BHOUTAN
A Kevin
“But you, so lovely and strong!”
(“Vous, si adorable, si fort!”)
Muriel Stuart
Bhoutan était, mon Prince, notre bouddhique patrie
La nuit, les hauts sommets, couvraient nos corps d’étoiles,
Les ruisseaux grisaient nos âmes de leurs chorals,
Nous, guerriers du Ciel, pèlerins et érudits.
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, ce lundi 10 novembre 2009
Glose :
Bhoutan :
Bhoutan (n.m.) : officiellement le Royaume du Bhoutan. Il est situé dans l’est de la chaîne de l’Himalaya, enclavé entre l’Inde au Sud, à l’Est et à l’Ouest, avec laquelle il partage 605 km de frontières terrestres, et la Chine (région autonome du Tibet) au Nord avec 470 km de frontières. Sa superficie est de 46 500 km2 et mesure environ 300 km dans sa plus grande longueur est-ouest, et 170 km dans le sens nord-sud. Population : 690 000 personnes environ. Capitale : Thimphou – 80 000 habitants. Langue officielle : dzongkha. Forme de l’Etat : Monarchie constitutionnelle. Roi : Jigme Khesar Namgyel.
Le nom local du pays, Brug-yul (souvent transcrit Druk Yul), signifie la « terre du dragon ». Il est aussi nommé Druk Tsendhen, « terre du dragon tonnerre », le son du tonnerre ou de la foudre étant interprété comme les grognements de dragons.
L’origine du Bhoutan et son histoire ancienne sont inconnues. Le gourou indien Padmasambhava effectue son légendaire voyage du Tibet au Bhoutan au VIII e siècle ap. J.-C. et y apporte le bouddhisme tantrique. Le pays subit de nombreuses invasions du XIe au XVIe siècle, notamment de la part des Tibétains et des Mongols.
Une théocratie bouddhiste est établie au Bhoutan au début du XVIIe siècle. L’aire, historiquement proche du Tibet, est placée sous l’emprise britannique de l’Inde durant le XIXe siècle et un protectorat est établi en 1910. Les Britanniques s'occupent des relations internationales mais s’abstiennent de s’immiscer dans les affaires intérieures.
La monarchie actuelle, établie en 1907, adopta un comportement visant à faire émigrer les non-indigènes. Il s'ensuivit un exode d’environ 100 000 Népalais et Indiens vers les pays limitrophes.
Muriel Stuart (1885-1967) : remarquable poétesse anglaise.
mardi 10 novembre 2009
lundi 9 novembre 2009
SHAOLIN
SHAOLIN
A Ali
Nous étions moines épris d’éternité,
Elèves de Tuo Ba, le confident des dieux,
Mon cœur près de tien rejoignait les cieux
Rempli d’amour sacré, frappé par ta beauté !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 9 novembre 2009
Glose :
Shaolin : célèbre monastère bouddhique chinois. Au temps de la dynastie Wei septentrionale (386-581 ap. J.-C.), l’empereur Xiao Wen a fait construire vers 495 ap. J.-C. le monastère Shaolin en l’honneur du moine indien Tuo Ba. Le célèbre moine mendiant Ta Mo, appelé Bodhidharma (celui qui enseigne la sagesse) prêcha vers 527 ap. J.-C., pour la première fois, le bouddhisme contemplatif chan, connu au Japon comme bouddhisme zen. Suivant la légende, Ta Mo commença par enseigner aux moines du monastère l’éducation physique et les techniques de combat. Au fil des années, il en résulta un art effectif. Le monastère Shaolin fut donc le lieu d’origine du bouddhisme chan (zen) qui est enseigné aujourd’hui encore dans ces murs sacrés.
On entre dans le monastère par un immense portail. On aperçoit d’abord les grands halls et les pavillons qui pourraient tous raconter une histoire en raison de leur existence millénaire. Le monastère Shaolin est composé de sept bâtiments principaux:
1. Le portail d’entrée gigantesque
2. Le hall Han-Wang
3. Le hall Daxiong-Bao
4. Le pavillon Cangjing
5. L’abbaye
6. Le pavillon Dharma
7. Le hall Gianfo
Le monastère est situé à environ 80 km au sud-ouest de la ville chinoise Zhengzhou, en plein milieu de la province septentrionale Henan, au pied du Songshan, l’une des cinq montagnes sacrées de Chine, au nord du mont Saoshi, dans une forêt touffue, d’où le nom Shaolin, qui signifie « la forêt de Shao ».
En pénétrant davantage à l’intérieur du monastère, on passe de nombreuses plaques en pierre, placées à gauche et droite. Les inscriptions de ces plaques en pierre sont rédigées essentiellement par les célèbres calligraphes des dynasties Tang et Song. On trouve ainsi, déjà assez pâlie et rongée par le temps, la plaque en pierre dédiée à l’abbé du monastère Shaolin, écrite par l’empereur Taizong (627-649) de la dynastie Tang. « Loué soit Guânyîn » (le fameux bodhisattva), écrit le célèbre auteur chinois Su Dongpo (1037-1101) de la dynastie Song sur une autre plaque.
Le pavillon Cangjing fait partie des bâtiments les plus importants pour les moines du monastère, puisque c’est ici que sont gardés les Sûtras bouddhiques, qui représentent le fondement de leur religion. Le portail d’entrée du monastère présente quatre pentes de toit inclinées vers le haut sous lesquelles se trouve une plaque avec une inscription en or « Monastère de Shaolin », écrite pendant la dynastie Ging par l’empereur Kangxi (1662-1721).
Le bâtiment principal du monastère, le Hall des mille Bouddhas, s’appelle Gianfo en chinois. L’inscription au portail de ce vieux hall dit: « Les sages de l’ouest ». Ce hall fut construit au temps de la dynastie Ming. Ses piliers de soutien, qui ressemblent à des parapluies, finissent en des corniches remontées recouvertes de tuiles peintes en vert. On peut voir de nombreuses peintures murales qui se rapportent toutes, sans exception, aux 500 Sublimes ou Vénérables (Luohans en chinois, des êtres parvenus au plus haut degré de libération).
Pendant l’histoire millénaire du monastère, ce haut lieu de kung-fu et de bouddhisme fut trois fois réduit en cendres et dépouillé de ses richesses. Il n’y a aujourd’hui plus que trois grands halls.
Le hall Baiyi : parmi les objets culturels du monastère Shaolin, nombreux sont ceux qui se réfèrent à la boxe Shaolin, surtout les peintures murales du hall « Baiyi », montrant 30 moines, divisés en 15 couples, qui s’entraînent à la boxe. Ces scènes sont illustrées si bien, qu’on a l’impression d’y être mêlé et l’on se surprend à attendre que le bruit de l’entraînement résonne des murs. D’autres peintures murales montrent des moines lors de l’entraînement aux armes. Ces images anciennes, qui sont peintes directement sur l’enduit rugueux des murs, constituent un patrimoine de grande valeur quant aux vieux arts de combat du monastère Shaolin. Malgré de nombreux essais de conserver les anciennes fresques, le climat humide a déjà détruit une partie des images.
A l’endroit où l’on enseignait des siècles durant le kung-fu aux moines, se trouve aujourd’hui une grande pagode, pourvue d’une lourde cloche. L’ancien terrain d’entraînement des moines Shaolin fut la victime de cette innovation et les moines s’entraînent maintenant en dehors du monastère.
A Ali
Nous étions moines épris d’éternité,
Elèves de Tuo Ba, le confident des dieux,
Mon cœur près de tien rejoignait les cieux
Rempli d’amour sacré, frappé par ta beauté !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 9 novembre 2009
Glose :
Shaolin : célèbre monastère bouddhique chinois. Au temps de la dynastie Wei septentrionale (386-581 ap. J.-C.), l’empereur Xiao Wen a fait construire vers 495 ap. J.-C. le monastère Shaolin en l’honneur du moine indien Tuo Ba. Le célèbre moine mendiant Ta Mo, appelé Bodhidharma (celui qui enseigne la sagesse) prêcha vers 527 ap. J.-C., pour la première fois, le bouddhisme contemplatif chan, connu au Japon comme bouddhisme zen. Suivant la légende, Ta Mo commença par enseigner aux moines du monastère l’éducation physique et les techniques de combat. Au fil des années, il en résulta un art effectif. Le monastère Shaolin fut donc le lieu d’origine du bouddhisme chan (zen) qui est enseigné aujourd’hui encore dans ces murs sacrés.
On entre dans le monastère par un immense portail. On aperçoit d’abord les grands halls et les pavillons qui pourraient tous raconter une histoire en raison de leur existence millénaire. Le monastère Shaolin est composé de sept bâtiments principaux:
1. Le portail d’entrée gigantesque
2. Le hall Han-Wang
3. Le hall Daxiong-Bao
4. Le pavillon Cangjing
5. L’abbaye
6. Le pavillon Dharma
7. Le hall Gianfo
Le monastère est situé à environ 80 km au sud-ouest de la ville chinoise Zhengzhou, en plein milieu de la province septentrionale Henan, au pied du Songshan, l’une des cinq montagnes sacrées de Chine, au nord du mont Saoshi, dans une forêt touffue, d’où le nom Shaolin, qui signifie « la forêt de Shao ».
En pénétrant davantage à l’intérieur du monastère, on passe de nombreuses plaques en pierre, placées à gauche et droite. Les inscriptions de ces plaques en pierre sont rédigées essentiellement par les célèbres calligraphes des dynasties Tang et Song. On trouve ainsi, déjà assez pâlie et rongée par le temps, la plaque en pierre dédiée à l’abbé du monastère Shaolin, écrite par l’empereur Taizong (627-649) de la dynastie Tang. « Loué soit Guânyîn » (le fameux bodhisattva), écrit le célèbre auteur chinois Su Dongpo (1037-1101) de la dynastie Song sur une autre plaque.
Le pavillon Cangjing fait partie des bâtiments les plus importants pour les moines du monastère, puisque c’est ici que sont gardés les Sûtras bouddhiques, qui représentent le fondement de leur religion. Le portail d’entrée du monastère présente quatre pentes de toit inclinées vers le haut sous lesquelles se trouve une plaque avec une inscription en or « Monastère de Shaolin », écrite pendant la dynastie Ging par l’empereur Kangxi (1662-1721).
Le bâtiment principal du monastère, le Hall des mille Bouddhas, s’appelle Gianfo en chinois. L’inscription au portail de ce vieux hall dit: « Les sages de l’ouest ». Ce hall fut construit au temps de la dynastie Ming. Ses piliers de soutien, qui ressemblent à des parapluies, finissent en des corniches remontées recouvertes de tuiles peintes en vert. On peut voir de nombreuses peintures murales qui se rapportent toutes, sans exception, aux 500 Sublimes ou Vénérables (Luohans en chinois, des êtres parvenus au plus haut degré de libération).
Pendant l’histoire millénaire du monastère, ce haut lieu de kung-fu et de bouddhisme fut trois fois réduit en cendres et dépouillé de ses richesses. Il n’y a aujourd’hui plus que trois grands halls.
Le hall Baiyi : parmi les objets culturels du monastère Shaolin, nombreux sont ceux qui se réfèrent à la boxe Shaolin, surtout les peintures murales du hall « Baiyi », montrant 30 moines, divisés en 15 couples, qui s’entraînent à la boxe. Ces scènes sont illustrées si bien, qu’on a l’impression d’y être mêlé et l’on se surprend à attendre que le bruit de l’entraînement résonne des murs. D’autres peintures murales montrent des moines lors de l’entraînement aux armes. Ces images anciennes, qui sont peintes directement sur l’enduit rugueux des murs, constituent un patrimoine de grande valeur quant aux vieux arts de combat du monastère Shaolin. Malgré de nombreux essais de conserver les anciennes fresques, le climat humide a déjà détruit une partie des images.
A l’endroit où l’on enseignait des siècles durant le kung-fu aux moines, se trouve aujourd’hui une grande pagode, pourvue d’une lourde cloche. L’ancien terrain d’entraînement des moines Shaolin fut la victime de cette innovation et les moines s’entraînent maintenant en dehors du monastère.
Radko Radkov (en slovaque/chèque)
SLOVAQUE / CHEQUE:
RADKO RADKOV
In memoriam
Ja sa obraciam k tebe,
Pod rúškom tichej sezóny smútku,
Čisté obdobie,
Ktoré nám vzalo
Každú nádej
A dalo koniec
Všetkým našim túžbam.
Ja ťa prosím,
Sezóna veštená,
Ľúbiaca spoločníčka môjho priateľa,
Uťeš ma
Teraz, keď voda prestala tiecť
Blýskavom odraze jeho slov
I svetlo ostalo bez svetla.
Ó, vietor priezračný,
Poď, odnes prach,
Ktorý pokryl
Šťastné dni mojej pamäti !
Príď, výdych antický
K nepoznajúcim čas anjelom,
Zatvor kalichy bielym ružiam
Na zemi, ktorá prijala
V svojom nežnom teple
Priezračného speváka večnosti.
Atanse Vanchev de Thracy
V Pariži 3 októbra 2009
Traduit en slovaque/chèque par Vladislav Badalov
RADKO RADKOV
In memoriam
Ja sa obraciam k tebe,
Pod rúškom tichej sezóny smútku,
Čisté obdobie,
Ktoré nám vzalo
Každú nádej
A dalo koniec
Všetkým našim túžbam.
Ja ťa prosím,
Sezóna veštená,
Ľúbiaca spoločníčka môjho priateľa,
Uťeš ma
Teraz, keď voda prestala tiecť
Blýskavom odraze jeho slov
I svetlo ostalo bez svetla.
Ó, vietor priezračný,
Poď, odnes prach,
Ktorý pokryl
Šťastné dni mojej pamäti !
Príď, výdych antický
K nepoznajúcim čas anjelom,
Zatvor kalichy bielym ružiam
Na zemi, ktorá prijala
V svojom nežnom teple
Priezračného speváka večnosti.
Atanse Vanchev de Thracy
V Pariži 3 októbra 2009
Traduit en slovaque/chèque par Vladislav Badalov
KUZERU (en espagnol)
KIZERU
Sabishii zo hitori go-hon no yubi o hiraite miru
(Tan sólo / abro para ver / mis cinco dedos)
Hosai Ozaki.
¡He aquí al compás
de escuchar el tiempo!
¡ Me es dulce, Michio mi Amigo,
que me es agradable sentir
en las grandes profundidades de mi corazón
la decadencia de las horas!
¡Está lleno de embriaguez
el sabor de las cosas inconclusas!
II.
¡ La nieve fuera,
La nieve tan sedosa, tan blanca
como lo espuma de los ríos!
¡ Oh Michio,
Cómo amo
la ternura fricativa
de los copos
fuera!
III.
¡ Aquí, esta tarde, delante de mí, cerca de mí,
el candente ,
el voluptuoso embotamiento del fuego!
Aun veo , Michio,
en mi mano
que palpita de embriaguez amorosa,
tu antiguo kizeru de plata.
¡ No, Michio, no!
No murieron, mi Amigo,
estos extáticos jinetes nipones
cincelados de tanta hablidad.
Estos campesinos vigorosos,
estas mujeres elegantes
al pie de Kaigahira-yama.
IV.
¡ Un lugar, Michio, una ciudad amada,
una senda entranable por nuestras almas que corre
bajo el peso dulce de los cerezos.
Una casa alegre, un cielo de iris
que la mano del Dios del amor
ha marcado para siempre s
obre el mapa de nuestros corazones!
Athanase Vantchev de Thracy
París, el 6 de noviembre de 2009
Glosa:
Kizeru (n.m).: pipa tradicional japonesa. A diferencia de la pipa occidental, el kizeru tiene una boca más pequeña y es más larga. Es fabricado en su mayoría con bambú. El kizeru es utilizado más para fumar opio, el haschich y la marihuana que tabaco. El nombre kizeru deriva de la palabra ksher de la lengua jemer de Camboya, debido a las grandes culturas de cáñamo en este país.
Teniendo trozos metálicos, el kizeru puede también ser utilizado como un arma ofensiva, un uso que vio la luz donde bandidos atacaban a sus víctimas con estas pipas. El arte de manejar el kizeru como un arma se llama: kiseru-jutsu. Kiseru especial para este arte de combate mide 1 metro 20 de longitud.
Hosai Ozaki (1885-1926): de los más bondadosos dueños del haïku. La poesía parece haber sido la sola tabla de salvación de este náufrago de la vida. Discípulo y amigo de Seisensui Ogiwara, que preconizaba un haïku libre, intentó primero, durante algunos años, integrarse en la sociedad. Entró en una compañía de seguros en 1912, después de estudios sólidos. La dejó en 1920, e intentó ir a hacer fortuna en Corea y en Manchuria. Enfermo y arruinado, volvió a Japón en 1923. Abandonando familia y oficio, comenzó entonces una vida de vagabundeo para evitar un dolor moral que lo roía. Acaba su existencia miserable en la pequeña isla Shodo de la Mer Intérieure, el 7 de abril de 1926.
Michio: nombre japonés que significa " el hombre que posee la fuerza de tres mil personas ".
Kaigahira-yama: el punto más elevado de la ciudad de Nara. Nara fue durante el siglo VIII la capital de Japón bajo el nombre de Heijô-kyô o Heizei-kyô, desde su fundación en 710 ap. J.-C ., en el momento del acceso al trono de la emperatriz Genmei, hasta 784, es decir durante época Nara. Representó la primera verdadera capital del país. Antes 710, las capitales se desplazaban de reino en reino. En efecto, según las antiguas concepciones del sintoísmo, la muerte constituía la impureza más grave. Cuando se trataba de la muerte del soberano, entonces la impureza golpeaba la capital; había pues destruir los palacios y reconstruirlos en otro lugar. Al principio del siglo VIII, comprendimos que había que crear un centro más duradero para el gobierno y la administración del Estado.
Sabishii zo hitori go-hon no yubi o hiraite miru
(Tan sólo / abro para ver / mis cinco dedos)
Hosai Ozaki.
¡He aquí al compás
de escuchar el tiempo!
¡ Me es dulce, Michio mi Amigo,
que me es agradable sentir
en las grandes profundidades de mi corazón
la decadencia de las horas!
¡Está lleno de embriaguez
el sabor de las cosas inconclusas!
II.
¡ La nieve fuera,
La nieve tan sedosa, tan blanca
como lo espuma de los ríos!
¡ Oh Michio,
Cómo amo
la ternura fricativa
de los copos
fuera!
III.
¡ Aquí, esta tarde, delante de mí, cerca de mí,
el candente ,
el voluptuoso embotamiento del fuego!
Aun veo , Michio,
en mi mano
que palpita de embriaguez amorosa,
tu antiguo kizeru de plata.
¡ No, Michio, no!
No murieron, mi Amigo,
estos extáticos jinetes nipones
cincelados de tanta hablidad.
Estos campesinos vigorosos,
estas mujeres elegantes
al pie de Kaigahira-yama.
IV.
¡ Un lugar, Michio, una ciudad amada,
una senda entranable por nuestras almas que corre
bajo el peso dulce de los cerezos.
Una casa alegre, un cielo de iris
que la mano del Dios del amor
ha marcado para siempre s
obre el mapa de nuestros corazones!
Athanase Vantchev de Thracy
París, el 6 de noviembre de 2009
Glosa:
Kizeru (n.m).: pipa tradicional japonesa. A diferencia de la pipa occidental, el kizeru tiene una boca más pequeña y es más larga. Es fabricado en su mayoría con bambú. El kizeru es utilizado más para fumar opio, el haschich y la marihuana que tabaco. El nombre kizeru deriva de la palabra ksher de la lengua jemer de Camboya, debido a las grandes culturas de cáñamo en este país.
Teniendo trozos metálicos, el kizeru puede también ser utilizado como un arma ofensiva, un uso que vio la luz donde bandidos atacaban a sus víctimas con estas pipas. El arte de manejar el kizeru como un arma se llama: kiseru-jutsu. Kiseru especial para este arte de combate mide 1 metro 20 de longitud.
Hosai Ozaki (1885-1926): de los más bondadosos dueños del haïku. La poesía parece haber sido la sola tabla de salvación de este náufrago de la vida. Discípulo y amigo de Seisensui Ogiwara, que preconizaba un haïku libre, intentó primero, durante algunos años, integrarse en la sociedad. Entró en una compañía de seguros en 1912, después de estudios sólidos. La dejó en 1920, e intentó ir a hacer fortuna en Corea y en Manchuria. Enfermo y arruinado, volvió a Japón en 1923. Abandonando familia y oficio, comenzó entonces una vida de vagabundeo para evitar un dolor moral que lo roía. Acaba su existencia miserable en la pequeña isla Shodo de la Mer Intérieure, el 7 de abril de 1926.
Michio: nombre japonés que significa " el hombre que posee la fuerza de tres mil personas ".
Kaigahira-yama: el punto más elevado de la ciudad de Nara. Nara fue durante el siglo VIII la capital de Japón bajo el nombre de Heijô-kyô o Heizei-kyô, desde su fundación en 710 ap. J.-C ., en el momento del acceso al trono de la emperatriz Genmei, hasta 784, es decir durante época Nara. Representó la primera verdadera capital del país. Antes 710, las capitales se desplazaban de reino en reino. En efecto, según las antiguas concepciones del sintoísmo, la muerte constituía la impureza más grave. Cuando se trataba de la muerte del soberano, entonces la impureza golpeaba la capital; había pues destruir los palacios y reconstruirlos en otro lugar. Al principio del siglo VIII, comprendimos que había que crear un centro más duradero para el gobierno y la administración del Estado.
dimanche 8 novembre 2009
OKIMONO
OKIMONO
A Ali
Il fait jour,
C’est le moment, mon Ami,
Où j’accueille la lumière de l’aube
Encore toute mouillée
Des larmes des étoiles !
Je contemple la petite statuette d’ivoire
De la déesse Kannon
Posée près de la fenêtre.
Cette petite figurine frêle
Qui enferme dans son sourire radieux
La totalité divine
De l’univers.
Sa grâce légère
Semble dicter au monde
Son céleste ordonnancement,
L’engrangement divin
De toute la diversité de l’univers.
Et soudain, je me mets à trembler
Comme si mon corps
Etait tombé, au plus profond de ses fibres,
Dans une ardente effervescence.
Et je ressens,
Malgré toute la dispersion,
Tout l’éclatement de mes pensées,
Le flux éternel de chaque chose,
L’impalpable, le tendre
Ecoulement perpétuel du monde,
Son inextinguible volonté de perfection,
Sa transformation incessante !
Ah, mon Ami, la poésie et les dieux
Savent si bien prolonger
L’état même de la vie,
Les brûlures de ses actions,
La frontalité de son déroulement !
Ô déesse de l’inégalable miséricorde,
Déesse de l’amour invincible,
Je te prie,
Veille, déesse qui voit tout,
Qui sait tout,
Sur l’âme de mes amis
Vivants et trépassés !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 8 novembre 2009
Glose :
Okimono (n.m.) : petite sculpture japonaise, comparable à un netsuke mais en plus grand. Contrairement au netsuke qui sert d'attache sur le kimono, un okimono est purement décoratif.
Traditionnellement l'okimono est présenté dans le tokonoma, la petite alcôve située dans la pièce de réception d’une maison japonaise.
On ne peut parler de l’un sans évoquer l’autre. Et pour cause ! Ils se ressemblent terriblement. L’okimono et le netsuke sont des statuettes réalisées le plus souvent en ivoire, produites par les mêmes artisans japonais. Ils partagent des techniques décoratives et des thèmes identiques. Tous deux puisent au répertoire des déesses et des dieux nippons, du bestiaire animalier et des petits métiers japonais. Virtuosité, multiplicité des détails et humour président à leur exécution. Mais, alors que le netsuke est l’accessoire du vêtement traditionnel – il sert à fixer les menus objets du quotidien à la ceinture du kimono, privé de poches –, l’okimono n’a aucune fonction utilitaire. Il est conçu comme une simple statuette décorative souvent plus grande, une sorte de netsuke sans himotoshi, ce petit canal qui sert à glisser la cordelette maintenant à la ceinture les sagemonos, littéralement les «objets suspendus».
Kannon (n.f.) : déesse japonaise. Pour comprendre son essence, il faut connaître la vie du bodhisattva Avalokiteshvara dont le nom signifie littéralement « le seigneur qui observe ». Son nom chinois est Guânshìyîn ou Guânyîn, son nom japonais Kannon. Il est sans doute le bodhisattva le plus vénéré et le plus populaire parmi les bouddhistes du Grand véhicule. Bodhisattva : dans le bouddhisme, le terme de bodhisattva désigne des aspirants à l'éveil.
Bodhisattva protéiforme et syncrétique (il peut représenter tous les autres bodhisattvas), incarnant la compassion ultime, il est féminin en Chine et au Japon ; au Tibet, le Dalaï-lama est considéré comme sa réincarnation.
Le bodhisattva apparaît dans le vingt-cinquième chapitre Sûtra du Lotus de la Bonne Loi, un des plus importants livres du Mahâyâna, probablement rédigé au nord-ouest de l'Inde. Dans le monde chinois, la traduction qui a fait autorité est celle du moine koutchéen Kumârajîva (344-413 ap. J.-C.). Le Bouddha expose qu'une grande figure se dresse pour aider toute personne en difficulté. Cette figure entend toute personne qui prononce son nom. Il est donc « Celui qui considère les appels ». En chinois, guân signifie « qui considère, qui tourne son regard vers » et yîn est le son ou plutôt l'incantation. Avalokiteshvara peut prendre trente-trois formes: celles d'un bouddha, d'un bodhisattva, d'un brahmane, d'un Roi Céleste et même d'une femme. Le Sûtra du Lotus expose ensuite des cas où il peut intervenir. Il protège de la magie noire, des bêtes féroces ou des serpents qui tuent par le regard.
A la suite de sa pénétration en Chine, Avalokiteshvara a fait l'objet d'une féminisation de plus en plus fréquente, devenue définitive sous les empereurs Song. C'est aussi principalement sous forme féminine qu'il s'est implanté au Japon. Importante déité en Chine, Guânyîn y a joint à sa nature de bodhisattva celle d'une déesse de la religion populaire, comptée par le taoïsme au nombre des immortels. Elle est invoquée comme protectrice dans la vie quotidienne, particulièrement en faveur des enfants et des marins, et comme libératrice spirituelle des trépassés ou des âmes égarées.
Similitudes avec le culte marial :
L’image de Guânyîn offre une certaine ressemblance avec celle de la Vierge Marie. Ce fait est parfois exploité dans un but de syncrétisme ou d'œcuménisme. Au Japon, sous les Tokugawa, des chrétiens se sont mis à adorer des statues mariales à l’aspect de Kannon (Maria Kannon) pour échapper aux persécutions. Ces statues portent la marque d’une croix à un endroit peu visible.
Avalokiteshvara au Japon :
Au Japon, on compte pas moins de 33 formes de Kannon (Kanzeon, Kanjizaï) qui ont donné lieu à un des pèlerinages les plus célèbres du Japon.
Parmi ces 33 formes, 6 sont plus particulièrement connues et correspondent aux 6 mondes du Kâmaloka (dans le bouddhisme, le Monde du désir) :
Shô Kannon : forme principale avec un lotus dans une main
Jûichimen Kannon : Avalokiteshvara à onze têtes
Senju Kannon : Avalokiteshvara aux mille bras
Nyoirin Kannon: Avalokiteshvara à la roue de joyau qui satisfait tous les désirs
Juntei Kannon « la pure » qui sauve les âmes
Batô Kannon représentée avec une tête de cheval dans la coiffure, parfois considérée comme la forme irritée du bodhisattva Bikuchi. Elle est « Celle qui fronce les sourcils ».
Kannon est à l'origine du nom de la société Canon.
A Ali
Il fait jour,
C’est le moment, mon Ami,
Où j’accueille la lumière de l’aube
Encore toute mouillée
Des larmes des étoiles !
Je contemple la petite statuette d’ivoire
De la déesse Kannon
Posée près de la fenêtre.
Cette petite figurine frêle
Qui enferme dans son sourire radieux
La totalité divine
De l’univers.
Sa grâce légère
Semble dicter au monde
Son céleste ordonnancement,
L’engrangement divin
De toute la diversité de l’univers.
Et soudain, je me mets à trembler
Comme si mon corps
Etait tombé, au plus profond de ses fibres,
Dans une ardente effervescence.
Et je ressens,
Malgré toute la dispersion,
Tout l’éclatement de mes pensées,
Le flux éternel de chaque chose,
L’impalpable, le tendre
Ecoulement perpétuel du monde,
Son inextinguible volonté de perfection,
Sa transformation incessante !
Ah, mon Ami, la poésie et les dieux
Savent si bien prolonger
L’état même de la vie,
Les brûlures de ses actions,
La frontalité de son déroulement !
Ô déesse de l’inégalable miséricorde,
Déesse de l’amour invincible,
Je te prie,
Veille, déesse qui voit tout,
Qui sait tout,
Sur l’âme de mes amis
Vivants et trépassés !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 8 novembre 2009
Glose :
Okimono (n.m.) : petite sculpture japonaise, comparable à un netsuke mais en plus grand. Contrairement au netsuke qui sert d'attache sur le kimono, un okimono est purement décoratif.
Traditionnellement l'okimono est présenté dans le tokonoma, la petite alcôve située dans la pièce de réception d’une maison japonaise.
On ne peut parler de l’un sans évoquer l’autre. Et pour cause ! Ils se ressemblent terriblement. L’okimono et le netsuke sont des statuettes réalisées le plus souvent en ivoire, produites par les mêmes artisans japonais. Ils partagent des techniques décoratives et des thèmes identiques. Tous deux puisent au répertoire des déesses et des dieux nippons, du bestiaire animalier et des petits métiers japonais. Virtuosité, multiplicité des détails et humour président à leur exécution. Mais, alors que le netsuke est l’accessoire du vêtement traditionnel – il sert à fixer les menus objets du quotidien à la ceinture du kimono, privé de poches –, l’okimono n’a aucune fonction utilitaire. Il est conçu comme une simple statuette décorative souvent plus grande, une sorte de netsuke sans himotoshi, ce petit canal qui sert à glisser la cordelette maintenant à la ceinture les sagemonos, littéralement les «objets suspendus».
Kannon (n.f.) : déesse japonaise. Pour comprendre son essence, il faut connaître la vie du bodhisattva Avalokiteshvara dont le nom signifie littéralement « le seigneur qui observe ». Son nom chinois est Guânshìyîn ou Guânyîn, son nom japonais Kannon. Il est sans doute le bodhisattva le plus vénéré et le plus populaire parmi les bouddhistes du Grand véhicule. Bodhisattva : dans le bouddhisme, le terme de bodhisattva désigne des aspirants à l'éveil.
Bodhisattva protéiforme et syncrétique (il peut représenter tous les autres bodhisattvas), incarnant la compassion ultime, il est féminin en Chine et au Japon ; au Tibet, le Dalaï-lama est considéré comme sa réincarnation.
Le bodhisattva apparaît dans le vingt-cinquième chapitre Sûtra du Lotus de la Bonne Loi, un des plus importants livres du Mahâyâna, probablement rédigé au nord-ouest de l'Inde. Dans le monde chinois, la traduction qui a fait autorité est celle du moine koutchéen Kumârajîva (344-413 ap. J.-C.). Le Bouddha expose qu'une grande figure se dresse pour aider toute personne en difficulté. Cette figure entend toute personne qui prononce son nom. Il est donc « Celui qui considère les appels ». En chinois, guân signifie « qui considère, qui tourne son regard vers » et yîn est le son ou plutôt l'incantation. Avalokiteshvara peut prendre trente-trois formes: celles d'un bouddha, d'un bodhisattva, d'un brahmane, d'un Roi Céleste et même d'une femme. Le Sûtra du Lotus expose ensuite des cas où il peut intervenir. Il protège de la magie noire, des bêtes féroces ou des serpents qui tuent par le regard.
A la suite de sa pénétration en Chine, Avalokiteshvara a fait l'objet d'une féminisation de plus en plus fréquente, devenue définitive sous les empereurs Song. C'est aussi principalement sous forme féminine qu'il s'est implanté au Japon. Importante déité en Chine, Guânyîn y a joint à sa nature de bodhisattva celle d'une déesse de la religion populaire, comptée par le taoïsme au nombre des immortels. Elle est invoquée comme protectrice dans la vie quotidienne, particulièrement en faveur des enfants et des marins, et comme libératrice spirituelle des trépassés ou des âmes égarées.
Similitudes avec le culte marial :
L’image de Guânyîn offre une certaine ressemblance avec celle de la Vierge Marie. Ce fait est parfois exploité dans un but de syncrétisme ou d'œcuménisme. Au Japon, sous les Tokugawa, des chrétiens se sont mis à adorer des statues mariales à l’aspect de Kannon (Maria Kannon) pour échapper aux persécutions. Ces statues portent la marque d’une croix à un endroit peu visible.
Avalokiteshvara au Japon :
Au Japon, on compte pas moins de 33 formes de Kannon (Kanzeon, Kanjizaï) qui ont donné lieu à un des pèlerinages les plus célèbres du Japon.
Parmi ces 33 formes, 6 sont plus particulièrement connues et correspondent aux 6 mondes du Kâmaloka (dans le bouddhisme, le Monde du désir) :
Shô Kannon : forme principale avec un lotus dans une main
Jûichimen Kannon : Avalokiteshvara à onze têtes
Senju Kannon : Avalokiteshvara aux mille bras
Nyoirin Kannon: Avalokiteshvara à la roue de joyau qui satisfait tous les désirs
Juntei Kannon « la pure » qui sauve les âmes
Batô Kannon représentée avec une tête de cheval dans la coiffure, parfois considérée comme la forme irritée du bodhisattva Bikuchi. Elle est « Celle qui fronce les sourcils ».
Kannon est à l'origine du nom de la société Canon.
samedi 7 novembre 2009
KIZERU
KIZERU
Sabishii zo hitori go-hon no yubi o hiraite miru
(Tellement seul / J'ouvre pour voir / Mes cinq doigts)
Hosai Ozaki
I.
Me voici en mesure
D’écouter le temps !
Qu’il m’est doux, Michio mon Ami,
Qu’il m’est agréable de sentir
Dans les grandes profondeurs de mon cœur
Le déclin des heures !
Qu’il est plein d’ivresse
Le goût des choses inachevées !
II.
La neige dehors,
La neige aussi soyeuse, aussi blanche
Que l’écume des ruisseaux !
Ô Michio,
Comme j’aime
La tendresse chuintante
Des flocons
Dehors !
III.
Ici, ce soir, devant moi, près de moi,
La chaude,
La voluptueuse hébétude du feu !
Je vis encore, Michio,
Je tiens dans ma main
Palpitant d’ivresse amoureuse
Ton antique kizeru en argent.
Non, Michio, non !
Ils ne sont pas morts, mon Ami,
Ces extatiques cavaliers nippons
Ciselés avec tant d’habilité,
Ces paysans vigoureux,
Ces femmes élégantes
Au pied de Kaigahira-yama.
IV.
Un lieu, Michio, une ville aimée,
Un sentier cher à nos âmes qui court
Sous le doux poids des cerisiers,
Une maison de joie, un ciel d’iris
Que la main du dieu de l’amour
A marqués à jamais
Sur la carte de nos cœurs !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 6 novembre 2009
Glose :
Kizeru (n.m.) : pipe traditionnelle japonaise. À la différence de la pipe occidentale, le kizeru a une plus petite bouche et est plus long. Il est fabriqué en majorité avec du bambou. Le kizeru est plus utilisé pour fumer de l’opium, du haschich et de la marijuana que du tabac. Le nom kizeru vient du mot ksher de la langue khmer du Cambodge, dû aux grandes cultures de chanvre dans ce pays.
Ayant des bouts métalliques, le kizeru peut aussi être utilisé comme une arme offensive, un usage qui a vu le jour où des bandits de grand chemin attaquaient leurs victimes avec ces pipes. L'art de manier le kizeru comme une arme s'appelle le kiseru-jutsu. Des kiseru spéciaux pour cet art de combat mesurent 1 mètre 20 de long.
Hosai Ozaki (1885-1926) : un des plus tendres des maîtres du haïku. La poésie semble avoir été la seule planche de salut de ce naufragé de la vie. Disciple et ami de Seisensui Ogiwara, qui préconisait un haïku libre, il tenta d'abord, pendant quelques années, de s'intégrer dans la société. Il entra dans une compagnie d'assurances en 1912, après de solides études. Il la quitta en 1920, et tenta d'aller faire fortune en Corée et en Mandchourie. Malade et ruiné, il rentra au Japon en 1923. Abandonnant famille et métier, il commença alors une vie d'errance et de vagabondage pour fuir une douleur morale qui le rongeait. Il finit son existence misérable sur la petite île Shodo de la Mer Intérieure, le 7 avril 1926.
Michio : prénom japonais qui signifie « l’homme qui possède la force de trois mille personnes ».
Kaigahira-yama : le point le plus élevé de la ville de Nara. Nara fut pendant le VIIIe siècle la capitale du Japon sous le nom de Heijô-kyô ou Heizei-kyô, depuis sa fondation en 710 ap. J.-C., lors de l'accès au trône de l'impératrice Genmei, jusqu'en 784, c'est à dire durant l’époque Nara. Elle représenta la première véritable capitale fixe du pays. Avant 710, les capitales se déplaçaient de royaume en royaume. En effet, selon les anciennes conceptions du shintoïsme, la mort constituait l'impureté la plus grave. Lorsqu'il s'agissait de la mort du souverain, alors l'impureté frappait la capitale ; il fallait donc détruire les palais et les reconstruire ailleurs. Au début du VIIIe siècle, on comprit qu'il fallait créer un centre plus durable pour le gouvernement et l'administration de l'État.
Sabishii zo hitori go-hon no yubi o hiraite miru
(Tellement seul / J'ouvre pour voir / Mes cinq doigts)
Hosai Ozaki
I.
Me voici en mesure
D’écouter le temps !
Qu’il m’est doux, Michio mon Ami,
Qu’il m’est agréable de sentir
Dans les grandes profondeurs de mon cœur
Le déclin des heures !
Qu’il est plein d’ivresse
Le goût des choses inachevées !
II.
La neige dehors,
La neige aussi soyeuse, aussi blanche
Que l’écume des ruisseaux !
Ô Michio,
Comme j’aime
La tendresse chuintante
Des flocons
Dehors !
III.
Ici, ce soir, devant moi, près de moi,
La chaude,
La voluptueuse hébétude du feu !
Je vis encore, Michio,
Je tiens dans ma main
Palpitant d’ivresse amoureuse
Ton antique kizeru en argent.
Non, Michio, non !
Ils ne sont pas morts, mon Ami,
Ces extatiques cavaliers nippons
Ciselés avec tant d’habilité,
Ces paysans vigoureux,
Ces femmes élégantes
Au pied de Kaigahira-yama.
IV.
Un lieu, Michio, une ville aimée,
Un sentier cher à nos âmes qui court
Sous le doux poids des cerisiers,
Une maison de joie, un ciel d’iris
Que la main du dieu de l’amour
A marqués à jamais
Sur la carte de nos cœurs !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 6 novembre 2009
Glose :
Kizeru (n.m.) : pipe traditionnelle japonaise. À la différence de la pipe occidentale, le kizeru a une plus petite bouche et est plus long. Il est fabriqué en majorité avec du bambou. Le kizeru est plus utilisé pour fumer de l’opium, du haschich et de la marijuana que du tabac. Le nom kizeru vient du mot ksher de la langue khmer du Cambodge, dû aux grandes cultures de chanvre dans ce pays.
Ayant des bouts métalliques, le kizeru peut aussi être utilisé comme une arme offensive, un usage qui a vu le jour où des bandits de grand chemin attaquaient leurs victimes avec ces pipes. L'art de manier le kizeru comme une arme s'appelle le kiseru-jutsu. Des kiseru spéciaux pour cet art de combat mesurent 1 mètre 20 de long.
Hosai Ozaki (1885-1926) : un des plus tendres des maîtres du haïku. La poésie semble avoir été la seule planche de salut de ce naufragé de la vie. Disciple et ami de Seisensui Ogiwara, qui préconisait un haïku libre, il tenta d'abord, pendant quelques années, de s'intégrer dans la société. Il entra dans une compagnie d'assurances en 1912, après de solides études. Il la quitta en 1920, et tenta d'aller faire fortune en Corée et en Mandchourie. Malade et ruiné, il rentra au Japon en 1923. Abandonnant famille et métier, il commença alors une vie d'errance et de vagabondage pour fuir une douleur morale qui le rongeait. Il finit son existence misérable sur la petite île Shodo de la Mer Intérieure, le 7 avril 1926.
Michio : prénom japonais qui signifie « l’homme qui possède la force de trois mille personnes ».
Kaigahira-yama : le point le plus élevé de la ville de Nara. Nara fut pendant le VIIIe siècle la capitale du Japon sous le nom de Heijô-kyô ou Heizei-kyô, depuis sa fondation en 710 ap. J.-C., lors de l'accès au trône de l'impératrice Genmei, jusqu'en 784, c'est à dire durant l’époque Nara. Elle représenta la première véritable capitale fixe du pays. Avant 710, les capitales se déplaçaient de royaume en royaume. En effet, selon les anciennes conceptions du shintoïsme, la mort constituait l'impureté la plus grave. Lorsqu'il s'agissait de la mort du souverain, alors l'impureté frappait la capitale ; il fallait donc détruire les palais et les reconstruire ailleurs. Au début du VIIIe siècle, on comprit qu'il fallait créer un centre plus durable pour le gouvernement et l'administration de l'État.
dimanche 1 novembre 2009
Radko Radkov (neerlandais)
RADKO RADKOV
In memoriam
"Zo is de Tijd. Hij wint onze vertrouwen, steelt ons
Onze jeugd, onze vreugde en alles wat wij bezitten
En ons betaalt alleen met een handvat aarde en stof."
Sir Walter Raleigh
Ik draai me om naar jou,
Seizoen gesluierd met treurigheid,
Puur seizoen,
Waar al onze hoop
Alle onze ambities,
Beëindigd hebben!
Ik doe beroep op jou
Scherpzinnig seizoen,
Geliefde vriendin van mijn vriend,
Troost me
Nu het water niet meer stroomt
In de pracht of zijn woorden
En het licht
Leeg van licht geworden is!
O rustig briesje,
Kom, droogt de stof af,
Die bedekt heeft
De gelukkige dagen van mijn geheugen
Kom, antieke adem van engelen zonder leeftijd,
En doe witte rozen bloeien
Op de aarde dat ontvangen heeft in haar zachte warmhartigheid
De transparante voorzanger van de eeuwigheid
Athanase Vantchev de Thracy
Parijs, 3 oktober 2009
Glose :
Sir Walter Raleigh (1552-1618): schrijver, dichter, officier en Engelse onderzoeker, onthoofd op 29 oktober 1618, in de Tower of London.
Traduit en neerlandais par Olivier Coppitiers
In memoriam
"Zo is de Tijd. Hij wint onze vertrouwen, steelt ons
Onze jeugd, onze vreugde en alles wat wij bezitten
En ons betaalt alleen met een handvat aarde en stof."
Sir Walter Raleigh
Ik draai me om naar jou,
Seizoen gesluierd met treurigheid,
Puur seizoen,
Waar al onze hoop
Alle onze ambities,
Beëindigd hebben!
Ik doe beroep op jou
Scherpzinnig seizoen,
Geliefde vriendin van mijn vriend,
Troost me
Nu het water niet meer stroomt
In de pracht of zijn woorden
En het licht
Leeg van licht geworden is!
O rustig briesje,
Kom, droogt de stof af,
Die bedekt heeft
De gelukkige dagen van mijn geheugen
Kom, antieke adem van engelen zonder leeftijd,
En doe witte rozen bloeien
Op de aarde dat ontvangen heeft in haar zachte warmhartigheid
De transparante voorzanger van de eeuwigheid
Athanase Vantchev de Thracy
Parijs, 3 oktober 2009
Glose :
Sir Walter Raleigh (1552-1618): schrijver, dichter, officier en Engelse onderzoeker, onthoofd op 29 oktober 1618, in de Tower of London.
Traduit en neerlandais par Olivier Coppitiers
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