dimanche 1 juin 2008

MURMURES DE L’ÂME

« Par la force de cette divine parole et par l'amour qui l'accompagnait… »

Marie d’Agreda,
La Cité mystique de Dieu



J’entends vos pas de fée dans les allées qui fuient
Vers le ciel où poussent les douces racines du temps !
Ô verte syntaxe de phrases qui rend plus clair le sang,
Algèbre de l’amour, grammaire de l’infini !

Mon livre d’ipomées, c’est toi, mon Prince de neige
Ma vérité de nacre, ma gerbe de sortilèges !

Athanase Vantchev de Thracy

A Rueil-Malmaison, ce dimanche 1er juin, Anno Domini MMVIII

Glose :

Marie d’Agreda (1602- 1665) : religieuse extatique, née à Agreda, ville de Castille, Espagne.
A l'éveil de sa raison, elle entend une voix intérieure qui lui dit : « Revenez à moi, quittez les choses terrestres »; à huit ans, elle a l'inspiration d'offrir à Dieu sa virginité: à douze ans, elle fait connaître à ses parents sa vocation religieuse. Sa mère reçoit la mission de fonder dans sa maison un monastère où elle entre le 16 août 1618 avec Marie et une autre fille; le père est reçu avec son fils chez les franciscains. On fait profession de religieuses déchaussées de la Conception immaculée de la Mère de Dieu, le 2 février 1620, devant le père devenu le Frère du très Saint-Sacrement. Alors commence pour Marie une existence de visions presque continuelles : d'abord, la Reine des anges lui apparaît tenant son Fils sous la forme d'un très bel enfant; à la Pentecôte suivante, une colombe toute rayonnante se montre à elle; Notre-Seigneur est vu d'elle dans l'appareil de sa Passion.
Elle est l’auteur d’un des plus beaux ouvrages que j’ai jamais lus, La Cité mystique de Dieu. Marie dit avoir reçu en 1627 l'ordre du Très-Haut d'écrire ce grand ouvrage qui est en réalité une vie de la très sainte Vierge, depuis le moment où la future Mère du Verbe incarné est conçue dans le plan divin jusqu'à son couronnement dans le ciel. L'ouvrage eut la destinée la plus extraordinaire : d'abord un confesseur ordonna à Marie de le brûler ; elle le recomposa en 1651 à peu près semblable à la copie qu'avait conservée Philippe IV; il parut à Madrid en 1670 avec de nombreuses approbations: en 1681, l'Index le censura, mais, sur la demande du roi d'Espagne, le décret ne fut pas inséré. Quand le livre eut été traduit en français, en 1691, Bossuet le critiqua vivement : « La prétention d'une nouvelle révélation de tant de sujets inconnus doit faire tenir le livre pour suspect... Tous les contes qui sont ramassés dans les livres les plus apocryphes sont ici proposés comme divins et on y en ajoute une infinité d'autres avec une affirmation et une témérité étonnantes.» La Faculté de Paris censura plusieurs propositions en 1697; par contre, en 1715, l'Université de Louvain « y trouve ce qu'il y a de plus sublime dans la théologie ».
En 1718, le pape Benoît XIV ordonna l'examen de son livre en vue de la reprise du procès de béatification commencé en 1668 qui n'a pas abouti.

Ipomée (n.f.) : ces fleurs forment le genre Ipomoea comptant environ 500 espèces de plantes volubiles, d'arbustes ou d'arbre de la famille des Convolvulacées. Certaines études (D. Austin, 1997) en recensent entre 600 et 700 dont plus de la moitié sont originaires d’Amérique du Nord ou du Sud.

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