue devient buisson ardent,
Ma mémoire - mousse légère,
Ma gorge – fougère sauvage !

Pulchritudo et Salubritas,
Beauté et Santé !

J’ai rompu pour mon déjeuner
Un petit pain d’orge et de miel,
Et ma cruche de vin lampée…

Paris, le 8 mai 2009

Glose :

Hédonie (n.f.) : du grec ancien ‘ηδονή, « plaisir, jouissance, agrément », « plaisir des sens », « qualité sensible d’un objet ». Anhédonie (n.f.) : du préfixe privatif an, « sans, privé de » et hédonie - symptôme médical retrouvé dans certaines pathologies psychiatriques et parfois chez le sujet exempt de trouble. Il caractérise l'incapacité d'un sujet à ressentir des émotions positives lors de situations de vie pourtant considérées antérieurement comme plaisantes. Cette incapacité est fréquemment associée à un sentiment de désintérêt diffus. L'anhédonie, perte de la capacité à ressentir des émotions positives, est fréquemment observée au cours de la dépression et de la schizophrénie.

Tarin – Carduelis spinus (n.m.) : oiseau de la famille des Fringillidés, de l’ordre Passériformes. Petit oiseau assez voisin du chardonneret au plumage vert jaune vif.

Cantabile (n.m.) : mélodie vocale.

Sizerin flammé – Carduelis flammea (n.m.) : petit oiseau de la famille des Fringillidés, de l’ordre des Passériformes. Le sizerin flammé a une calotte rouge très marquée, la poitrine carminée et une tache noire sous le bec. Ce dernier est jaune paille. Le dessus est gris brun, le dessous blanchâtre, les flancs et le derrière sont tachetées longitudinalement.

Cochevis huppé – Galerida cristata (n.m.) : petit oiseau de la famille des Alaudidés, de l’ordre des Passériformes. Le cochevis huppé ressemble à l’alouette des champs, tant par la taille que par la couleur. Il s'en distingue cependant par un corps plus trapu, une queue plus courte, des ailes plus larges, un bec plus long et arqué et surtout par une huppe effilée qu'il porte au sommet du crâne, et qu'il peut rétracter et redresser. Le cochevis présente un manteau et un dessus brun gris moins fortement moucheté que la plupart des alouettes. Le dessous et les parties inférieures sont chamois sableux avec de fortes marques au niveau de la poitrine.

Pineau des Charentes : le pineau des Charentes est une mistelle (de l’italien misto, « mélangé ») , une boisson alcoolisée de type « vin de liqueur de qualité produit dans une région déterminée » (VLQPRD) au niveau européen et « vin de liqueur d'appellation d'origine contrôlée » (VLAOC) en France, obtenue par mélange de moût, c'est-à-dire de jus de raisin, et d'eau-de-vie de cognac. Cette boisson est produite dans une région qui contient une partie de la Charente-Maritime et de Charente. Sa fabrication est autorisée uniquement par les bouilleurs de cru individuels ou les coopératives de producteurs, avec le fruit de leur récolte, dans le respect des usages locaux.

Floc de Gascogne : du mot gascon floc, « bouquet de fleurs ». C’est une mistelle née au XVIe siècle d’une recette gasconne, et élaborée avec du raisin en cours de fermentation, appelé « moût », et de l’armagnac jeune. Il existe deux variétés :

Le blanc, cépage : Colombard, Ugni blanc et Gros Manseng.
Le rosé (ce dernier étant en fait de couleur rubis), cépages : Cabernet franc, Cabernet Sauvignon, Merlot.

Ratafia (ou ratafiat) de Champagne : de l’expression latine rata fiat, « que le traité soit ratifié ». Mistelles produites dans plusieurs régions de France, qui ne sont pas commercialisés la plupart du temps. Deux régions produisent des mistelles réputées avec l'appellation ratafia : la Champagne et la Bourgogne :

Ces ratafias sont parfois classés dans les apéritifs à base de vin, à tort, puisque aucune fermentation du raisin n'est opérée.
Le ratafia de Champagne est élaboré avec du raisin de l’appellation « Champagne » ou « coteaux champenois » et un quelconque alcool neutre (les meilleurs utilisent de la fine ou du marc de Champagne).
En Bourgogne, le ratafia est confectionné avec du marc de Bourgogne et du jus de raisin ; le ratafia de cidre du pays d’Othe est fait avec du jus de pommes et de l’eau-de-vie de cidre.

Macvin du Jura : de la combinaison des mots marc et vin. Cette appellation date de 1991 et concerne l'ensemble du vignoble jurassien. C'est un vin de liqueur. Il est issu d'une eau de vie de raisin. L'assemblage est en effet obligatoirement composé d'1/3 de marc et de 2/3 de moût de raisin rouge ou blanc. Les cépages autorisés sont le Savagnin, le Trousseau, le Poulsard, le Pinot Noir et le Chardonnay. Il est élevé pendant 12 mois en fûts de chêne et doit comporter 16 à 22 degrés d'alcool.

Pommeau de Normandie : alcool de type mistelle obtenu par l’assemblage de jus de pommes non fermenté et de calvados. On obtient le pommeau en mélangeant environ deux tiers de moût de pommes et un tiers de calvados de 2 ans ou plus. L’alcool contenu dans le calvados empêche la fermentation du jus, donnant ainsi un alcool plus sucré. Le pommeau acquiert ensuite sa couleur ambrée et son arôme au contact du bois du tonneau où il vieillit plusieurs mois.

Carthagène (ou cartagène) de Languedoc : de l’espagnol cartagena, lui-même de Carthage, mot punique qui signifie « ville nouvelle ». Boisson alcoolisée de type mistelle typique du Languedoc. Elle est issue de l'assemblage de 80 % de moût de raisin frais et de 20% d'eau de vie de vin. La proportion varie légèrement en fonction du degré de l'eau de vie. Le mélange doit titrer 16° d'alcool au minimum pour éviter une fermentation du produit.

Cataroise de Béziers : produit traditionnel de Béziers. Certains la consomment à l'apéritif, d'autres la privilégient au dessert, d'autres dans le melon ou sur le foie gras. C'est un apéritif vieilli de longues années en fûts de chêne à base d'eau-de-vie de vins et de jus de raisins.

vendredi 8 mai 2009

Quelle réponse donner (en tamazight - langue des Berbères)

Mon Ami, le Poète berbère M'hames Alilouch a traduit mon poème "Quelle réponse donner" en tamazight. Merci, M'hamed!

TAMAZIGHT (langue des Berbères)

MATTA URAR AKKAGH…

A Ahmed Arabi

« Was aber bleibet,stiften die Dichter »
(“ Maca or da d ittqqima xs adlis n umdyaz”)

Hölderlin

I.
A Ahmed inw irwan, arbanw aqbayli,
Matta urar akkagh
I tàurrma nnek itkarn s tusna iséfan?

Mayd igan amur nnek g usid n rebbi
G usid axatar n tudert?

Zund kiy, oyma awssar n tbrdin n ighariwn nnegh.
Da teddugh ger tillas n sin izmzen
Ar tworoggh tiàzzéit n iàrrimn n ighrman nnegh
I tihéli irwan n trbatin nnegh
Ig das tagart!

Zund wink, ulinw da ittergigi
Adday yizéir iyidar nnegh iqburn
Iktéu atéu n lfrhé amnzu n ddilyat nnegh

Zund key da ttarmgh ad ghdgh , bla mmegh
Asif n talaxt n tudert nnegh!

II.

Ah, maradak inigh?
Ad ak inigh
Da ttirigh tudert iwhenn iséfan
Urar n wurgh n tizwa
Abda ittazlan
G tàurma izdin
N yidéan d wussan , n izmzn d isggasn!

Ad ksgh , s nniyt irséan
Itmunn s taman uqbu n usklu axatar
Tasurift ur irséin , ifssusn ihérran
Udm nna mehéra d iffghn g gidé
N tafuyt ilggaghn n sbahé
Tujjut ittuyassen I tifawt d ittalin
Ar lmxanjij iqqurn
N izeghran iffern n tudern taqburt!

III.

Ah, mas traragh?
Rar
Ad ttrargh g ifsti ingin n tgerst
Séfiyt n tfsut
D tihéli iddgh n tàzzéit isdhacn
N wurtan d yusan n tmazirt nnegh!

Ad
Umngh s tzmmar n ihérgi
I wzikrirn ur itsbarn
N wakal nnegh isggasn iàtan

Ad
Kulci imghar, kulci ighal, kulci inwa,
Tfurn yan nn iddan ur itxwwadén
D yan umghrad ittuhyyan seg tizwiri!

Ad
Tihéli n nniyt
Da tssiddi g mmatta wazy I wadèu kulci

IV.

Iyyih, arbanw aqbayli
Da ttamngh, da tqrragh
Kollo tighawsiwin ihyyan
Hat mchabbakent
G tatséa iffern n id kkuc n dduniyt!

D maytoskarn, amzyaro
Xs adday d iffegh g wancucn ittirirn,
Da ikkat , zwar
Tamzzéuxt issiflidn
N imdyazn issuddan!

V.

Da ttamngh, righ ad amnegh, ayamddakkel
Hat nga kollo
Imkinna inna Platon, amddakkkel n wadéutn,
Azéyin I uhémmar n ufgan,

Έπέκεινα τής ουσιάς !
Epékeina tes ousiàs !

Hat, zund ismziyn ixatarn n Tabriz,
Da àmmugh ig da teqqajgh timdyazin
Luqnna da iddal utfll s tamllins
Tiwririn imsasan
N tsktit inw

Ad qqimn iwaliwn n tayri ur ityannan
Qqimn xf ighf n yils
N imttin nnegh

Traduit en tamazight par M’hamed Alilouch (iyider Nkob).
Ass n 06/05/2009.

jeudi 7 mai 2009

HELIOTROPES (anglais)

Mon ami, le grand poète anglais Norton Hodges, a traduit mon poème "Héliotropes". Je le remercie de tout mon coeur.

Heliotropes

To Jose Gorostiza

‘Crystal grains, pure dews’

Père Martial de Brives
It’s a fine day that comes
with white camellias
on its heart!

Shining turtledoves
fly back and forth
like pages of happiness
turning in my mind!

Listen! I can hear their silken wings!

Oh, how I love
the sweet roundness
of morning words,
like the drops
of blood inheliotropes!

Athanase Vantchev de Thracy

Traduit en anglais par Norton Hodges
Translated into French by Norton Hodges

mercredi 6 mai 2009

DEVOTIO

DEVOTIO

A Cristina Castello

« Se miscet viris neque cernitur ulli »
(« Il se mêle à la foule et n’est visible pour personne »)

Virgile,
Enéide, 1, 440

Je pose doucement mes mains
Sur la face
De tous les êtres égarés de la Terre!

Des pétales blancs
Ornent la sollicitude de mes doigts !

Dans leur cœur dévasté
De pourpres cicatrices sauvages,
Dans leur chair lamellée par la glaciale indifférence
Et les ornières des blessures,
Je répands avec un infini ménagement
La brûlante affection de mon cœur !

Poésie incandescente des yeux
Qui caressent, qui veulent caresser
D’autres yeux !

Je n’ai autre trésor à leur offrir
Que la grâce rayonnant de ce jour d’avril,
Que le transparent parfum d’un geste adelphal !

Infimes annotations de l’aurore,
Voix entrées dans le fleuve d’une sollicitude
Aussi vraie et suave que le suc de figues mûres !

J’accueille dans ma chétive, dans ma chaste hutte
Les pérégrinations fiévreuses
De toutes les lèvres gercées !

Amour sur amour,
Clarté sur clarté,
Encore,
Encore de clarté !

Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 6 mai 2009

Glose :

Devotio : mot latin qui signifie “dévouement, attachement sans réserve ».

Adelphal, adelphale (adj.) : du grec ancien’αδελφός / adelphos, « frère ». Fraternel, fraternelle.

mardi 5 mai 2009

LA NATURE SE DENATURE (poème de M. Mouloudi)

Mon ami, le poète algérien Moustapha MOULOUDI, a eu la bonté de me dédier ce poème. Je lui suis profondément reconnaissant!

LA NATURE SE DENATURE

A Athanase Vantchev de Thracy

La nature se dénature,
L’humain devient bougie.
Partout, que de blessures,
De chaudes larmes pour la vie!
Plus de miroir, point d’image !
Humble, aux rêves jadis perdus,
A présent, solitaire sans bagage,
Entre quatre murs, inconnu.

La nature se dénature,
Vie de chien, vie de rat,
A chaque vers, sa tournure,
Point d’amour, point d’éclat.
A chaque nuit, ses larmes,
A chaque jour, ses peines,
Beauté n’est pas charme,
Le roi a perdu sa reine.
A chaque mois, sa mesure,
A chaque année, son poids,
Le patient cède à l’usure,
Se cache derrière la foi.

La nature se dénature,
L’humain n’est plus humain,
Demain, coin sombre du futur,
Le désespoir n’aura plus faim.
L’indifférence devient culture,
Partout, que de conflits,
Le corps s’offre à la suture,
Ensemble, prions le Saint-Esprit.

Mustapha Mouloudi

Algérie