The Smell Of Wet Earth
For Norton Hodges
‘Art is made to represent the hidden meaning of things.’
Aristophanes
Norton, do you see us? We’re living right beside you,
Trees in blossom, bushes thronged with tiny birds,
Dark cellars full of precious wines,
Country roads edged with bindweed.
We breathe the same lilac air as you,
We swallow mouthfuls of light with the same heartiness.
Our memories are sheer and silent continents ,
Off their coasts our lips, strangers to all violence,
Sometimes gather, on the taciturn stones of evening,
Pure words of love,
Foam-crested rumours, accents
With the smell of wet earth.
Sometimes between our clear-seeing fingers, we take
The colours of rainbows
Which we give as gifts to the gardens of our poems,
To the pliable calligraphy of our disquietudes.
We are the old lockkeepers of eloquence,
Our hearts drunk on the blue of this world,
On waters infused with its verdant herbs,
Even now our throats are shrill-stringed instruments through which the unknown
Passes to the unknown the mysteries of ancient books.
Like magi, we have learned,
Through bloodletting and tears,
Behind our walled-up bodies
And our shadowless smiles
The sublime knowledge of how to embalm with sweet fragrances
Our wounds, our scars, the mutilated corpses of our sadnesses
And our comical wanderings.
Norton, we have both
Always worshipped the green velvet eyes
Of the young Infanta –
Poetry!
Paris, 22nd April 2010
Note: I spent today at the hospital. This poem was born in me with the same ease as a Bach fugue.
Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges
vendredi 23 avril 2010
jeudi 22 avril 2010
LE PARFUM HUMIDE DE LA TERRE
LE PARFUM HUMIDE DE LA TERRE
A Norton Hodges
« L’art est fait pour figurer le sens caché des choses. »
Aristophane
Nous vivons avec toi, Norton,
Arbres en fleurs, buissons peuplés de mésanges,
Caves obscures remplies de vins précieux,
Chemins de campagne bordés de liserons.
Nous respirons le même air lilas,
Nous buvons à belles gorgées la même lumière !
Au large des continents abrupts et muets de nos mémoires,
Nos lèvres, étrangères à toute violence,
Cueillent parfois, sur les pierres taciturnes des soirs,
Des purs mots d’amour,
Des rumeurs écumeuses, des accents
Au parfum humide de la terre.
Il arrive que nous prenions entre nos doigts clairvoyants
Les couleurs des arcs-en-ciel
Que nous faisons don aux jardins de nos poèmes,
A la flexible calligraphie de nos inquiétudes.
Nous, maîtres mûrs des écluses de l’éloquence,
Cœurs grisés de bleu et d’eau d’herbes,
Gorges aux grêles cordes intactes où l’inconnu
Livre à l’inconnu les mystères des livres antiques.
Thaumaturges, nous avons appris,
A force de saignées et de larmes,
Derrière l’emmurement de nos corps
Et le sans-ombre de nos sourires
Le sublime savoir d’embaumer nos blessures,
Nos cicatrices, les corps mutilés de nos tristesses
Et de nos errances comiques.
Nous, Norton,
Qui avons toujours aimé les yeux velours vert
De la poésie infante !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 22 avril 2010
J’ai passé ma journée à l’hôpital. Ces vers naquirent en moi avec l’aisance d’une fugue de Bach.
Glose :
Aristophane (en grec ancien Ἀριστοφάνης / Aristophánēs) : poète comique grec du Ve siècle av. J.-C., né dans le dème de Kydathénée vers 450–445 et mort vers 385 av. J.-C.
Il débuta jeune au théâtre, se fit connaître par deux pièces aujourd'hui perdues : Les Banqueteurs (427) et Les Babyloniens (426). Il écrivit de nombreuses comédies, dont la plupart ne nous sont connues que par des fragments. Onze nous sont parvenues : Les Acharniens (les habitants d’Acharne) (425) et La Paix (421), où l'auteur intervient franchement dans la politique et combat le parti de la guerre ; Les Cavaliers (424), où il attaque ouvertement Cléon, le tout puissant démagogue ; Les Nuées (423) où il raille Socrate ; Les Guêpes (422), où il tourne en ridicule l'organisation des tribunaux athéniens et les manies des juges ; Les Oiseaux (414), où il s'en prend aux utopies politiques et sociales, comme plus tard dans Lysistrata (411) et dans l'Assemblée des femmes (392), etc. Les Thesmophories (fête en l’honneur de la déesse Déméter) (411) et Les Grenouilles (405) sont des satires littéraires dirigés contre Euripide. Cependant, la hardiesse des poètes comiques, le retour au pouvoir du parti aristocratique, et les malheurs d'Athènes, avaient amené une réaction contre la liberté du théâtre. Cette réaction s'était dessinée déjà vers (412) et sous les Trente: elle aboutit vers 388 à une loi qui interdisait formellement les attaques contre les personnes. C'était l'arrêt de mort de la comédie ancienne. Aristophane tenta des voies nouvelles. Par Le Cocalos (nom du roi mythique des Sicanes) (388), (aujourd'hui perdu) et la seconde édition du Ploutos (dieu de la richesse), il inaugura la satire des mœurs, d'où devait sortir la comédie nouvelle des Athéniens.
Liseron (n.m.) : nom vernaculaire ambigu désignant en français certaines plantes herbacées vivaces à rhizome plus ou moins charnu, de la famille des Convolvulacées (du latin convolvere, « s'enrouler »), à tiges volubiles et feuilles en forme de flèche.
Thaumaturge (n.m.) : du grec thauma, « prodige » et ergon, « œuvre ». Personne qui fait des miracles.
A Norton Hodges
« L’art est fait pour figurer le sens caché des choses. »
Aristophane
Nous vivons avec toi, Norton,
Arbres en fleurs, buissons peuplés de mésanges,
Caves obscures remplies de vins précieux,
Chemins de campagne bordés de liserons.
Nous respirons le même air lilas,
Nous buvons à belles gorgées la même lumière !
Au large des continents abrupts et muets de nos mémoires,
Nos lèvres, étrangères à toute violence,
Cueillent parfois, sur les pierres taciturnes des soirs,
Des purs mots d’amour,
Des rumeurs écumeuses, des accents
Au parfum humide de la terre.
Il arrive que nous prenions entre nos doigts clairvoyants
Les couleurs des arcs-en-ciel
Que nous faisons don aux jardins de nos poèmes,
A la flexible calligraphie de nos inquiétudes.
Nous, maîtres mûrs des écluses de l’éloquence,
Cœurs grisés de bleu et d’eau d’herbes,
Gorges aux grêles cordes intactes où l’inconnu
Livre à l’inconnu les mystères des livres antiques.
Thaumaturges, nous avons appris,
A force de saignées et de larmes,
Derrière l’emmurement de nos corps
Et le sans-ombre de nos sourires
Le sublime savoir d’embaumer nos blessures,
Nos cicatrices, les corps mutilés de nos tristesses
Et de nos errances comiques.
Nous, Norton,
Qui avons toujours aimé les yeux velours vert
De la poésie infante !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 22 avril 2010
J’ai passé ma journée à l’hôpital. Ces vers naquirent en moi avec l’aisance d’une fugue de Bach.
Glose :
Aristophane (en grec ancien Ἀριστοφάνης / Aristophánēs) : poète comique grec du Ve siècle av. J.-C., né dans le dème de Kydathénée vers 450–445 et mort vers 385 av. J.-C.
Il débuta jeune au théâtre, se fit connaître par deux pièces aujourd'hui perdues : Les Banqueteurs (427) et Les Babyloniens (426). Il écrivit de nombreuses comédies, dont la plupart ne nous sont connues que par des fragments. Onze nous sont parvenues : Les Acharniens (les habitants d’Acharne) (425) et La Paix (421), où l'auteur intervient franchement dans la politique et combat le parti de la guerre ; Les Cavaliers (424), où il attaque ouvertement Cléon, le tout puissant démagogue ; Les Nuées (423) où il raille Socrate ; Les Guêpes (422), où il tourne en ridicule l'organisation des tribunaux athéniens et les manies des juges ; Les Oiseaux (414), où il s'en prend aux utopies politiques et sociales, comme plus tard dans Lysistrata (411) et dans l'Assemblée des femmes (392), etc. Les Thesmophories (fête en l’honneur de la déesse Déméter) (411) et Les Grenouilles (405) sont des satires littéraires dirigés contre Euripide. Cependant, la hardiesse des poètes comiques, le retour au pouvoir du parti aristocratique, et les malheurs d'Athènes, avaient amené une réaction contre la liberté du théâtre. Cette réaction s'était dessinée déjà vers (412) et sous les Trente: elle aboutit vers 388 à une loi qui interdisait formellement les attaques contre les personnes. C'était l'arrêt de mort de la comédie ancienne. Aristophane tenta des voies nouvelles. Par Le Cocalos (nom du roi mythique des Sicanes) (388), (aujourd'hui perdu) et la seconde édition du Ploutos (dieu de la richesse), il inaugura la satire des mœurs, d'où devait sortir la comédie nouvelle des Athéniens.
Liseron (n.m.) : nom vernaculaire ambigu désignant en français certaines plantes herbacées vivaces à rhizome plus ou moins charnu, de la famille des Convolvulacées (du latin convolvere, « s'enrouler »), à tiges volubiles et feuilles en forme de flèche.
Thaumaturge (n.m.) : du grec thauma, « prodige » et ergon, « œuvre ». Personne qui fait des miracles.
DES NOTES NAÏVES (en anglais)
NAIVE NOTES...
For Heydar Yaghma
They make me tremble with astonishment:
This song lost in itself
And this night where a hand seeks
The perfection of a sleeping face!
Naive notes which the translucent green of the wind
And the joyful yellow of the daisies,
Both besieged by the gentleness of dawn,
Scatter over the unpronounceable elegance of the hills.
Unnameable burgeoning of the possibilities of being,
Urgency of day to rush
Into the fine cracks of the soul!
The infinity of every word,
The sowing of the stream of syllables
Knocking against the innocent lucidity of a young heart!
You are struck dumb by a life beyond repair,
By the language of nasturtiums
And the lively scent of modest wallflowers,
You turn your face away
From the fainthearted brightness of a white morning
And you turn, gripped by the unanimity of so many rituals,
Towards the slow flowing of the age-old river!
For Heydar Yaghma
They make me tremble with astonishment:
This song lost in itself
And this night where a hand seeks
The perfection of a sleeping face!
Naive notes which the translucent green of the wind
And the joyful yellow of the daisies,
Both besieged by the gentleness of dawn,
Scatter over the unpronounceable elegance of the hills.
Unnameable burgeoning of the possibilities of being,
Urgency of day to rush
Into the fine cracks of the soul!
The infinity of every word,
The sowing of the stream of syllables
Knocking against the innocent lucidity of a young heart!
You are struck dumb by a life beyond repair,
By the language of nasturtiums
And the lively scent of modest wallflowers,
You turn your face away
From the fainthearted brightness of a white morning
And you turn, gripped by the unanimity of so many rituals,
Towards the slow flowing of the age-old river!
mercredi 21 avril 2010
DES NOTES NAIVES
DES NOTES NAÏVES…
A Heydar Yaghma
Ils me font trembler d’étonnement
Ce chant égaré en lui-même,
Cette nuit de la main qui cherche
La perfection d’un visage endormi !
Notes naïves que le vert translucide du vent
Et le jaune joyeux des pâquerettes,
Toutes assiégées de la douceur de l’aube,
Eparpillent sur l’imprononçable élégance des collines.
Innommable foisonnement des possibilités d’être,
Précipitation du jour
Dans les ténus interstices de l’âme !
Infini de chaque mot,
Ensemencement du ruisseau des syllabes
Qui frappent contre l’ingénue lucidité du jeune cœur !
Tu restes muet devant la vie irréparable,
Devant la langue des capucines
Et le vif parfum des pudiques giroflées,
Détournes ton visage
Du pusillanime éclat de la blancheur du matin
Et t’en retourne, saisi de tant de rites unanimes,
Vers le lent écoulement de la vieille rivière !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 20 avril 2010
Glose :
Heydar Yaghma (1926- 1986) : poète iranien. Il est enterré sur le site archéologique de Shadiyakh, entre la tombe d’Omar Khayyam et celle de Farid Al-Din Attar. Issu d'une famille modeste, il doit travailler dès son plus jeune âge pour subvenir à ses besoins et ne peut fréquenter l'école, ce qui ne l'empêche pas d'apprécier les grands poètes iraniens, tels que Ferdowsi. Il exerce le métier de maçon. À l'âge de trente ans, il s'installe en ville, se marie et fréquente des associations de lecture du Coran. Il y apprend à lire et rencontre des gens cultivés qui, séduits par ses poésies, l'encouragent à écrire et à publier. Il est l’auteur d’un célèbre recueil de poésie "Voyage parmi les ghazal de Yaghma" (1986), contenant près de 4500 strophes. Une partie de cet ouvrage sera reprise et intégrée au livre "Le maçon poète" paru en trois volumes en 1994 aux éditions Mohaqeq. Sa poésie traite en majeure partie de l'amour et véhicule les valeurs de la vie modeste et de la richesse intérieure.
A Heydar Yaghma
Ils me font trembler d’étonnement
Ce chant égaré en lui-même,
Cette nuit de la main qui cherche
La perfection d’un visage endormi !
Notes naïves que le vert translucide du vent
Et le jaune joyeux des pâquerettes,
Toutes assiégées de la douceur de l’aube,
Eparpillent sur l’imprononçable élégance des collines.
Innommable foisonnement des possibilités d’être,
Précipitation du jour
Dans les ténus interstices de l’âme !
Infini de chaque mot,
Ensemencement du ruisseau des syllabes
Qui frappent contre l’ingénue lucidité du jeune cœur !
Tu restes muet devant la vie irréparable,
Devant la langue des capucines
Et le vif parfum des pudiques giroflées,
Détournes ton visage
Du pusillanime éclat de la blancheur du matin
Et t’en retourne, saisi de tant de rites unanimes,
Vers le lent écoulement de la vieille rivière !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 20 avril 2010
Glose :
Heydar Yaghma (1926- 1986) : poète iranien. Il est enterré sur le site archéologique de Shadiyakh, entre la tombe d’Omar Khayyam et celle de Farid Al-Din Attar. Issu d'une famille modeste, il doit travailler dès son plus jeune âge pour subvenir à ses besoins et ne peut fréquenter l'école, ce qui ne l'empêche pas d'apprécier les grands poètes iraniens, tels que Ferdowsi. Il exerce le métier de maçon. À l'âge de trente ans, il s'installe en ville, se marie et fréquente des associations de lecture du Coran. Il y apprend à lire et rencontre des gens cultivés qui, séduits par ses poésies, l'encouragent à écrire et à publier. Il est l’auteur d’un célèbre recueil de poésie "Voyage parmi les ghazal de Yaghma" (1986), contenant près de 4500 strophes. Une partie de cet ouvrage sera reprise et intégrée au livre "Le maçon poète" paru en trois volumes en 1994 aux éditions Mohaqeq. Sa poésie traite en majeure partie de l'amour et véhicule les valeurs de la vie modeste et de la richesse intérieure.
dimanche 18 avril 2010
L'ESPERANCE (en espagnol)
LA ESPERANZA
" Si, velando como el mar,
es lo que tú sólo ves" .
Shafiee Kadkani
Hay aun,
y habrá siempre
un enigma de luz!
Flores y frutos,
ríos y montañas,
mares y continentes
se esmeran en dar
un nombre abierto,
un sentido incompleto,
un número intacto
a su presencia pura!
Dentro y fuera,
en el soplo del vacío,
en los paseos primaverales a caballo
de la plenitud desnuda,
a la única casa
blanqueada por voces inteligibles,
corazón a corazón con el acumulamiento de noches
y la fluidez de los días,
avanzamos hacia
el corazón refractario del poema!
Próximo e innominado,
el verdadero canto!
Somos los únicos
con los granos del aire
y las impetuosas espigas de las estrellas
al oír el relincho de la aurora,
los besos de la delicada palabra,
la música de la claridad inclinada
contra el rostro necesario del silencio?
Athanase Vantchev de Thracy
París, 16 de abril de 2010
Glosa:
Mohammad-Reza Shafiee Kadkani (nacido en 1939): uno de los más grandes poetas, y de los críticos literarios y traductores contemporáneos iraníes. Nació en Kadkan, un pueblo en las afueras de Nichapour, cuna de los destacados poetas Khayyâm y Attar. Esta ciudad espléndida y sus suntuosos jardines son objeto de un gran número de textos del poeta, nostálgico del pasado luminoso de Persia que todavía no había conocido el asalto de los tártaros. Kadkani es un rebelde poeta, que se considera guardián de la brillante civilización de la antigua Persia cual caracteriza la obra del poeta, en su inmensa erudición.
Janice Montouliu
" Si, velando como el mar,
es lo que tú sólo ves" .
Shafiee Kadkani
Hay aun,
y habrá siempre
un enigma de luz!
Flores y frutos,
ríos y montañas,
mares y continentes
se esmeran en dar
un nombre abierto,
un sentido incompleto,
un número intacto
a su presencia pura!
Dentro y fuera,
en el soplo del vacío,
en los paseos primaverales a caballo
de la plenitud desnuda,
a la única casa
blanqueada por voces inteligibles,
corazón a corazón con el acumulamiento de noches
y la fluidez de los días,
avanzamos hacia
el corazón refractario del poema!
Próximo e innominado,
el verdadero canto!
Somos los únicos
con los granos del aire
y las impetuosas espigas de las estrellas
al oír el relincho de la aurora,
los besos de la delicada palabra,
la música de la claridad inclinada
contra el rostro necesario del silencio?
Athanase Vantchev de Thracy
París, 16 de abril de 2010
Glosa:
Mohammad-Reza Shafiee Kadkani (nacido en 1939): uno de los más grandes poetas, y de los críticos literarios y traductores contemporáneos iraníes. Nació en Kadkan, un pueblo en las afueras de Nichapour, cuna de los destacados poetas Khayyâm y Attar. Esta ciudad espléndida y sus suntuosos jardines son objeto de un gran número de textos del poeta, nostálgico del pasado luminoso de Persia que todavía no había conocido el asalto de los tártaros. Kadkani es un rebelde poeta, que se considera guardián de la brillante civilización de la antigua Persia cual caracteriza la obra del poeta, en su inmensa erudición.
Janice Montouliu
samedi 17 avril 2010
PAROLES QUI AUGURENT LA JOIE
PAROLES QUI AUGURENT LA JOIE
« Oh ! Ce songe qui me vient, ce songe ! »
Sohrâb Sepehri
C’est pour vous,
C’est pour les rochers
Que le soir s’est fait si beau !
L’eau, contre les murs couleur d’aube,
Dessine, recueillie sur elle-même,
Les logogrammes de l’amour !
Plus clair est désormais
Le souffle des herbes,
Plus assonants les battements des mots,
Plus fine l’ocre léger du pays !
Plus vrais
Les petits sentiers de lumière
Que les larmes dessinent
Sur votre joue.
Syntaxe somptueuse de l’été
De ce côté-ci du fleuve,
Rétive et docile,
Ruisselante, enflammée !
Voix pleines des éclats
D’un regard nu,
D’une confiance absolue !
J’ai oublié le rubis du baiser,
J’ai égaré le saphir du poème
Que je voulais mettre
A votre doigt !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 17 avril 2010
Glose :
Sohrâb Sepehri (1928-1980) : un des grands poètes iraniens du XXe siècle. Contemporain, entre autres, d'Ahmad Shamlou, Forough Farrokhzad et Nima Yushij, il était également célèbre pour ses peintures. Sepehri était un voyageur. Il a fait de nombreux voyages en Europe et en Afrique, a vécu un an aux États-Unis puis deux en France. Sepehri avait une écriture très particulière. Les grands thèmes de son œuvre sont la nature, l'amitié et le sens de la vie. C'est en hommage à Sepehri qu'Abbas Kiarostami réalisa en 1987 « Où est la maison de mon ami ? » (« Khané-yé doust kodjast ? »), un film portant le titre d'un de ses poèmes.
Son œuvre a été partiellement traduite en français par Daryush Shayegan et Mahshid Moshiri.
Logogramme ou idéogramme (n.m.) : un idéogramme est un symbole graphique représentant un mot ou une idée utilisé dans certaines langues vivantes comme le chinois et le japonais ou anciennes, comme les hiéroglyphes de l'Égypte antique. Le terme de logogramme est préféré pour sa plus grande clarté. Il faut les différencier des pictogrammes qui représentent une chose concrète par un dessin et des phonogrammes qui représentent un son.
« Oh ! Ce songe qui me vient, ce songe ! »
Sohrâb Sepehri
C’est pour vous,
C’est pour les rochers
Que le soir s’est fait si beau !
L’eau, contre les murs couleur d’aube,
Dessine, recueillie sur elle-même,
Les logogrammes de l’amour !
Plus clair est désormais
Le souffle des herbes,
Plus assonants les battements des mots,
Plus fine l’ocre léger du pays !
Plus vrais
Les petits sentiers de lumière
Que les larmes dessinent
Sur votre joue.
Syntaxe somptueuse de l’été
De ce côté-ci du fleuve,
Rétive et docile,
Ruisselante, enflammée !
Voix pleines des éclats
D’un regard nu,
D’une confiance absolue !
J’ai oublié le rubis du baiser,
J’ai égaré le saphir du poème
Que je voulais mettre
A votre doigt !
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 17 avril 2010
Glose :
Sohrâb Sepehri (1928-1980) : un des grands poètes iraniens du XXe siècle. Contemporain, entre autres, d'Ahmad Shamlou, Forough Farrokhzad et Nima Yushij, il était également célèbre pour ses peintures. Sepehri était un voyageur. Il a fait de nombreux voyages en Europe et en Afrique, a vécu un an aux États-Unis puis deux en France. Sepehri avait une écriture très particulière. Les grands thèmes de son œuvre sont la nature, l'amitié et le sens de la vie. C'est en hommage à Sepehri qu'Abbas Kiarostami réalisa en 1987 « Où est la maison de mon ami ? » (« Khané-yé doust kodjast ? »), un film portant le titre d'un de ses poèmes.
Son œuvre a été partiellement traduite en français par Daryush Shayegan et Mahshid Moshiri.
Logogramme ou idéogramme (n.m.) : un idéogramme est un symbole graphique représentant un mot ou une idée utilisé dans certaines langues vivantes comme le chinois et le japonais ou anciennes, comme les hiéroglyphes de l'Égypte antique. Le terme de logogramme est préféré pour sa plus grande clarté. Il faut les différencier des pictogrammes qui représentent une chose concrète par un dessin et des phonogrammes qui représentent un son.
vendredi 16 avril 2010
L'ESPERANCE
L’ESPÉRANCE
« Si, veillant comme la mer,
C’est toi seul qui vois. »
Shafiee Kadkani
Il y a déjà, il y a encore,
Il y aura toujours
L’énigme de la lumière !
Fleurs et fruits,
Fleuves et montagnes,
Mers et continents
S’appliquent à donner
Un nom ouvert,
Un sens lacunaire,
Un nombre intact
A sa pure présence !
Dedans et dehors,
Dans le souffle du vide,
Dans les chevauchées printanières
De la plénitude nue,
Au seuil d’une maison
Blanchie par des voix intelligibles,
Cœur à cœur avec l’amoncellent des nuits
Et la fluidité des jours,
Nous avançons vers
Le cœur réfractaire du poème !
Proche et innomé,
Le vrai chant !
Sommes-nous les seuls
Avec les grains de l’air
Et les épis violents des étoiles
A entendre
Le hennissement de l’aurore,
Les baisers de la parole amincie,
La musique de la clarté infléchie
Contre la face nécessaire du silence ?
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 16 avril 2010
Glose :
Mohammad-Reza Shafiee Kadkani (né en 1939) : un des plus grands poètes, critiques littéraires et traducteurs contemporains iraniens. Il est né à Kadkan, un village aux environs de Nichapour, berceau des remarquables poètes Khayyâm et Attar. Cette ville splendide et ses somptueux jardins font l’objet d’un grand nombre de textes du poète, nostalgique du passé lumineux de la Perse qui n’avait pas encore connu l’assaut des Tatars. Kadkani est un chantre rebelle, qui se veut gardien de la brillante civilisation de la Perse antique. Ce qui caractérise l’œuvre du poète, c’est son immense érudition.
« Si, veillant comme la mer,
C’est toi seul qui vois. »
Shafiee Kadkani
Il y a déjà, il y a encore,
Il y aura toujours
L’énigme de la lumière !
Fleurs et fruits,
Fleuves et montagnes,
Mers et continents
S’appliquent à donner
Un nom ouvert,
Un sens lacunaire,
Un nombre intact
A sa pure présence !
Dedans et dehors,
Dans le souffle du vide,
Dans les chevauchées printanières
De la plénitude nue,
Au seuil d’une maison
Blanchie par des voix intelligibles,
Cœur à cœur avec l’amoncellent des nuits
Et la fluidité des jours,
Nous avançons vers
Le cœur réfractaire du poème !
Proche et innomé,
Le vrai chant !
Sommes-nous les seuls
Avec les grains de l’air
Et les épis violents des étoiles
A entendre
Le hennissement de l’aurore,
Les baisers de la parole amincie,
La musique de la clarté infléchie
Contre la face nécessaire du silence ?
Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 16 avril 2010
Glose :
Mohammad-Reza Shafiee Kadkani (né en 1939) : un des plus grands poètes, critiques littéraires et traducteurs contemporains iraniens. Il est né à Kadkan, un village aux environs de Nichapour, berceau des remarquables poètes Khayyâm et Attar. Cette ville splendide et ses somptueux jardins font l’objet d’un grand nombre de textes du poète, nostalgique du passé lumineux de la Perse qui n’avait pas encore connu l’assaut des Tatars. Kadkani est un chantre rebelle, qui se veut gardien de la brillante civilisation de la Perse antique. Ce qui caractérise l’œuvre du poète, c’est son immense érudition.
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