mercredi 13 novembre 2013

ABDESELAM EMINI (en français)

ABDELSELAM EMINI

« Dieu collabore avec tout homme animé d’un désir ardent »

Eschyle

Abdelselam Emini,
Abdelselam,
Abdelselam !...

Le printemps est là,
Abdelselam !

Une tendresse à l’odeur d’herbe

Rend plus léger que jamais

L’air bleu azur de Tetovo !


Ce matin, la brise de ton pays,

Libre et joyeuse, se nourrit

Des narcisses des poètes

Et des roses d’Aphrodite !


Et tu es partout, mon jeune Ami,

Tu es partout en ce jour spacieux :

Tu marches parmi la pourpre flamboyante des pivoines,

Tu flottes dans l’arôme des lilas éclatant de blancheur !


Tu es, Frère des héros antiques,

La voix des ocres racines

Qui chantent dans les feuilles voluptueuses

Des hauts peupliers !

Oui,

Tu es le gonfalonier des anges généreux,

Dans les sons violets des ruisseaux,

Dans le regard sonore

De ce fleuve de jeunes filles pures

Et de garçons somptueux

Qui coule, libre, beau et victorieux

Par les rues de ta ville en fête !


C’est là, Abdelselam,

C’est là où se dresse aujourd’hui

Le Palais du Savoir

Que tu es tombé

Comme un brin de blé fauché

Par l’aveugle haine des sbires ignorants !


Toi, l’enfant merveilleux,

La part magnifique de tout rêve,

Le bourgeon frais

De lumière éternelle

De la belle, vigoureuse et virile

Race illyrienne !

Dors en paix,

Clarté des livres

Dans la nuit interminable !

Abdelselam Emini,
Abdelselam,
Abdeselam !...

Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 12 novembre 2013

Glose :

Abdelselam Emini (1960-1995) : intellectuel albanais (Macédoine), né dans le village de Mala Recica, tué par la police lors des manifestations des étudiants exigeant l’ouverture d’une Université d’État à Tetovo. Père de trois enfants. Emini est devenu le symbole de la résistance de la minorité albanaise qui avait lutté pour avoir le droit de faire des études dans sa langue maternelle.
Eschyle (en grec ancien Αἰσχύλος / Aiskhúlos), né vers 526 av. J.-C., mort en 456 av. J.-C., est le plus ancien des trois grands tragiques grecs. Le théâtre d'Eschyle est essentiellement remarqué pour sa force dramatique, la tension, l'angoisse qui habite ses pièces, dont la cohérence se comprend surtout par la progression qui les reliait au sein de trilogies « liées », dont ne subsiste aujourd'hui que l’Orestie. Ses choix lui permettent de mettre en valeur ses conceptions puissantes sur l'équilibre de la cité, le dégoût de l’hybris (la démesure) qui met en danger cet ordre, et le poids de la décision des dieux dans la conduite des affaires humaines, notamment à travers le sort militaire ou la malédiction familiale (dans le cas de Thèbes et des Atrides).
Fils d'une famille noble, il se fit d'abord remarquer par son courage lors des batailles de Marathon, Salamine et Platées, avant de gagner de nombreux concours dramatiques et de recueillir les honneurs des Athéniens. Il resta à Syracuse jusqu'à la mort de Hiéron, tyran de la ville, auprès duquel il avait été appelé. Il rejoint la Sicile qu'il ne quittera qu'à 70 ans, lors de sa mort. Son tombeau devint alors un lieu de pèlerinage pour de nombreuses générations de poètes. Aîné des trois grands tragiques athéniens avec Euripide et Sophocle, il fonde la véritable tragédie classique et donne, en imaginant un deuxième personnage sur scène, un rôle central au dialogue. Grand théologien, il mit en scène, notamment dans « Prométhée enchaîné », les relations qui unissent, dans la violence et la peur sacrée, l'homme et les divinités. Dans une langue grandiose, Eschyle a fait de ce lien une complémentarité indépassable.
Gonfalonier (n.m.) : personne chargée de porter le gonfalon. Le gonfanon ou gonfalon (en ancien français, confenons) est un morceau d'étoffe quadrangulaire, comme la bannière, ou terminé par des pointes. Il était attaché à la hampe ou au fer d'une lance et pouvait y être enroulé. On disait, fermer le gonfanon, pour l'attacher à la hampe.

Aucun commentaire: